blog du Npa 29, Finistère
2 décembre 2009 Le Télégramme
Assises de la mer à Brest. La manifestation dérape
Provoc' et gaz lacrymogène. La manifestation qui s'est tenue, hier, en marge des Assises de la mer a dégénéré. Aux marches duQuartz, de jeunes anarchistes se sont portés en tête du cortège et, bille en tête, sont allés au contact des forces de l'ordre en nombre.
L'intervention de Laurence Parisot, patronne des patronnes, aux cinquièmes Assises de la mer, était programmée de longue date à 12 h 40, hier. Quelques syndicats, la CGT en tête, avaient alors imaginé un appel à manifester pour dire à la présidente du Medef leur colère, et porter leurs revendications «pour le développement, pour l'emploi et l'avenir».
À 12 h, donc, place de la Liberté, point de ralliement fixé, ils étaient quelque 500 représentants de la métallurgie brestoise, de La Poste, des entreprises privées
en souffrance, comme Jabil ou Meunier SA, à battre le pavé. Ne sachant trop où aller. «Le sous-préfet m'a appelé, hier soir, pour dire qu'il n'y avait pas de parcours possible dans le secteur»,
rapportait Olivier Le Pichon, secrétaire de l'Union locale CGT.
Les anarchistes aux avant-postes
Avant que le cortège ne s'élance, par grappes, les membres du collectif brestois «En marche contre l'injustice sociale », des étudiants, des collégiens, des chômeurs, se sont glissés dans les
rangs. Le drapeau anarchiste de la Confédération nationale du travail (CNT) brandi au-dessus des têtes.
Qui sont-ils ? Qui représentent-ils ? «Moi-même». Lapidaires ou mutiques, jeunes pour la plupart, ceux qui ont «squatté» l'hôtel de ville une bonne dizaine de jours durant, qui, lundi, ont fait irruption dans un cours du professeur Cuillandre, maire de Brest par ailleurs, n'aiment guère apparaître à l'image. Mais n'ont pas froid aux yeux, et sont organisés.
Démonstration. Le cortège syndical, enfin lancé, avançait paisiblement, sans plan de route défini, enfilant les slogans «Le Medef ne fera pas la loi, c'est tous ensemble qu'on gagnera !» ou «De l'argent, il y en a dans les poches du patronat». À hauteur d'une dernière intersection menant au Quartz, il marqua une halte. Ni une ni deux, le collectif «En marche contre l'injustice sociale», alors à l'arrière du mouvement, en a pris la tête, et fila droit au but.
Visages plus ou moins masqués, ils sont allés se frotter à l'unité de CRS (60 hommes environ) qui quadrillait le quartier. Recherchant l'affrontement. Le
tête-à-tête, tendu, a tenu une demi-heure, les CRS usant de gaz lacrymogène pour calmer les velléités du collectif.
Les syndicats rebroussent chemin
«Il est normal de venir aux marches de l'auditorium, de venir au plus près, pour se faire entendre», a justifié Olivier Cuzon, pour Sud-Éducation. «Mais c'est vrai, ce n'est pas le caractère
traditionnel de nos manifestations. Et la méthode n'est pas efficace».
Peu avant 13 h, ce sont les syndicats qui, rebroussant chemin, ont désamorcé les tensions. Avant de tourner les talons, Hervé, 74 ans, s'était toutefois étonné devant les moyens engagés pour faire, hier, du Quartz une place forte. «Ça fait 50 ans que jemilite à Brest et c'est la première fois que je vois les rues barrées par des grillages. On n'arrête pas le progrès».
Jean-Pierre Condemine, sous-préfet, lui, n'a guère goûté le dérapage. «Nous avions un engagement avec les syndicats. Il n'y avait pas d'ambiguïté. Pour des raisons de sécurité que l'on devine, il n'était pas question de manifester dans le périmètre. Mais d'autres itinéraires étaient possibles».