blog du Npa 29, Finistère
7 avril 2010
Débrayage et pression (Le Télégramme)
Après un premier débrayage, mercredi 31mars, des personnels de l'Association tutélaire du Ponant (ATP) et, le lendemain, une rencontre «presque stérile», entre leurs représentants et le conseil d'administration, une soixantaine des 130 salariés ont, hier, remis le couvert devant le siège brestois de l'association qui gère des mesures de tutelles auprès des majeurs protégés du Finistère.
Au même moment, une de leur collègue était entendue par la direction dans le cadre d'un entretien préalable à un licenciement pour faute grave. La nature de la
faute? «Avoir, dans le cadre d'une enquête conjointement menée par le conseil d'administration et le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), remis un courrier dans
lequel elle disait la dégradation des conditions de travail en lien avec les méthodes de management de la directrice de l'association», selon la CFDT. La direction, qui a mené l'entretien
préalable au licenciement, est, hier, restée injoignable.
Une assemblée générale demain
«Nous espérons que c'est le conseil d'administration qui prendra la décision car c'est jouer avec l'argent public que de prendre le risque d'aller devant le tribunal des prud'hommes dans un tel
dossier. La CFDT se réserve aussi la possibilité de porter l'affaire au pénal».
Une assemblée générale ouverte à tous les salariés de l'ATP se tiendra demain, à 18h30, au Juvénat, à Châteaulin.
Deuxième rassemblement de salariés, mardi, devant le siège de l'Association tutélaire du Ponant (ATP) à Brest. À 11 h précisément. À l'heure où la salariée concernée par une procédure en cours de licenciement pour faute grave passait un entretien préalable à sanction. Plus de soixante personnes étaient réunies « pour lui manifester leur soutien ». L'association compte 130 salariés en Finistère. Un débrayage était aussi prévu.
« L'entretien a duré deux heures. La directrice et la direction des ressources humaines sont uniquement revenues sur les éléments du courrier », rapporte la CFDT.
En mise à pied conservatoire, « désormais sans salaire, raconte le syndicat, la salariée avait remis un courrier à un membre du conseil d'administration ». Et ce, lors d'une enquête du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).
« Apaiser le climat »
Dans ce courrier, elle aurait avancé « des accusations ». Le conseil d'administration indique que « si elle revenait sur certaines allégations ou en atténuait le caractère péremptoire, cela constituerait un fait nouveau que la direction prendrait en considération ».
La salariée « reconnaît des maladresses mais c'était pour faire état d'un malaise plus général que vivent les salariés », défend la CFDT. Pour le syndicat, ce climat dure depuis au moins trois ans. « Des salariés sont venus en masse nous trouver. La modification du régime des tuteurs n'est pas à l'origine de la détérioration du climat. L'Udaf aussi est concernée. Pour autant, il n'y a pas de crispation. »
« Pour l'instant, on attend, précise Mari-Lou Roudaut de la CFDT. Il y a un délai de 48 h avant que la décision ne soit rendue. On espère que le conseil d'administration s'investisse et sache apaiser le climat. »
Le personnel doit se réunir en assemblée générale le jeudi 8 avril au Juvénat à Châteaulin.