blog du Npa 29, Finistère
Une soixantaine de personnes ont manifesté cet après-midi devant l’inspection académique, à Quimper, pour protester contre la fermeture de trois classes d’inclusion scolaire (clis) dans le département (à Brest, Plouzané et Quimper).
Ces parents d’élèves handicapés réclament un enseignement adapté pour leurs enfants. À l’initiative de ce rassemblement : le collectif des associations des personnes handicapées dans le Finistère. Son président, Bruno Quellec, regrette l’absence de dialogue et de concertation avec les familles.
Liste d'attente
Une soixantaine de parents d'élèves se sont rassemblés pour protester contre la fermeture de trois Clis à Quimper (école de Kerjestin), à Brest (Paul-Langevin) et à Plouzané (Croas-Saliou). « On veut forcer ces enfants à aller dans des classes dites ordinaires. Mais pour beaucoup d'entre eux, le handicap est trop lourd, ajoute Bruno Quellec. Et les enseignants ne sont pas formés pour les prendre en charge. L'inspection académique casse un système qui correspond bien aux besoins des familles. »
Beaucoup d'entre elles ne savent toujours pas où iront leurs enfants à la rentrée. « Dans le Finistère, il manque actuellement une centaine de places dans les instituts médico-éducatifs (IME) et près de 130 dans les services d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad), précise André Guéguen, président de l'Adapéi du Finistère. Les listes d'attente s'allongent.
Le risque, c'est que ces familles soient sans solution et qu'elles se replient sur elles-mêmes. » Cette fois, elles ont déplié leur banderole pour exprimer leur désarroi : « On supprime des classes, on supprime des postes. L'inspection académique nous dit qu'il y a trop d'auxiliaires de vie scolaire (AVS). Et nos enfants, sont-ils de trop ? », lance un papa.
« L'illusion de l'intégration »
Les manifestants, soutenus par des syndicats de l'Éducation nationale, redoutent également les effets des nouvelles mesures concernant le mobilier adapté dans les écoles. « Jusqu'à présent, tout était géré par l'inspection académique, informe Bruno Quellec. Désormais, cette compétence est transférée aux collectivités locales. Aux familles de faire les démarches auprès des maires pour avoir une chaise ou un bureau. C'est une démarche à faire en plus. »
Même chose pour les auxiliaires de vie scolaire sur le temps du midi, à la cantine : « Ces personnels dépendront des collectivités locales et non plus de l'inspection académique. Concrètement, cela va compliquer les choses pour les enfants qui seront face à des personnes différentes. »
Vers 15 h, une délégation de parents a été reçue par un représentant de l'inspection académique. « La loi de 2005, c'est l'illusion de l'intégration, conclut André Guéguen. Elle sert de prétexte pour fermer les Clis. C'est absurde et c'est cela que nous venons dénoncer aujourd'hui. »