blog du Npa 29, Finistère
Conflits des mineurs
‟Programme Charbon” (2006-2012) initié par le gouvernement Zapatero à la suite de mouvements sociaux en 2005, visait à soutenir l’activité minière jusqu’à une extinction prévue vers 2018. En divisant brutalement par 3 le montant des subventions, le gouvernement montre qu’il veut en finir très vite avec ce secteur, auquel il retire surtout les aides à la formation et à la sécurité dont peuvent prétendre les mineurs.
Mais les mineurs de charbon ne sont plus que quelques milliers, et comme les travailleurs des chantiers navals, apparaissent comme les derniers vestiges vivants de la « vieille classe ouvrière », extrêmement combative dans le passé et avec une très forte identité, même s’il y a parmi eux beaucoup de jeunes. Lors du dernier grand conflit de 1991, il y avait plus de 45 000 affiliés au régime de la mine. Aujourd’hui, le nombre de mineurs de charbon dépasse à peine 8000 emplois directs dans 47 mines, 4000 dans les entreprises principales et autant dans la sous-traitance, chiffre qui atteint environ 13 000 si l’on inclut les entreprises auxiliaires (transport, maintenance) et les rares fournisseurs. Peu de chiffres connus, mais on parle d’un total de 25 000 emplois directs et indirects. Le plus souvent, l’exploitation minière a été, et est, une mono-industrie et mono-activité dans des bassins situés surtout dans des zones rurales sans agriculture.
Le conflit des mineurs a suscité plusieurs polémiques ou controverses dans les milieux militants ou engagés. On peut en retenir au moins trois.
Une première, de veine « classiste » reproche en gros aux syndicats (et aux mineurs) de défendre une revendication assez peu prolétarienne de maintien subventions de l’Etat (bourgeois ou capitaliste) au patronat du secteur minier. Selon eux, il faudrait nationaliser le secteur minier.
Une deuxième, d’origine environnementale ou écolo, reproche aux mineurs de s’accrocher à une activité hautement polluante en CO2, responsable du réchauffement climatique. Là aussi, ils ne se démarquent pas de leurs patrons.
Le troisième point se réfère aux méthodes de luttes. Il oppose les « indignés » pacifistes et les mineurs violents. Lors de la manif des mineurs de Madrid du 31 mai, on a pu voir des banderoles disant « Nous, nous ne sommes pas le 15M, nous ne sommes pas pacifistes, nous sommes mineurs » et, littéralement, « Nous, nous ne sommes pas indignés, nous en avons plein les couilles ».
En fait il y a là deux discussions. Celle qui opposerait des durs à cuire et des mous du genou, des vrais ouvriers et des petits bourgeois. L’autre discussion est celle de la différence de traitement des protestations par les autorités. Lors de manifs d’‟indignés” ou assimilés, quelques actions très symboliques ont généré des campagnes de lynchage médiatique et de criminalisation, parlant de guérilla urbaine menée par des ‟antisystèmes”, nécessitant un nouvel arsenal répressif (poursuite des organisateurs de manifs en cas d’incidents, poursuites pour « résistance passive », appel à la délation via photos de manifestants publiées sur Internet..). Lors des protestations des mineurs, les médias et les politiciens n’en parlent pas et, quand ils le fond, se gardent bien de stigmatiser les mineurs tout en critiquant de manière convenue et rituelle les violences et les débordements.
Bien évidemment, ce « deux poids, deux mesures » ne devrait pas résister longtemps si le mouvement et les blocages devaient se poursuivre.
Mais les mineurs de charbon ne sont plus que quelques milliers, et comme les travailleurs des chantiers navals, apparaissent comme les derniers vestiges vivants de la « vieille classe ouvrière », extrêmement combative dans le passé et avec une très forte identité, même s’il y a parmi eux beaucoup de jeunes. Lors du dernier grand conflit de 1991, il y avait plus de 45 000 affiliés au régime de la mine. Aujourd’hui, le nombre de mineurs de charbon dépasse à peine 8000 emplois directs dans 47 mines, 4000 dans les entreprises principales et autant dans la sous-traitance, chiffre qui atteint environ 13000 si l’on inclut les entreprises auxiliaires (transport, maintenance) et les rares fournisseurs. Peu de chiffres connus, mais on parle d’un total de 25 000 emplois directs et indirects. Le plus souvent, l’exploitation minière a été, et est, une mono-industrie et mono-activité dans des bassins situés surtout dans des zones rurales sans agriculture.
Le ‟Programme Charbon” (2006-2012) initié par le gouvernement Zapatero à la suite de mouvements sociaux en 2005, visait à soutenir l’activité minière jusqu’à une extinction prévue vers 2018. En divisant brutalement par 3 le montant des subventions, le gouvernement montre qu’il veut en finir très vite avec ce secteur, auquel il retire surtout les aides à la formation et à la sécurité dont peuvent prétendre les mineurs.
Lundi 11 juin, 14ème jour du mouvement illimité des mineurs
León, le trafic ferroviaire avec la Galice a été bloqué à la hauteur de la localité de Brembibre (León) par des barrières métalliques et des pneus enflammés. Au même endroit, l’autoroute du Nord-Ouest et une route nationale sont également coupées. Affrontement avec les forces anti-émeutes sur un pont à l’entrée du village (fusées artisanales contre balles en caoutchouc). Plusieurs camions ont été placés de force en travers de la chaussée et les mineurs se sont emparés des clés de contact afin d’immobiliser les gros véhicules.
Palencia, une route et la voie ferrée León-Bilbao ont été bloquées.
Asturies, en début d’après-midi, la Délégation du Gouvernement pour la Principauté des Asturies avait comptabilisé 31 coupures de routes (dont la principale autoroute, les accès à l’aéroport d’Oviedo et au col de Pajares, principale voie de passage entre les Asturies et la Meseta Central, c’est-à-dire toute le plateau occupant la partie centrale de l’Espagne) et 6 de voies ferrées (3 de trains de dessertes locales à voie étroites, 3 de grandes lignes de la RENFE).
Le trafic ferroviaire avec la province voisine de León est complètement paralysé par un train de marchandise qui a heurté un arbre placé en travers de la voie et ensuite a arraché des câbles électriques. L’accident s’est produit dans un tronçon difficile d’accès, entre deux tunnels. Affrontements autour de la mine de Santiago, à Aller.
Aragón, deux cent mineurs ont de nouveau bloqué les accès à la centrale thermique de la localité de Andorra (Teruel), aussi bien la route (pneus enflammés) que la voie ferrée (blocs de béton) par laquelle du charbon importé est livré. Les forces de police ont été envoyées mais n’ont pas pu entrer précisément à cause du blocage.
Les syndicats majoritaires (UGT et CCOO) ont lancé un mot d’ordre de grève ‟générale” de 24 heures (interprofessionnelle) dans les bassins miniers (Asturies, Castilla y León, Aragón) pour le lundi 18 juin.
Ce sont les unions locales de ces organisations dans les zones minières des différentes provinces qui sont censées fédérer ce mouvement. Ainsi, dans la Communauté de Castilla y León (CyL) qui comporte 9 provinces (la plus étendue en superficie de l’État espagnol, mais une des moins peuplée), ce mouvement concernera 18 municipalités dans la province de León et 7 dans celle de Palencia.