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blog du Npa 29, Finistère

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Brest (29). À ferry poubelle, équipage bidon (Le Télégramme)

19 mars 2010 -


Un vieux ferry est bloqué à Brest depuis deux mois. Une société de classification grecque vient tout juste de renouveler l'ensemble des certificats de navigation du Pentalina B, alors que l'équipage ne sait même pas démarrer le moteur.


«Démarrez le moteur principal!» «Ah ben... On ne sait pas le faire». «Descendez le canot de survie!». Pas plus de résultat. Les inspecteurs du centre de sécurité de Brest auraient pu s'arrêter là, au bout de dix minutes de contrôle mercredi. Mais ils ont continué et n'ont pas été déçus du voyage. Il faut dire que l'état du navire de 40 ans d'âge, battant pavillon Saint-Vincent et les Grenadines, a de quoi inquiéter. Prévu pour faire du transport de véhicules et de passagers entre les îles du Cap Vert, il est arrivé dans un bien triste état à Brest, le 15janvier dernier, après une panne totale de propulsion.


À son départ d'Écosse, le Pentalina B était suivi par le LloydsRegister, une société de classification ayant pignon sur rue, plutôt reconnue pour son sérieux dans le milieu. Après la panne de moteur l'amenant à Brest, une liste de travaux a été rajoutée par la société de classification anglaise. Trop longue, trop onéreuse, pour le pseudo-armateur portugais qui a préféré changer de société de classification, s'adressant aux Grecs de l'International Shipping Bureau.


Un peu comme si le rapport de son contrôle technique automobile n'était pas à son avantage et qu'il décidait d'en réaliser un autre. Sur mer, en Europe comme dans le monde entier, le tour de passe-passe est tout à fait légal. Et fait inévitablement penser à la nébuleuse société de classification italienne(Rina) qui avait certifié l'Erika. Sur le Pentalina B, le tout nouvel équipage cap-verdien arrivé il y a quelques jours ne sait ni démarrer le moteur, ni les auxiliaires et encore moins déclencher les systèmes de pompe.


Ils seraient incapables de sauter dans un canot de sauvetage. Les onze «marins» disposent cependant de leurs certificats professionnels en bonne et due forme. Assurément des faux. Le pire, c'est que, la veille, l'agent de la société de classification arrivé de Grèce est venu renouveler, à Brest, l'ensemble des certificats de navigation du navire. Pas moins d'une dizaine de documents donnant toutes les autorisations de naviguer au bateau et à son équipage.


La peu regardante société de classification ne s'est pas privée de délivrer le document qui atteste des compétences et de la capacité de conduite du navire. Le tout expédié dans la journée, alors qu'une inspection rigoureuse et complète avec l'émission de la liasse de documents officiels aurait demandé plus de quatre jours aux inspecteurs français. C'est dire l'efficacité de l'agent de l'International Shipping Bureau. Les inspecteurs français ont cherché à le rencontrer le lendemain matin. Il a pris le premier avion, à 6h, pour rentrer au Pirée, sans laisser le moindre rapport de visite. À pavillon de complaisance,
société de classification du même tonneau!


Bloqué par l'autorité française


À Brest, le propriétaire a effectué des travaux de remise en état(refusant les devis de deux chantiers locaux) en sollicitant trois marins du premier équipage retourné au Portugal. Lorsqu'il a estimé que les travaux étaient achevés, il a fait venir son nouvel agent certificateur, espérant un départ ce week-end. Mais les inspecteurs français sont repassés derrière et ont découvert des marins «diplômés» ignorant tout de leur métier mais disposant de la bénédiction de la société de classification du navire.


Trois pages de prescriptions ont aussitôt été ajoutées par les inspecteurs de l'État français décidés à ne pas les laisser partir. Selon l'agent français portuaire du ferry, présent hier sur les quais, un marin anglais vient d'arriver pour former, en une semaine, les malheureux Cap-Verdiens. Ils partent de zéro, restent à quai mais doivent devenir marins en sept jours!

 

Note:

N'oublions pas la question des pauvres capverdiens qui vont utiliser ce navire (et cet équipage) quotidiennement et qui risquent de finir comme les centaines de sénégalais morts dans un naufrage de ferry poubelle.

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