blog du Npa 29, Finistère
17 mai 2012 -
Le collectif LGBTH duFinistère a célébré, hier, avec un jour d'avance, laJournée Internationale contre les homophobies. «Pour changer les choses, il faut faire de la politique au sens noble du terme, participer à la vie civile».
«En 2007, le président Sarkozy s'était engagé pour l'union civile. Elle n'a pas été mise en place. En 1999, sous le gouvernement Jospin, le Pacs a vu le jour, malgré un rebours de l'opinion. C'est une preuve de courage politique. Dix ans après, on s'aperçoit que ça a été une mesure éducative». Yoann, Gwenn et Emmanuelle du Collectif LGBTH (*) attendent de François Hollande, qui a promis l'ouverture au mariage et àl'adoption aux couples homosexuels, la concrétisation de cet engagement.
«Nous avons beaucoup soutenu sa campagne. Et 63% de la population est favorable au mariage pour tous. Aujourd'hui, localement, nous interpellons les élus et les
candidats aux législatives sur cette question. Certains ont répondu. Tous ne l'ont pas fait..., sourit Yoann qui ne donnera pas de noms. Ils ont jusqu'àvendredi... Il est important, pour
changer les choses, que nous fassions de la politique au sens noble du terme, en participant à la vie civile. Le statut actuel des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres manque
de droits, ce qui en fait des sous-citoyens».
«Femme pas homme»
Emmanuelle, de l'association Rainbow, espère que le combat mené, cette année, devant le tribunal de grande instance de Brest par ses amies, Chloé et Marie, a ouvert les esprits. «Ce qui est indispensable est que Chloé qui est, aujourd'hui, physiologiquement une
femme, ait cette reconnaissance au niveau de l'état civil. Que sur ses papiers d'identité, ce soit marqué «femme», pas «homme». Le TGI de Brest ne le lui a pas accordé. La cour d'appel de Rennes, saisie, se prononcera le 25juin».
Des revendications au plan local
Au-delà de la question du mariage et de l'adoption, cette Journée internationale contre les homophobies
est aussi symbolique. «Un récent rapport d'étude montre qu'il y a plus de déclarations d'actes homophobes et de plaintes portées devant la justice, que par le passé. Des associations peuvent
soutenir les victimes en se portant parties civiles, à condition d'avoir cinq ans d'existence. À Brest, nous avons la chance d'avoir une
association en mesure de le faire. Cela avait été prévu dans les statuts de West-Up», indique Yoann, de Divers Genres et cofondateur de
West-Up. En soirée, point final de la manifestation, le jeune homme a fait part des revendications du collectif au plan local. «Nous
voulons la création d'un centre inter-LGBHT brestois, ouvert à tous, avec un centre d'accueil d'urgence des associations de lutte contre les discriminations. Avec, aussi, un centre de
documentation, des locaux associatifs, des permanences de travailleurs sociaux et de psychologues, afin de venir en aide à toute personne se questionnant sur les sexualités».
(*) Le Collectif LGBTH (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres ethétéros), qui a été créé en 2011, réunit quatre associations (Divers Genres, Rainbow,
West-Up etAides).
Créée en 2004, dans le milieu étudiant, West-Up est la plus ancienne association brestoise, qui milite en faveur des lesbiennes, gays, transgenres et bisexuels. Laura , hétéro, est un membre actif de la deuxième génération.
«Voilà, je vais être cataloguée "Goudou", rigole Laura, jeune femme aux boucles rousses lumineuses, qui vient de poser pour la photo. Mais je suis hétéro. Je
milite pour West-Up parce que ma mère m'a élevée dans l'idée qu'une femme pouvait être amoureuse d'une femme et qu'un homme pouvait être avec un homme. Que ça existait. «Pour moi, c'est
naturel. Ça a toujours fait partie de mon éducation et j'ai du mal à comprendre pourquoi ça pose souci à certains. J'ai une amie qui est lesbienne. Elle fait sa vie de son côté. Elle est
amoureuse. Ça reste de l'amour. On ne dit pas à quelqu'un "Oh,t'es amoureux d'un gros oud'une rousse"».
«Quand c'est chez soi ça reste compliqué»
Nathalie, 22 ans, s'extasie. «Elle est cool ta mère. Depuis que mes parents savent que je suis lesbienne, ils ont un peu changé dans leur façon de s'exprimer.
Mon père n'utilise plus comme avant le terme de "pédé". Quand elle voyait la gaypride à la télé, ma mère disait: "Et pourquoi pas une gaypride pour les hétéros tant qu'on y est?". Maintenant,
elle se dit en pensant à moi: "J'aimerais bien qu'elle se marie, qu'elle ait des enfants..." L'homosexualité, c'est facile quand elle est vécue chez les autres. Quand c'est chez soi, ça reste
compliqué».
Trente membres très actifs
Installée dans les locaux de la faculté Segalen, l'association compte 30membres très actifs. «Cette année, à chaque permanence que nous tenons, des jeunes
viennent nous voir. Certains sont hétéros. Le milieu universitaire est plus protégé, plus tolérant».
«Notre "bébé" est devenu autonome»
Cofondateur de l'asso, Yoann, aujourd'hui président de Divers Genres, seule association gay généraliste, est fier de cette continuité. «Notre "bébé" est devenu
autonome. Il était important qu'il nous survive. C'est le cas. Aujourd'hui, les jeunes et les anciens militent côte à côte».
«Nous attendons du président Hollande la concrétisation de sa promesse d'un mariage pour tous»