blog du Npa 29, Finistère
20 novembre 2012
À l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la collectivité a décidé de réaffirmer son engagement en termes de prévention. Elle a, cette année, retenu pour thème la prostitution.
«Si la prostitution peut être un choix, elle développe le plus souvent tous les processus de la violence et constitue une atteinte grave à la dignité des personnes». Partant de ce postulat, la collectivité a choisi de faire de la lutte contre la prostitution l'un de ses chevaux de bataille. Et c'est le thème qu'elle a retenu cette année dans le cadre des animations mises en place localement à l'occasion de la journée
internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. «Le sujet, très complexe, est d'actualité nationale et nous tenions àapporter notre contribution
pour faire avancer le débat, souligne Françoise Bachelier-Plassart, vice-présidente de BMO.
La prostitution est sans doute la seule forme de violence des hommes contre les femmes que la loi ne condamne pas. Ses victimes sont encore pénalisées. Les agresseurs, impunis». Comment intervenir au mieux sur ce phénomène social? Pénaliser le client fera-t-il disparaître la prostitution? Quel est le rôle de l'État dans la réglementation? Quel est celui des
collectivités territoriales ?... Élus et partenaires tenteront de s'emparer de la question avec en ligne de mire, comme toujours, l'aide aux victimes et la mise en place de moyens
d'accompagnement.
Déconstruire les idées reçues
Temps fort donc du programme d'animations mis en place par BMO: une table ronde baptisée «Comment lutter contre la prostitution».
Elle se déroulera vendredi, à 18h, au Mac Orlan. Pour ouvrir le débat, plusieurs experts ont été conviés, comme Annaïck Morvan, chargée de mission aux droits des femmes, Bernard Lemettre, délégué du mouvement Le Nid, la sénatrice Maryvonne Blondin ou encore le sociologue Emmanuel Jovelin. Les échanges seront suivis par une lecture de
textes puis par la projection de courts-métrages, dont l'un vient d'être primé au festival européen du film court. Parallèlement, deux expositions seront présentées, au Mac Orlan toujours: la
première sur «la prostitution à Brest du XVIIIesiècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale»; la seconde intitulée
«déconstruire les idées reçues sur les violences faites aux femmes». En préambule, la médiathèque de Saint-Martin invite le public, ce mardi, à 18h30, à une
soirée «Pas plus pute qu'une autre... À Brest ou ailleurs».
Phénomène peu visible
Reste qu'il est impossible de faire un état des lieux aujourd'hui. «Les choses évoluent. Brest
n'est pas épargné mais, ici, il n'y a plus de véritable organisation. Les formes de prostitution sont moins visibles», constate Françoise Bachelier-Plassart. Et
si les travailleurs sociaux restent mobilisés et sensibilisés, il n'y a plus, à Brest, d'antenne spécialisée du mouvement du Nid. Faute de bénévoles, elle a fermé
ses portes il y a quelques mois. Et, pour la militante Nelly Priol, «la problématique est difficilement quantifiable. La prostitution n'est ni une activité légale
ni une maladie... Où voulez-vous trouver des chiffres ?».
Pratique Table ronde ouverte à tous vendredi, à 18hau Mac Orlan. Expositions gratuites les mercrediset vendredis, de 15h à 19h jusqu'au 22 décembreau Mac
Orlan. Lectures publiques ce soir à 18h30 à la médiathèque de Saint-Martin. Renseignements au 02.98.34.67.13.