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blog du Npa 29, Finistère

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Cancún, un accord qui entérine Copenhague

global warming
11 décembre 2010

 

L’accord de Cancún entérine l’« accord » de Copenhague, qui n’était légalement qu’un texte parmi d’autres même s’il avait été proposé par les États-Unis et la Chine et soutenu par les grands pays.

 

Il est désormais un texte des Nations-Unies et un pas de plus vers la fin du protocole de Kyoto. Si, comme le prévoit le protocole, une seconde période d’engagements contraignants pour des réductions d’émissions de gaz à effet de serre est notée, aucune date n’est retenue. Les pays seraient libres de choisir l’année de référence pour les calculs de leurs engagements et, pour tous ceux qui ne choisiraient pas l’année 1990 fixée à Kyoto, ils ne seraient pas soumis au cadre contraignant du protocole. En ce sens, l’accord de Cancún est le prolongement juridique du texte de Copenhague qui avait déjà ouvert cette possibilité.


Le texte adopté est même en deçà : même si les travaux du GIEC sont évoqués, aucun objectif chiffré en matière de réduction des émissions n’y figure. La demande de nombre de pays africains, des états des petites îles, de nombreux pays du Sud, en accord avec les travaux scientifiques récents, de fixer l’objectif à 1,5°C n’a pas été retenue. Le fonds vert est certes créé, mais sans aucune garantie que les financements soient apportés et avec la Banque mondiale comme acteur essentiel.

 

Quels financements pour l’adaptation, mise en avant par les pays les plus pauvres, alors que les capitaux s’orientent prioritairement vers les activités lucratives de l’économie verte ? Aucun financement public nouveau n’étant retenu, ni par le biais de la taxation du transport maritime, ni par le biais du transport aérien, ni bien sûr par le biais de taxes globales. Seuls 15% des financements seraient publics, le reste étant fourni par les marchés du carbone et la contribution propre des pays du Sud. En revanche, le texte ouvre la porte à l’extension des marchés du carbone : c’est la carbonisation de la terre, des forêts, un « CO2lonialisme », selon l’expression des mouvements sociaux, le carbone devenant une sorte de monnaie d’échange universelle, gérée par la banque mondiale.

 

Tout y est !


Autant dire que cette « victoire » est un recul par rapport à la conférence de Bali, qui, en 2007, avait fixé une feuille de route devant conduire à une nouvelle phase d’engagements contraignants ! Et on ne pourra pas ici invoquer l’attitude de la Chine, qui a clairement annoncé qu’elle était prête, comme pays émergent, à accepter des engagements contraignants.

Nous apportons notre soutien à la position exprimée par la délégation bolivienne, qui s’est battue jusqu’au bout pour faire valoir les droits des humains et des peuples et les propositions des mouvements sociaux ; elle a donné à cette conférence une tenue politique contre l’affairement des lobbies et la démission des États. La Bolivie a rappelé son refus sans appel du contenu de l’accord, qu’elle a souhaité voir notifier. Elle a montré son attachement au processus onusien et affirmé que le multilatéralisme, tant vanté par les puissants, ne saurait signifier alignement, chantage et soumission.


D’ici la prochaine étape à Durban, en Afrique du Sud, nous avons à construire, avec des coalitions comme CJN ! (Climate Justice Now !) à laquelle appartient ATTAC avec le fédération internationale des Amis de la Terre et l’internationale paysanne Via Campesina, les mobilisations et le rapport de force nécessaires pour sortir de l’impasse un processus qui, en l’état, ne répond pas aux défis de la crise climatique et de ses conséquences, sociales, écologiques, politiques.


Attac France,


Cancún, le 11 décembre 2010
http://www.france.attac.org/spip.ph...

Cancun, circulez y’a rien à voir
7 décembre 2010

Lundi 29 novembre s’est ouvert la douzième Conférence des Nations unies sur le climat à Cancun.


20 ans se sont écoulés depuis le premier rapport du Giec qui pointait le risque réel de l’activité humaine sur le climat, 15 ans depuis la première conférence de l’ONU à Berlin, 13 ans depuis les accords de Kyoto qui fixaient des seuils d’émission de gaz à effet de serre (GES) pour 37 pays industrialisés. Cet accord a été ratifié par 183 pays et mis en application en 2005 avec un objectif de 50 % d’émissions en moins d’ici 2050 plafonnant la hausse de température à 2°C.


Pourtant les émissions de GES augmentent dans le monde.


Cela souligne l’importance de la conférence de Cancun, après l’échec de Copenhague, qui n’a débouché sur aucune mesure contraignante pouvant préparer l’après-Kyoto.

Au contraire, les pays riches, sur-représentés à Cancun, font front pour éviter un nouveau traité contraignant qui acterait des responsabilités différenciées selon les pays, préférant rester sur le terrain d’accords techniques sectoriels. Ceux-ci leur permettront, par des systèmes de compensation, de réduire leurs obligations de réduction d’émissions de CO2 tout en dopant leur économie par le développement des technologies vertes. Et le faible montant des financements décidés à Copenhague ne serait pas remis en cause, bien qu’il provienne dans la réalité, du recyclage d’aide publique au développement.


Face à ce front, les pays du sud, sous-représentés et peu organisés, tentent de conditionner la signature de ces accords sectoriels à l’élaboration d’un traité contraignant pour l’après 2012.

Mais la rumeur d’éviction des ONG dans la phase finale de discussion n’augure rien de bon. Et les pays de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba), soutenus par les mouvements sociaux présents à Cancun peinent à faire entendre la voix des peuples, qui s’est élevée à Cochabamba.


Nous sommes bien loin des choix politiques nécessaires pour engager une transition écologique et sociale, réduire les GES et engager de nouvelles formes de coopération Nord-Sud.

Catherine Faivre-d’Arcier


* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 81 (09/12/10).



CONFÉRENCE SANS AMBITION ÉCOLOGIQUE.


À Cancun au Mexique, la Conférence des parties n°16 de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) se déroule du 29 novembre au 10 décembre.

Au cours de cette conférence, l’ONU tente de donner un nouveau souffle aux négociations sur le changement climatique, après le sommet de Copenhague dont l’accord final, au contenu très limité, n’avait été signé que par 138 pays et constitue un échec sur le plan des négociations.


Il faut cependant beaucoup d’imagination pour penser qu’un accord ambitieux et solidaire, s’attaquant aux véritables responsables de la crise climatique, sorte de la conférence de Cancun. Alors qu’une politique climatique radicale basée sur la justice sociale est de plus en plus urgente, on ne peut que compter sur la force et le développement des mouvements sociaux et environnementaux. Le sommet de Cochabamba d’avril dernier et les marches populaires et indigènes qui convergeront à Cancun sont des éléments qui font partie de la construction de ce mouvement international pour la justice climatique, mouvement qu’il s’agit de poursuivre aux quatre coins du globe.


* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 80 (02/12/10).


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