blog du Npa 29, Finistère
Dans son réquisitoire prononcé ce matin, l’avocat général de la cour d’assises spéciale de Paris, qui juge en appel depuis lundi le journaliste carhaisien Charlie Grall dans le cadre de l’affaire du vol d’explosifs de Plévin commis en 1999, a demandé deux ans de prison avec sursis.
Place cet après-midi aux plaidoiries de la défense représentée par Maîtres Yann Choucq et Henri Leclerc. Le verdict devrait être connu dans la soirée.
25 octobre 2012 à 19h01
L'autonomiste breton Jean-Charles Grall a été condamné ce jeudi en appel à deux ans de prison avec sursis par la cour d'assises spéciale de Paris pour association de malfaiteurs dans l'affaire du vol de plus de huit tonnes d'explosifs à Plévin (22) en 1999. Cette peine est conforme aux réquisitions de l'avocat général.
Le 28 septembre 1999, un commando armé avait neutralisé les quatre chauffeurs du dépôt d'explosifs de la société Titane SA, et, en moins d'une heure, avaient fait main basse sur 8,7 tonnes de dynamite, 6.500 détonateurs et plus de 10 km de cordeaux détonants.
Selon l'accusation, les explosifs volés à Plévin (Côtes-d'Armor) auraient été utilisés en Espagne dans 12 attentats de l'ETA qui ont fait 18 morts et une centaine de blessés entre 2000 et 2001 et, côté breton, dans trois attentats et six tentatives revendiqués par l'ARB.
"Charlie" Grall est considéré par l'accusation comme ayant fait l'"interface" entre l'Armée révolutionnaire bretonne (ARB) et l'organisation séparatiste basque ETA.
Journaliste, il a toujours clamé son innocence, expliquant qu'il avait rencontré le membre de l'ETA, considéré comme le chef du commando de Plévin (condamné à 20 ans de prison) quelques jours avant le vol, dans l'espoir d'interviewer un responsable de l'organisation séparatiste, mais qu'il ignorait le projet de vol.
L'avocat général a estimé que l'accusé ne pouvait ignorer "un seul instant la portée" de cette rencontre, même s'il a expliqué qu'il ignorait "ce que M. Grall savait du projet de l'ARB et de l'ETA".
"Compte tenu du temps passé", le magistrat a estimé que la peine de six ans de prison à laquelle il avait été condamné n'aurait "aucun sens", requérant ainsi deux ans avec sursis "pour sanctionner un comportement ponctuel ancien".
En première instance, en juin 2005, 14 des 15 militants basques et bretons poursuivis avaient été condamnés par la cour d'assises spéciale de Paris à des peines allant de deux ans d'emprisonnement à vingt ans de réclusion criminelle. Seul Jean-Charles Grall, qui comparaît libre, avait fait appel. La décision est attendue ce jeudi soir.