blog du Npa 29, Finistère
À la suite de l'avis défavorable émis par la commission d'enquête publique sur le démantèlement de la centrale de Brennilis, des voix se font entendre. Pas toutes concordantes.
Les sept associations environnementales (*), membres de la Commission locale d'information (Cli) de Brennilis, ont accueilli avec «intérêt» l'avis défavorable de la
commission d'enquête publique sur le démantèlement de la centrale de Brennilis (Le Télégramme d'hier). Elles constatent avec satisfaction que leurs voix, et notamment celles des «9.000
signataires de la lettre-pétition» qu'elles avaient initiée, ont été entendues comme «une expression de démocratie participative citoyenne». «Nous tenons, poursuivent-elles, à ce qu'enfin, des
études épidémiologiques soient menées pour que l'impact sanitaire soit établi, notamment par rapport aux travailleurs qui sont intervenus» sur le chantier de démantèlement.
«À quoi sert-il d'attendre 40 ans?»
Les associations demande également à l'État et à l'exploitant de respecter cet avis défavorable et d'ouvrir un débat public national sur le démantèlement des installations nucléaires, «compte
tenu du nombre d'installations nucléaires à l'arrêt ou en cours de démantèlement (une trentaine) et du fait qu'aucun réacteur ne soit encore, à ce jour, démantelé». Autre voix, autre ton,
FrançoisKergoat, le maire de Loqueffret, commune sur laquelle se trouve le réacteur de la centrale, regrette «qu'on n'ait pas tenu compte de la population locale, la commission d'enquête ayant
préféré suivre les orientations des associations environnementales». Jugeant qu'un démantèlement «rapide et bien organisé serait souhaitable», le maire de Loqueffret s'interroge. «À quoi sert-il
d'attendre 40 ans, comme l'ont proposé certaines associations? Le béton n'est pas fait pour tenir indéfiniment. Sans compter que le démantèlement est générateur d'emplois». Pour François Kergoat,
ce que propose EDF est «convenable» même si, reconnaît-il, le stockage des déchets «demeure incertain». Quant au maire de Brennilis, Jean-Victor Gruat, il signale que «le conseil municipal avait
assorti son avis favorable de réserves substantielles, que la commission ne fait que reprendre mais en tire, elle, une conclusion d'entrée défavorable».
Au niveau ministériel
Interrogé sur l'évolution de la procédure, Denis Olagnon, le sous-préfet de Châteaulin, a rappelé que de nombreuses consultations se sont tenues. «À l'issue de ces consultations, explique-t-il,
la commission d'enquête publique a effectivement émis un avis défavorable, consultable en toute transparence sur le site internet de la préfecture. C'est un avis important que le préfet va faire
remonter au niveau ministériel. Le gouvernement en tirera ensuite ses conclusions. Mais aujourd'hui, on ne peut rien dire sur les orientations qui vont être décidées».
* Agir pour un environnement et un développement durables, Bretagne vivante, Consommation logement et cadre de vie, Eau et Rivières de Bretagne, Groupement mammologique breton, Sortir du
nucléaire Cornouaille, Vivre dans les monts d'Arrée.