blog du Npa 29, Finistère
24 novembre 2010 - Le Télégramme
La grève du personnel du Comité départemental d'action sociale de Concarneau, entamée vendredi, a révélé un malaise plus général. Les méthodes de gestion du personnel par la hiérarchie du conseil général sont clairement visées par la CGT.
Hier, une délégation a rencontré Pierre Maille. 23 grévistes sur 26 employés au Centre départemental d'action sociale de Concarneau vendredi : le mouvement est
massif. «Concarneau, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, résume Lionel Bocher, secrétaire CGT. Les conditions de travail y sont devenues insupportables. Il y a de la souffrance, un
vrai problème de gouvernance locale mais aussi plus général». Des personnels des CDAS de Quimper, Pleyben-Carhaix, Châteaulin, Pont-l'Abbé et Morlaix-Landivisiau se sont joints à cette
dénonciation de «la dégradation des conditions de travail».
Le management contesté
«Depuis quelques années, c'est un mille-feuille hiérarchique qui s'est mis en place, dit LionelBocher. Le nombre de cadres a été multiplié.
Face aux nouvelles techniques managériales, certains cadres font de la résistance, d'autres du zèle et d'autres perdent les pédales. Les assistants sociaux font un métier difficile avec des usagers pour lesquels il faut trouver des solutions. Ils subissent en plus des pressions de la hiérarchie».
«À Concarneau, le personnel, encadrant et encadré, ressent un profond mal-être». Pour la CGT, cette politique managériale date de l'arrivée en 2005 d'un nouveau directeur général. Les délégués des CDAS ont donc demandé hier, à Pierre Maille, la réunion d'un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
Une demande que Pierre Maille tarde à satisfaire selon la CGT. «Je ne vois pas pourquoi il refuse de réunir un CHSCT pour apaiser la situation», s'interroge Lionel Bocher. Hier, Pierre Maille n'a pas souhaité commenter le problème.
Pourquoi ce mouvement plutôt inhabituel chez les travailleurs sociaux du département. « Pas à cause des conditions de travail proprement dites, mais des techniques managériales qui isolent et ne favorisent pas le travail en commun. Il y a de plus en plus de personnes en difficulté, et il nous est de plus en plus difficile de fournir une aide efficace dans ces conditions » expliquait Lionel Bocher, secrétaire du syndicat CGT du conseil général
Concarneau a craqué
Selon Lionel Bocher, c'est la mise en place d'un « mille-feuille hiérarchique » avec ses lourdeurs et ses contradictions qui est à l'origine de ce mal-être. C'est à Concarneau que le malaise est devenu public après un premier débrayage vendredi dernier. « Là-bas, la rupture entre la direction et les agents est complète. Sur les 26 agents, ils sont aujourd'hui 23 à débrayer » rappelle Lionel Bocher qui a demandé hier à Pierre Maille, président du conseil général, la convocation d'un comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Le syndicat FO s'est uni à cette démarche » C'est le CHSCT, l'instance officielle en la matière » explique encore Lionel Bocher. Au terme de cette rencontre, Pierre Maille « n'a pas jugé cette convocation justifiée » selon la CGT, « tout en acceptant d'examiner le problème ». Un préavis de débrayage reconductible jusqu'au 3 décembre a déjà été déposé le 19 novembre.