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blog du Npa 29, Finistère

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Daniel Bensaïd est mort

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«Un révolutionnaire d’actualité» (Libération)

«C’est une très grande perte», vient de réagir, «avec beaucoup de tristesse», Alain Krivine, cofondateur de la LCR auprès de Libération.fr. «Il appartenait à toute une génération militante qui avait fait ses preuves en 1968. Il n’a pas, lui, abandonné le drapeau de la révolte et de la résistance, il incarnait la continuité du combat révolutionnaire», décrit-il, à propos de celui qui conjuguait à la fois «théorie marxiste, sans en faire un dogme sectaire», et «militantisme de terrain». «Un révolutionnaire d’actualité», ajoute Krivine, soulignant son enthousiasme lors de la mise sur pied du NPA: «c’était la culture, la joie de vivre, la convivialité.»


Cliquez pour la vidéo
retrouver ce média sur www.ina.fr


Lors de la campagne présidentielle de 1969: Alain Krivine et Daniel Bensaïd (Source:ina)

«Il n'était pas un prof»

Contacté par Libération.fr, Pierre-François Grond, membre du comité exécutif du NPA, se souvient de l’avoir rencontré pour la première fois , «en 1982-1983», lors d’un stage d’été de la Ligue: «il était à la fois l’idéologue de la Ligue et jouait au foot avec nous, mettait les tables en place.» Proche d’Olivier Besancenot, il salue la mémoire de «celui qui a permis, dans les années 90, de réactualiser le marxisme à partir des grands bouleversements qui se sont produits». «Il a transmis ce retour à Marx, en mariant l’ancrage dans l’Histoire et une certaine modernité», ajoute Grond: «Il ne donnait pas une pensée toute faite mais des lignes de compréhension du monde, il n'était pas un prof.»

Les communistes, Marie-George Buffet et Pierre Laurent, saluent «une des figures les plus marquantes du courant révolutionnaire français», un «homme de grande culture», «simple et attachant» qui «n’aura eu de cesse de revisiter l’apport de Marx à la lumière de l’expérience historique et des enjeux théoriques et politiques de notre époque».

Evoquant un «grand penseur», «inspiré par la défense d’un marxisme ouvert et généreux», le porte-parole du PS, Benoît Hamon rend hommage à un «infatigable débatteur» qui était «un des théoriciens les plus solides intellectuellement» du mouvement trotskiste, «en France et dans le monde».

Le secrétaire national du PS, Christophe Cambadélis, qui avait un temps milité à l’OCI (Organisation communiste internationale), autre école du trotskisme, dit de Bensaïd, qu’il «appartenait à cette catégorie de militants politiques pour qui la pensée politique n’était pas une compilation de slogans et de formules, mais une dialectique de raisonnements bien construits». «Il était un penseur exigeant et attentif aux autres, cherchant toujours à comprendre avant de condamner [...] Sa voix et sa plume manqueront aux débats passionnés de la gauche», écrit-il dans un communiqué intitulé «Salut Bensa!».

Le NPA organisera une soirée d’hommage militant le samedi 23 janvier à Paris.


Daniel Bensaïd est mort (L'Humanité)


Le philosophe, théoricien de l’ex-LCR et du NPA, interrogateur infatigable de la démocratie et du marxisme, est décédé à Paris ce matin, des suites d’une longue maladie.

« Ma génération était tout naturellement inscrite dans le mouvement ouvrier ou les récits de la résistance pendant la guerre d’Espagne ou d’Algérie. La génération symbolisée par Olivier Besancenot est entrée en politique dans les années quatre-vingt-dix, après la chute du mur de Berlin. Ses références à elle sont le zapatisme ou le mouvement altermondialiste ». Le philosophe, à l’heure de la transformation de la LCR en NPA, ne désespérait pas de voir « ces cultures converger vers une culture politique commune ».


Longtemps membre de la direction de la LCR et un des principaux dirigeants de la IVe Internationale (organisation communiste trotskiste fondée en 1938), il était engagé dans tous les combats internationalistes.


Né le 25 mars 1946 à Toulouse, ce philosophe, enseignant à l’Université de Paris VIII, a publié de très nombreux ouvrages de philosophie ou de débat politique, animé les revues "Critique Communiste" et "ContreTemps", et participé à la création de la Fondation Louise Michel.


Le NPA indique qu’il organisera une soirée d’hommage militant samedi 23 janvier à Paris.


En 2002, dans un entretien à l’Humanité conduit par Jean-Paul Monferran, Daniel Bensaïd revenait sur notre histoire :


"Évidemment, l’on n’a pas encore mesuré la portée des dégâts provoqués par ce que j’appelle le stalinisme, toute une séquence de déceptions, de désillusions, de défaites - des pires défaites, celles qui viennent de son propre camp -, avec toutes les blessures intimes qu’elles provoquent".


Ensuite, il y a la thèse selon laquelle le socialisme ouvrier et populaire tel qu’il est né au XIXe siècle aurait été progressivement capturé et détourné par le " pacte républicain " : l’Affaire Dreyfus, le Front populaire, etc.


Il y a sans doute là un élément de vérité, mais pourquoi ce " pacte " se déferait-il seulement aujourd’hui ?


Le philosophe interrogeait alors l’histoire immédiate : "L’expliquer par la conversion des composantes majoritaires de la gauche à une forme de social-libéralisme est une thèse certes séduisante, mais la question plus fondamentale qui me semble être posée est de savoir comment ce " pacte républicain ", qui s’était noué aussi autour de la question scolaire par exemple, a fonctionné dans le cadre politico-stratégique de l’État-nation.


Loin de moi l’idée que les États-nation auraient été dissous dans un marché sans rivages ni frontières, mais leur affaiblissement patent, en même temps qu’une redistribution des fonctions, des attributs de souveraineté, des instances de décisions, etc., aboutit à une situation d’incertitude stratégique. S’il existe, pour moi, des repères qui ne sont pas effacés, qui demeurent des lignes et des expériences fondatrices - la Révolution française, 1848, octobre 1917 - ; en revanche une page, si ce n’est blanche, du moins pour l’instant à peine ouverte, concerne ce que seront les données stratégiques du XXIe siècle. Nous sommes au tout début d’un nouveau cycle d’expériences : il s’agit d’être disponible à leur égard pour apprendre ce qu’elles ont à nous apprendre, mais rien ne se fera dans l’effacement d’une histoire et d’un héritage".


Dans le dernier ouvrage auquel il a participé, Démocratie, dans quel état ?, avec Giogio Agamben, Alain Badiou, Jean-Luc Nancy ou Jacques Rancière, il discutait âprement avec Alain Badiou, pour qui une vraie démocratie consiste en une « politique immanente au peuple », préférant chercher « les modes de représentation garantissant le meilleur contrôle des mandants sur les mandataires », que s’en remettre à l’utopie d’une assemblée générale et permanente du peuple.


Tout récemment encore, en février 2009, il publiait dans l’Humanité une tribune sur Gaza intitulée Sarkozy, Kouchner, où serez-vous ?, où les auteurs écrivaient notamment "vous vous êtes ensuite rendu coupable, Nicolas Sarkozy, de complicité de crimes de guerre. Par vos vaines allées et venues entre le Caire, Damas, Jérusalem, vous avez donné à Israël le temps de poursuivre les bombardements sur la population civile de Gaza".


Auteur et penseur infatigable, il a d’abord publié des livres co-écrits avec


Henri Weber : « Mai 68, une répétition générale » (1968),

avec Camille Scalabrino : « le Deuxième souffle, problèmes du mouvement étudiant » (1969),

avec plusieurs autres théoriciens : « Contre Althusser » (1974),

avec Michael Löwy et Charles-André Udry « Portugal, une révolution en marche » (1975).

Puis des ouvrages écrits seul et édités par La Brèche, les Editions de la Ligue : « Les Haillons de l’utopie » (1980), « Stratégies et partis » (1987), « Mai si, 1968-1988, rebelles et repentis » (celui-là en collaboration avec Alain Krivine) (1988).

Enfin, des livres plus personnels : « Moi, la révolution » (Gallimard 1989), « Walter Benjamin, sentinelle messianique » (Plon 1990), « Marx l’intempestif » (Fayard 1995), et « la Discordance des temps » (Editions de la Passion, 1995).

Et aussi : « le Pari mélancolique » (Fayard 1997).

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