blog du Npa 29, Finistère
4 novembre 2010 - Le Télégramme
Contraindre les pays de l'UE à enfouir en profondeur leurs déchets nucléaires et faire payer les industriels du secteur sur la base du pollueur- payeur : ce sont les préconisations de Bruxelles.
Chaque année, 7.000m³ de déchets non retraitables sont produits par les 143 réacteurs de l'Union européenne, dont 58 sont situés en France. Les centres de stockage créés pour ces déchets sont pour la plupart situés en surface et à ce titre vulnérables en cas de catastrophe ou d'accident comme un séisme, un incendie ou un accident d'avion. Et en 2020, l'UE devra trouver une solution définitive pour 1,8million de m³ hautement radioactifs qui ont une capacité de nuisance durant près d'un million d'années.
Face aux dangers qu'ils représentent, la Commission européenne souhaite la création dans les Etats-membres de dépôts de stockage à un «minimum de 300 mètres de profondeur». «Depuis la
construction de la première centrale nucléaire il y a 50 ans, nous n'avons toujours pas dans l'UE de dépôt pour stocker définitivement les déchets radioactifs», constate le commissaire européen
en charge de l'Energie Gunther Oettinger, à l'origine de ce projet de directives. Chaque Etat «décidera de l'emplacement des sites, des techniques de construction et des formes opportunes
d'enfouissement, car les formations géologiques ne sont pas les mêmes partout», a-t-il précisé. Des coopérations entre les Etats sont possibles, selon lui. Trois pays -Finlande, Suède et France-
ont déjà des programmes qui doivent être opérationnels entre 2020 et2025.
Interdiction d'exporter les déchets
Pour financer les dépôts, le commissaire préconise la mise à contribution des opérateurs du secteur pour financer ces opérations, selon le principe du pollueur-payeur. Autre proposition:
l'interdiction d'exporter ces déchets vers des pays tiers comme la Russie ou ceux du continent africain. L'adoption d'une telle directive pourrait avoir lieu l'année prochaine et les
présentations des projets par les Etats-membres pourraient intervenir en 2015. L'initiative a aussitôt déclenché les passions. Saluée par Foratom, l'association représentant l'industrie nucléaire
dans l'UE, elle a été décriée comme un «simple exercice de communication» par Greenpeace et le groupe des Verts au Parlement européen. «Les propositions ne répondent pas aux inquiétudes des
citoyens face à la dangerosité des déchets radioactifs», a accusé l'Allemande Rebecca Harms, co-présidente des Verts.