blog du Npa 29, Finistère
Depuis plusieurs mois, les associations en défense des demandeurs d’asile et des sans papiers se démènent sans compter pour faire admettre le droit à l’hébergement et au logement pour ces personnes que ce soit à Brest ou à Quimper.
Depuis quelques jours, comme pour annoncer le changement promis, le préfet a décidé de « déporter » des familles vivant pour certaines depuis 3 ans sur Brest vers des campings ou des centre de vacances du sud Finistère (Trégunc et Bénodet) sans l’accord des associations, en déscolarisant les enfants et en les plaçant sous des tentes, alors même que la pluie ne cesse de tomber depuis plusieurs semaines en Bretagne.
Déposées dans ces camps, vides, sans nourriture et sans explications, le préfet a même menti au gestionnaire du camp de la CCAS EDF de Bénodet en prétendant que ces familles étaient des primo-arrivants et en refusant qu’ils soient hébergées dans des bungalows en dur…Des fois qu’ils prendraient du bon temps !!!
La méthode est inhumaine, brutale, indigne !
Seule la solidarité des parents d’élèves, des militants associatifs, politiques et quelques élus (EELV de Quimper et PCF de Fouesnant) permet à ces familles tchéchènes, mongoles, congolaises de ne pas sombrer.
Dans le même temps à Quimper, l’association nouvellement créée, « Urgence un toit pour tous » a réquisitionné une maison appartenant à la commune.
* Pour y admettre des personnes sans abri, en particulier des demandeurs d’asile qui se voient refuser l’hébergement alors même qu’il y a des places disponibles.
* Pour avoir la domiciliation par le CCAS de la ville pourtant nécessaire pour avoir accès à l’AME, à l’aide juridictionnelle et diverses sociales et administratives.
Entre les camps de réfugiés et la ville de Quimper (majorité PS en alliance avec les Verts et le PCF) qui bloque les hébergements et les domiciliations, des vents contraires et nauséabonds, soufflent en Finistère. Heureusement la solidarité, les manifestations, le soutien large s’organisent.
Grâce à cela, un couple de jeunes Tchéchènes, envoyé mardi en camp de rétention à Rennes à cause d’absence de domiciliation, a retrouvé sa liberté et est revenu à
Quimper. Nous avons pu les ré-héberger dans notre maison réquisitionnée. Même si dans le même temps, un autre couple avec 3 enfants va être expulsé en Tchétchénie via la Pologne. (Etant
entré par là dans "l'espace Schengen" , ils doivent y retourner, or la Pologne de donne pas de statut de réfugiés aux tchétchènes).
Ce dimanche, nous avons organisé sur place dans le camp de Bénodet un pique-nique de la solidarité avec nos amis Tchéchènes et congolais. Sont venus les rejoindre des enseignants, des parents de Brest et leurs camarades de classe … Un moment émouvant et chaleureux …malgré un temps de chien.
Que le préfet, représentant de l’état, sache que nous nous ne baisserons pas les bras ! Que les élus locaux et nationaux sachent que nous continuerons le combat pour l’accueil et l’hébergement dignes.
Que le nouveau gouvernement sache qu’il ne connaîtra pas d’état de grâce.
Nous exigeons de lui et de sa nouvelle majorité qu’ils rétablissent partout dans ce pays et d’abord en Finistère, la reconnaissance du droit d’asile, de l’hébergement et du droit au logement.
Les déplacements doivent être stoppés, les expulsions doivent cesser. Il faut ouvrir des places d’hébergements et permettre un vrai accès au logement et au travail pour les demandeurs d’asile et les sans papiers.
Correspondant NPA Quimper