blog du Npa 29, Finistère
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Sur place, Tetsuya a déchanté. Son salaire a été revu à la baisse, car il a dû payer son hébergement qui n'est pas pris en charge par l'employeur. Au début, on lui a assuré qu'il ne serait jamais en situation de danger. Une fois son contrat signé, il a été affecté dans une zone fortement radioactive. Sa tâche : vider les réacteurs de leur eau contaminée. Quelques heures d'intervention par jour avec, pour seules protections, un masque et une mince combinaison à peine hermétique.
Ce qui l'a frappé, aussi, c'est la jeunesse de ses collègues, « des gars de 18-19 ans, pas vraiment qualifiés pour ce genre de travail ».
Deux mois plus tard, Tetsuya a rendu son tablier. Il est rentré chez lui à Kawasaki, banlieue sud de Tokyo. Il a porté plainte contre Tepco et les sept sous-traitants qui l'ont employé. Lorsqu'on interroge Tepco sur ces contrats de sous-traitance annulés pour non-respect du Code du travail, l'entreprise botte en touche, parle d'allégations et martèle que « les embauches d'ouvriers sont de la seule responsabilité des sous-traitants ».
Les forçats du nucléaire, Hiroyuki Watanabe les connaît bien. Cet élu local d'Iwaki, ville proche de la centrale, les défend régulièrement. Ces travailleurs précaires, venus de tout le Japon, sont abusés. « Leurs salaires sont loin d'être à la mesure des risques encourus. Les ouvriers n'ont pas de prime de risque et touchent l'équivalent de moins de 100 € par jour. Les moins bien payés n'ont droit qu'à 50 à 60 € », explique Hiroyuki Watanabe.
L'autre grand chantier, c'est celui de la décontamination.
Une tâche sans fin qui occupe des armées d'ouvriers peu qualifiés. Le mois dernier, le ministre de l'Environnement, Shinji Inoue, présentait ses excuses aux habitants de Fukushima après la révélation de travaux bâclés dans la zone d'exclusion autour de la centrale.
Eau et végétaux contaminés jetés dans les rivières
C'est le quotidien Asahi Shimbun qui a levé le lièvre. Ses reporters ont observé, photographié et interviewé les « décontamineurs ». Certains affirment que le rejet dans la nature de végétaux, de terre et d'eau contaminés est monnaie courante. Pour aller plus vite, les contremaîtres demandent de rejeter les eaux usées directement dans les rivières voisines, au lieu de les récupérer et de ne balayer qu'autour des balises mesurant les rayonnements !
Pas de quoi rassurer les habitants de certaines localités de la zone interdite, autorisés depuis peu à retourner chez eux, pendant quelques heures. À Odaka, à moins de 20 km au nord de la centrale, Hidetoshi Tanaka se désole devant le spectacle de sa rizière en friches et encore imprégnée d'eau salée, conséquence du tsunami. Il croit savoir que la décontamination de ses terres commencera dans un an... si tout va bien.
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