blog du Npa 29, Finistère
Par Bernard Gensane sur son blog
C'est quoi cette histoire ? Édouard Leclerc, le fondateur de la chaîne d'hypermarchés aurait collaboré avec les services de la Gestapo sévissant en Bretagne pendant la guerre. Né en 1926, il était bien jeune, certes, mais les résistants aussi étaient jeunes (http://blogbernardgensane.blogs.nouvelobs.com/tag/roger+faligot).
Le dernier numéro d'Envoyé spécial sur France 2 était consacré à la Légion d'honneur, ceux qui la reçoivent et ceux à qui on la retire. À quatre reprises, Leclerc échoua à l'examen d'entrée et dut attendre 2009 (sous Sarkozy, grand décorateur de copains devant l'éternel) pour se voir attribuer le prestigieux ruban. C'est que Leclerc a beaucoup fréquenté la Kommandantur de Landerneau, prétendument pour faire passer des colis à ses frères prisonniers. Je ne suis pas un spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, mais je n'avais jamais entendu dire que la Kommandantur faisait du Colissimo pour les braves pioupious prisonniers en Allemangne.
Cette émission (fort peu relayée par les grands médias, soi dit en passant) était intéressante à un autre titre. Il existe une Grande Chancellerie de la Légion d'honneur qui étudie les dossiers des candidats à la décoration suprême et qui se réunit plusieurs fois par an pour radier les titulaires qui ne la méritent plus. La Chancellerie (présidée par actuellement par un ancien chef d'État-major de l'armée) est implacable vis-à-vis de ceux qui ont été condamnés à de la prison. Implacable, mais à géométrie variable.
Le docteur Gubler, qui soigna Mitterrand, fut condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violation du secret médical après la publication de son livre Le Grand Secret. La Légion d'honneur lui fut retirée. L'ancien ministre Michel Roussin put conserver sa décoration. Et pourtant, dans l'affaire des marchés publics d'Île-de-France, il fut condamné en première instance en octobre 2005 pour « complicité et recel de corruption » à quatre ans de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques, civils et familiaux. La condamnation fut confirmée le 7 novembre 2006 et son pourvoi en cassation rejeté le 20 février 2008. Dans l'affaire de la Sofremi, Charles Pasqua fut condamné à une année de prison avec sursis. Son nom est cité dans d'autres affaires en cours. La Grande Chancellerie n'a rien vu de pendable dans cette histoire.
L'émission de France 2 expliquait également que notre kleiner Mann s'est naturellement illustré, lui aussi, dans la distribution de hochets. Il décora de la Légion d'honneur la personne qui lui taillait ... ses costumes. Il attribua la distinction suprême (Grand croix) à trois copains milliardaires qui l'ont bien aidé dans la vie.
Napoléon avait déclaré avoir créé la Légion d'honneur pour "tenir" ses hommes. Dans le cas de Sarkozy, qui tient qui ?
Un correspondant m'apporte les infos suivantes :
Pour plus d’infos sur Edouard Leclerc pendant l’occupation,voir le blog de Bertrand Gobin :
et celui consacré à François PENGAM fusillé à 17 ans par les nazis :
http://francois.pengam.1944.free.fr/
Source : http://blogbernardgensane.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/01/17/edouard-leclerc-collabo.html
Note du blog:
On ne comprend rien aux comportements de cette époque si on ne se rappelle pas qu'avant il y avait eu le front populaire! "Mieux vaut Hitler que le front populaire" était le slogan des classes dirigeantes. Il était de bon ton pour ceux qui avaient "pris leur revanche" avec l'arrivée des soldats allemands, de les fréquenter ouvertement afin de montrer aux "salauds en casquette" qui commandait.
Les jeunes des familles riches, et les jeunes nationalistes bretons, revêtaient volontiers des uniformes allemands. Enfin à Landerneau sévissait une
importante unité de contre terrorisme , le "Kommando" de landerneau, qui chassait les résistants grâce à ses informateurs bretons du coin. Ses ravages furent importants.
Une réunion publique des nazis bretons, qui s'entraînaient à la campagne dans les environs, pour créer leur "armée", a dù être protégée de la population en colère
par les nazis et les policers français. Bref, à Landerneau les "salauds en casquette" s"opposaient aux nazis et d'autres "fréquentaient" la komandantur.