blog du Npa 29, Finistère
22 mai 2010 - Le Telegramme
Les syndicats s'insurgent contre le nouveau statut des enseignants stagiaires, dès la rentrée. Un dispositif qui serait, selon eux, préjudiciable aux stagiaires, aux élèves et à l'enseignement.
«C'est une véritable usine à gaz, et dans le fond et dans la forme», s'insurgent les syndicalistes. Le dispositif prévu pour encadrer les enseignants stagiaires devrait fonctionner sous la forme d'un trinôme: tuteur, stagiaire, titulaire remplaçant. Le tuteur étant un enseignant en poste chargé de «former» le stagiaire et un titulaire remplaçant chargé éventuellement de remplacer les uns ou les autres quand ils sont en formation.
Une mise en oeuvre complexe que les syndicats enseignants redoutent et dénoncent. Inquiétude, d'abord, de voir arriver de façon massive des étudiants de première
année de l'IUFM qui n'ont pas eu leur concours et qui prendront une classe en responsabilité pendant six semaines. «Ils peuvent se retrouver devant des élèves sans avoir bénéficié de stage ni de
formation professionnelle. Et ils auront aussi la pression de leur examen final s'il s'agit d'étudiants en université (master 2, soit cinq ans d'études)», note Christian Kervoalen, du
Snes-FSU.
Précarité et formation insuffisante
«Il n'est pas envisageable que des débutants fassent un service à temps complet pour leur première année d'exercice. Cette situation ne permet pas les allers-retours indispensables entre la
pratique et la théorie, poursuit le syndicat. Qui dénonce aussi la précarité de ce nouveau statut et au-delà, le problème de sa formation: ce «compagnonnage» voulu par le gouvernement ne saurait
se substituer à une véritable formation professionnelle dans les IUFM. Les tuteurs devront assumer cette fonction hors de leur temps de service (en soirée ou les fins de semaine). Préjudiciable
pour les intéressés, cette nouvelle donne serait aussi source de grande instabilité pour les élèves. «Il faut imaginer une classe de CP avec trois, voire quatre intervenants dans l'année»,
souligne Lydie Colaert, de la CGT.
Bloquer les mutations
Autre effet pervers, selon les syndicats: les stagiaires vont occuper des postes vacants, ce qui bloquera les mutations. «On peut même le chiffrer, assure M.Le Coq, du Snes. Dans le second degré,
ce sont ainsi 229possibilités de mutation qui seraient bloquées dans le département». Bref, cette réforme à venir fait grincer bien des dents. Même une partie du syndicat des proviseurs s'est
prononcée contre. La FCPE soutient elle aussi le mouvement de fronde. «Nous refusons d'être tuteurs de ces stagiaires. Une fois de plus, c'est un passage en force, mais nous voulons que le
gouvernement recule là-dessus.C'est le métier qui est en cause. Enseigner, c'est un métier qui s'apprend», concluent les syndicats.