Vaclav Havel est mort et c’est bien triste. Voilà un homme qui représente à mes yeux l’authentique intellectuel engagé. Une sorte d’anti Khieu
Samphan ou d’anti BHL.
L’intellectuel pour qui la dignité humaine prime tout. Il s’est opposé à la brutale barbarie communiste mais aussi à l’insidieuse barbarie
capitaliste, ce dont on ne parle pas. Et pourtant son opposition à Vaclav Klaus, l’ultra libéral qui lui a succédé avant de faire éclater son pays, fut de tous les instants.
Communiqué du NPA- lundi 19 décembre
2011
Ancien président de la Tchécoslovaquie puis de la République tchèque, Vaclav Havel vient de mourir des suites d'une longue
maladie. Né en 1936, homme de lettres et de théâtre, il s'opposa à l'intervention et à l'occupation soviétiques qui mirent fin au « Printemps de Prague » en
1968. Par la suite, refusant l'exil, il s'engagea pleinement en faveur de la défense des libertés démocratiques et de la construction d'une société
débarrassée de la dictature d'un parti qui n'avait de communiste que le nom. A ce titre, il fut un des cofondateurs de la Charte 77 qui regroupait nombre d'intellectuels, de personnalités et de militants, tous dissidents qui
entendaient poursuivre, en Tchécoslaovaquie même, la lutte pour le triomphe des idéaux du Printemps de Prague. Il paya cher le prix de son engagement politique : ses oeuvres furent interdites et il passa de longues années en prison, ce qui contribua à
dégrader sa santé. Avec Vaclav Havel, disparaît un intellectuel, militant politique, qui milita pour les droits et les libertés démocratique malgré la chape de plomb
stalinienne. Il n'hésita pas, ces dernières années, à mettre en garde les gouvernements européens contre les dangers de « l'intolérance racial, de la
xénophobie, de l'égoïsme national ». A l'heure où la crise économique du capitalisme engendre des tentatives de replis nationalistes, la prolifération de la xénophobie, cette mise en
garde est d'une brûlante actualité.