blog du Npa 29, Finistère
« Voler les vieux, c'est obscène ! », chantaient les uns. « Grève générale ! », scandaient les autres, sous la bannière du syndicat indépendant Codaf. Vent debout, tous, contre le projet du gouvernement socialiste de reculer l'âge du départ à la retraite de 65 à 67 ans.
Fin de la lune de miel syndicats-gouvernement
Car trop c'est trop ! Restés relativement calmes depuis l'avènement du gouvernement socialiste, malgré la crise, les syndicats ont décidé de mettre fin à la lune de miel avec le gouvernement espagnol. En agitant le spectre de la mobilisation sociale, tellement crainte par l'exécutif, les syndicats espèrent convaincre le gouvernement de revenir sur son impopulaire projet.
Une proposition faite une semaine après l'annonce d'un plan d'austérité de 50 milliards d'euros en trois ans, visant à ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2013 contre 11,4 % en 2009, sous la pression de Bruxelles. Et alors que le taux de chômage dans le pays flirte avec les 19 %.
Dans le défilé à Madrid, mais aussi à Barcelone, Valencia, Alicante ou Oviedo, outre les retraites, la question de l'emploi était aussi dans les têtes et dans les chants. Et ce sera sans doute encore le cas lors des prochaines manifestations qui animeront, jusqu'au 6 mars, les villes espagnoles.
Le gouvernement, très surveillé notamment par les marché financiers, pliera-t-il face à la rue ? Ou campera-t-il sur sa fermeté pour mettre en oeuvre toutes ses réformes ? Les manifestations d'hier font figure de test.
Dimanche, le ministre du Travail, Celestino Corbacho, a voulu prévenir : l'allongement de la durée du travail est incontournable au vu des prévisions statistiques. Car, si les tendances démographies se confirment, près d'un Espagnol sur trois sera âgé d'au moins 65 ans d'ici à 2049, le double de la proportion actuelle. De son côté, lundi, José Luis Zapatero a tempéré. Il aspire à un « consensus national ».