blog du Npa 29, Finistère
12 novembre 2012
Quelle est la position des maires du territoire du pays de Lorient sur le mariage des couples homosexuels? Aumoment où le projet de loi vient de passer l'étape du conseil des ministres, réponse de certains d'entre eux.
Le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels a été présenté au conseil des ministres, la semaine dernière. Ce qui ouvre le chemin
vers son examen par le Parlement, à partir du mois de janvier. Si ce projet de loi est adopté, les maires des communes de pays de Lorient devront bientôt unir, par les liens du mariage, des
couples homosexuels. Quelles sont leurs positions sur le sujet? Réponse de certains d'entre eux.
Jacques Le Nay, Plouay.
«Que deux personnes d'un même sexe vivent ensemble, c'est un choix que je respecte. Mais là, on parle du mariage, d'une cérémonie. Je ne suis pas d'accord. Je
considère que le mariage se fait dans un cadre bien précis. D'autres lois permettent déjà à des couples de faire leur vie ensemble. Alors, certes, il y a moyen d'améliorer cela, je n'en
disconviens pas, mais une cérémonie revêt quand même un caractère particulier. Le mariage doit rester le mariage et garder sa vocation initiale. Et puis, il faut penser à tout ce qu'il y a
derrière comme option, notamment la naissance des enfants. Onpeut s'interroger sur le devenir de l'enfant. Il y a beaucoup d'inconnues. Maintenant, je ne suis pas législateur. Et s'il faut
appliquer la loi, je l'appliquerai. Je suis légaliste. Demander à un adjoint de le faire? Ce serait la solution de facilité. Est-ce qu'il en aurait envie d'abord? Il me faudrait un empêchement
bien clair. J'estime qu'un maire doit assumer ses responsabilités».
Victor Tonnerre, Larmor-Plage.
«Pour moi, ce projet consiste à un galvaudage du mot mariage. Le mariage ne peut exister qu'entre un homme et une femme, sinon, c'est bafouer son principe, bafouer
même le droit civil. Attention, je ne suis pas contre la cohabitation entre personnes du même sexe. Mais parler de mariage, pour moi est anormal. Est-ce que j'accepterai d'en célébrer? Je n'y
répondrai que si la loi est votée. Si elle ne l'est pas, j'en serai très heureux».
François Aubertin, Guidel.
«On en a discuté la semaine dernière en bureau municipal. Et, à l'exception d'une adjointe, il y avait unanimité de voix contre ce projet de loi. On pensait que le
Pacs était suffisant pour les couples homosexuels, car derrière le mariage, il y a l'idée de la composition d'une famille, et l'ouverture à l'adoption, ce qui est plus compliqué. Maintenant, si
la loi l'exige, on célébrera ces mariages, mais pas forcément de gaieté de coeur».
Serge Gagneux, Lanvaudan
. «Je ne me défausserai pas si je dois un jour célébrer un mariage homosexuel. Je ne demanderai pas à un adjoint de le faire à ma place. Je sais que les avis sur
cette question sont partagés parmi les élus mais, pour l'heure, nous ne l'avons pas évoquée en conseil municipal. Pour ma part, je ne suis pas opposé au mariage des couples homosexuels. Il y a
une évolution des moeurs, il faut en tenir compte. Le Pacs n'était qu'une demi-mesure. Je suis favorable au mariage pour tous, sans ostracisme. Par contre, j'avoue que je suis plus mesuré sur
la question de l'adoption des couples homosexuels».
Loïc Le Meur, Ploemeur.
«L'accès au mariage pour l'ensemble des Français, qu'ils soient de religions différentes, d'origines différentes ou de même sexe, doit être possible car nous
devons tous être égaux devant la loi. Cette question du mariage pour tous pose la question de l'égalité des droits en France et, à cette question, il me paraît impossible de ne pas faire
respecter cette règle fondamentale de notre République. De plus, permettre l'accès au mariage à certaines personnes ne fait pas reculer le droit des autres. La France a été en avance lors de la
création du Pacs, mais cette avance, nous l'avons perdue face à nos voisins européens qui, eux, ont légalisé le mariage pour tous. Nousdevons aujourd'hui rattraper ce retard et montrer aux yeux
du Monde que la France est toujours le pays des libertés.
Bien entendu, si un couple homosexuel me demande de célébrer son union, je le ferai avec grand plaisir. Je me sens profondément républicain et, par conséquent, je
respecterai toujours les lois de mon pays. De plus, unir un couple qui s'aime est toujours un grand moment de bonheur. Mais, à ma connaissance, aucune demande dans ce sens ne nous est parvenue
pour le moment».
Gérard Falquérho, Caudan:
«Je ne suis pas favorable au mariage pour tous. Je considère que le Pacs suffit, mais je suis conscient que la société évolue. J'aurais souhaité un large débat
national sur cette question et pas seulement limité aux seuls parlementaires. Mais il semble qu'un référendum ne soit pas envisagé. Toutefois, si la loi autorisant le mariage des couples
homosexuels est votée, je ne me déroberai pas. Je l'appliquerai sans sourciller».
Gwendal Rouillard, député de Lorient.
«Ces questions de société doivent aujourd'hui impérativement être discutées. C'est avec une conviction assumée que je voterai pour le droit au mariage pour tous et
à l'égalité d'accès à l'adoption. Malgréune opinion majoritairement favorable des Français sur l'ouverture du mariage civil et de l'adoption aux couples de même sexe, la France a pris beaucoup
de retard sur ces sujets par rapport à de nombreux pays européens. Depuis sa nouvelle application en 2005, le Pacs a été une véritable avancée pour tous les couples.
Pour autant, il ne permet pas d'assurer pleinement l'égalité des droits. Le vote pour le mariage pour tous et l'adoption par les couples homosexuels est un acte de reconnaissance qui permettra d'aller jusqu'au bout de l'égalité des droits qui, rappelons-le, est un principe républicain. Enfin, à titre personnel, je précise que je suis également favorable à ce que les couples de femmes puissent avoir accès aux techniques de procréation médicalement assistées (PMA). Je considère que ce débat devra avoir lieu».
Commentaire: Elisez des femmes!