blog du Npa 29, Finistère
prises accessoires
15 septembre 2010 Le Télégramme
Les subventions publiques accordées aux pêcheurs professionnels sont préjudiciables à la protection des ressources halieutiques et en dernier ressort à l'industrie de la pêche elle-même, indiquent des chercheurs dans quatre études distinctes.
Ces recherches, publiées dans le Journal of Bioeconomics, constituent la "première grande analyse globale de la valeur de la pêche à l'échelle mondiale", a indiqué Rebecca Goldburg, spécialiste de la vie
des océans travaillant pour la fondation Pew Environment Group, lors d'une téléconférence depuis Washington.
240 milliards de dollars
La pêche a une valeur estimée par les auteurs à quelque 240 milliards de dollars américains par an, si on inclut les industries de transformation des produits de la
pêche.
Toujours selon ces chercheurs, la pêche de poissons sauvages, si elle était bien gérée, pourrait nourrir 20 millions de personnes de plus, notamment dans les pays
pauvres. "Préserver l'avenir de la pêche est bon pour l'économie", a dit Rashid Sumaila, directeur du Centre de la Pêche à l'Université de Colombie Britannique, qui avait dirigé la
recherche.
Les poissons sauvages victimes de surpêche
Les recettes de la pêche à l'échelle mondiale étaient traditionnellement mesurées par la valeur des prises débarquées - calculée à 85 milliards de dollars en 2000,
a-t-il précisé. Les études qui viennent d'être rendues publiques sont les premières à y ajouter toutes les activités en aval, ce qui fait grimper le total à 240 milliards.
Selon M. Sumaila, la moitié des populations de poissons sauvages sont aujourd'hui victimes de surpêche et soit ont périclité brutalement, comme la morue dans
l'Atlantique du nord il y a près de vingt ans, soit sont en train de le faire.
"Les grands pays industrialisés dépensent deux fois plus d'argent du contribuable en subventions à l'industrie de la pêche que pour la protection des océans",
indiquent encore les chercheurs.