La pression exercée par les lobbys d’extrême-droite n’a pas fait reculer la Ville de Rennes et le Conseil régional de Bretagne dans leur soutien au film "Le baiser de la lune" de Sébastien Watel et son équipe. Mais qu’en est-il du soutien de l’Inspection académique d’Ille-et-Vilaine ?
A Rennes, comme ailleurs en France, tous les jours des personnes sont victimes d’homophobie et de lesbophobie, c’est-à-dire de discriminations liées à leur orientation sexuelle réelle ou supposée homosexuelle. Rejet, insultes, coups, violences, meurtres : les discriminations homophobes et lesbophobes se déclinent sous de nombreuses formes et se produisent aussi bien dans la famille, que dans la rue, au travail, ou encore à l’école. Elles blessent, meurtrissent, tuent.
A Rennes, comme ailleurs en France les initiatives de lutte contre l’homophobie et la lesbophobie sont nombreuses et de
qualité. Parmi ces initiatives le projet de film "Le baiser de la lune" de Sébastien Watel a été pris pour cible par des lobbys ultra-conservateurs.
En effet, ce film d’animation destiné aux élèves de CM1-CM2 afin de leur permettre d’aborder les relations amoureuses entre personnes de même sexe a fait l’objet de deux pétitions intitulées pour l’une « Halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires ! » et pour l’autre « Halte à la propagande en faveur de l’homosexualité au sein de l’école » adressées à différentes institutions partenaires du projet.
Nous, associations de lutte contre le sexisme, l’homophobie et la lesbophobie, soutenons le projet de film "Le baiser de la lune" contre cette mobilisation qui
semble d’un autre âge et dont la manière de considérer l’éducation à la citoyenneté et à la tolérance comme du prosélytisme est tout à fait réactionnaire.
Rappelons que l’homosexualité est dépénalisée en France depuis 1981 et qu’aujourd’hui ce n’est plus l’homosexualité qui est un fléau social, mais bien l’homophobie. C’est au quotidien que nous la combattons, notamment en discutant avec des jeunes, pour faire tomber les préjugés et soutenir les jeunes victimes que nous rencontrons.
L’Education nationale a émis des directives officielles concernant la lutte contre l’homophobie dans les établissements
scolaires.
Nous avons demandé à être reçu-e-s à l’Inspection Académique dans les meilleurs délais afin d’avoir des explications sur le retrait ou la poursuite de son soutien à Sébastien Watel et son projet de film.
L’écoute dont semble disposer les ultra-conservateurs impose une vigilance constante et une réactivité immédiate de toutes les actrices et tous les acteurs de la vie citoyenne et militante dans le but de parvenir un jour à l’éradication de l’homophobie et à une réelle égalité des droits.
Association et Compagnie de Théâtre de l’Opprimé Rennaises (ACTOR), AIDES, Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes, Commune vision, David et Jonathan, Femmes Entre Elles, Gay&Lesbian Sports, Les Enfants d’Arc-en-Ciel - l’asso, Mix-Cité Rennes
Le tribunal correctionnel d’Évry a rendu le 19 janvier dernier un jugement reconnaissant la culpabilité de trois mineurs pour injures et agression physique « en
raison de l’orientation sexuelle ». Cette décision est une victoire pour Priscilla et Cynthia qui ont subi la lesbophobie dans leur quartier pendant des mois, jusqu’en juillet 2009, où elles
ont été l’objet d’une agression.
Mais cette victoire est en demi-teinte, car la répression ne peut être la solution. Au même moment, le ministère de l’Éducation nationale, sous la pression d’associations homophobes, retirait son logo – et donc son soutien – d’un film d’animation qui doit être projeté aux élèves de CM1et CM2 et dont l’objectif est d’aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe. Tant que l’école ne présentera les relations amoureuses qu’hétérosexuelles, l’homophobie continuera de sévir.