blog du Npa 29, Finistère
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Par le Dimanche, 13 Janvier 2013
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Cet article n’a pas pour but d’analyser politiquement le sommet climatique qui s’est tenu à Doha, au Qatar, début décembre.
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Cette analyse a été faite dès les premiers jours de la Conférence et elle s’est révélée juste (1). Il s’agit seulement de faire le point sur les « résultats » de la rencontre, afin que chacun-e comprenne bien où on en est dans la marche à la catastrophe.
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Un mini-Kyoto II
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Le premier enjeu de Doha portait sur la poursuite du Protocole de Kyoto. Pour rappel : cette question est au centre du bras de fer entre les pays capitalistes « développés » et les autres. En effet, les premiers arguent des émissions croissantes des seconds pour exiger un accord global, imposant des efforts à tous ; quant aux seconds, ils arguent de la responsabilité historique des premiers pour exiger que ceux-ci montrent sérieusement l’exemple dans la lutte contre le réchauffement.
Doha a effectivement décidé une deuxième période d’engagement dans le cadre du Protocole. Mais celui-ci n’est plus que l’ombre de lui-même. Le Japon, le Canada, la Nouvelle Zélande et la Fédération de Russie ne sont plus parties prenantes. Ces pays rejoignent ainsi les Etats-Unis, second émetteur mondial (après la Chine) et premier émetteur historique. Du coup, les nations qui restent dans le jeu ne représentent plus que 15% des émissions mondiales, environ.
Les engagements souscrits sont loin au-dessous des nécessités. Selon le GIEC, pour avoir une chance sur deux de ne pas dépasser 2,4°C de hausse, les pays développés devraient réduire leurs émissions de 25 à 40% d’ici 2020 (et de 80 à 95% d’ici 2050), par rapport à 1990. Or, les engagements pris par les rescapés de Kyoto équivalent au mieux à 18% de réduction. L’Union Européenne se présente comme le bon élève de la classe, avec un objectif de 20% à cette échéance. Or, du fait de la récession, elle était déjà -17,6% en 2011. Si on tient compte en plus des crédits d’émission provenant des mécanismes flexibles (CDM et MOC), l’UE est même au-delà de son objectif… depuis deux ans (-20,7%). Il est vrai que les pays concernés ont accepté d’envisager un effort supplémentaire, mais ce n’est qu’une vague promesse.
« L’air chaud russe »
Une question clé dans le cadre de cette prolongation de Kyoto était celle de « l’air chaud russe». Par cette expression, on désigne le fait que les pays de l’ex-URSS se sont vu attribuer des quotas d’émission qu’ils n’ont pas utilisés. La raison en est que 1990 a été choisie comme année de référence et que, après la chute du Mur, l’économie de ces pays s’est effondrée. Ils ont donc d’énormes surplus de droits d’émission échangeables sur le marché du carbone. Comme tout n’a pas été vendu – loin de là- entre 2008 et 2012, la question se posait : les 13 milliards de droits restants (un droit = une tonne de CO2) seraient-ils transférables sur la deuxième période d’engagement ?
La conférence de Doha a répondu positivement… Avec quelques restrictions : les droits (unités d’émission) ne pourront être achetés que par des pays qui auront dépassé leur quota, et seulement à concurrence de 2% de leur objectif de réduction au cours de la première période. De plus, plusieurs gouvernements ont fait savoir qu’ils ne seraient pas acquéreurs... Logique : les objectifs de Kyoto II sont tellement minables qu’aucun pays n’aura besoin d’acheter de « l’air chaud russe ». Ce qui est important, ici, c’est que les droits de propriété de la Russie, de l’Ukraine, du Bélarus et du Kazakhstan ont été sauvegardés. Ces pays gardent donc la possibilité de vendre ces droits sur le marché et ils feront tout pour les conserver au-delà de 2020.
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