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blog du Npa 29, Finistère

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Riec-sur-Bélon (29). Duc : les minutes de la discorde (Le Télégramme)

11 février 2010


Une quarantaine des 92 salariés de la découpe de dinde, chez Duc, à Riec-sur-Bélon, ont débrayé ce jeudi matin. La direction souhaite décaler leur journée de travail de trois à cinq minutes, pour gagner en productivité. Pas question !


"Certains commenceraient à 6 h 03, d'autres à 6 h 04, d'autres à 6 h 05. On finirait donc nos journées à 13 h 35 au lieu de 13 h 30 actuellement. C'est irréalisable !" Bruno Chauveau, délégué CGT chez Duc, à Riec-sur-Bélon, ponctue ses syllabes. Pas question d'accepter !

La direction souhaite qu'entre l'arrêt des chaînes et leur redémarrage avec de nouvelles équipes, dans cette usine de découpe et de conditionnement de dinde, il se passe respectivement trois, quatre et cinq minutes. Histoire de bien mettre en place la viande et que les employés puissent immédiatement être efficaces, productifs. Les salariés mécontents (*) ont débrayé mardi, une heure. Ils demandaient à ce que le décalage se limite à deux minutes, pas quatre ou cinq.

 

Rendre plus compétitif un site menacé ?


"Nous avons rencontré la direction, elle campe sur ses positions", explique Bruno Chauveau. "Nous avons alors proposé que le décalage soit de trois minutes". Bref, entre les deux parties, le désaccord porte désormais sur un écart d'une ou deux minutes. Par jour et par salarié, sur un an, le gain de productivité pour Duc ne serait pas négligeable. "Pour l'entreprise, ces décalages permettraient de gagner 60.000 euros, soit à peu près deux salariés", estime le syndicaliste.

Un nouveau débrayage s'est produit ce jeudi matin, de 6 h à 13 h 30, en attendant une rencontre ce vendredi avec le nouveau directeur. La production de l'usine était donc nettement ralentie.


"On a déjà accepté beaucoup de choses"


"Cela ne va pas bouleverser la vie des salariés !", réplique la responsable des ressources humaines des sites bretons du groupe. "Et il s'agit de rendre le site plus compétitif. Une semaine d'essai est prévue à compter du 1er mars". Il y a quatre ans, Volaven avait licencié. Duc avait repris l'usine, menacée de disparition. La conjoncture, dans la volaille, est difficile et le groupe a annoncé l'an dernier des résultats peu satisfaisants.

La vingtaine de salariés venus devant la grille, ce jeudi, estiment qu'ils ont "déjà accepté beaucoup de choses depuis trois ans". Ils craignent que cette histoire de minutes soit une façon de les tester et d'aller plus loin ensuite.

(*) A Riec, Duc emploie 240 personnes, dont 92 à la découpe. Une quarantaine ont débrayé.

  • David Cormier
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