blog du Npa 29, Finistère
3 octobre 2012 à 09h13
C'est une information du "Parisien", qui risque, si elle est avérée, de faire grand bruit : 86 % des dossiers de victimes présumées du Mediator déjà examinés auraient été jugés "irrecevables par les experts du ministère de la Santé".
Ce médicament antidiabétique, prescrit, pendant plusieurs décennies, comme coupe-faim, est accusé d’avoir provoqué des centaines de morts et des milliers de pathologies cardiaques. Les experts qui statuent sur le bien-fondé des dossiers, ce sont ceux de l’Oniam, à savoir l'Office national d’indemnisation des accidents médicaux.
Et, dans la très grande majorité des cas, ces derniers ne verraient donc aucun «lien de causalité» entre "la prise de ce qui était l'un des produits phares des laboratoires Servier et la maladie", comme l'écrivent nos confrères.
Le Parisien:
Plus de 85 % des demandes d’indemnisation des victimes présumées du médicament Mediator ont été rejetées par les experts désignés par le ministère de la Santé, écrit mercredi Le Parisien.
Le lien entre Mediator et maladie peu reconnu
Nouvelle affaire dans l’affaire ou scandale qui risque de tourner court. Selon le quotidien, 712 des 831 dossiers de victimes présumées du Mediator, examinés depuis septembre ont été rejetés. Et quand un lien entre le médicament des laboratoires Servier et une maladie a été reconnu, les experts de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) ont retenu une incapacité limitée en majorité entre 5 % et 10 %.
« Trop tôt »
Prescrit à des millions de personnes de 1976 à 2009, le Mediator pourrait avoir fait de 500 à 2 000 morts, selon des rapports officiels. « Il nous reste quelques milliers de dossiers à examiner. Il est donc trop tôt pour établir un bilan », déclare le directeur de l’Oniam, Eric Rance, cité par Le Parisien. « Il est vrai cependant que la situation est plus compliquée que prévu. »
« Continuer de se battre »
Irène Frachon, pneumologue à l’origine de la révélation du scandale du Mediator, estime dans Le Parisien que « les laboratoires Servier font pression sur la commission », mais promet de « continuer à se battre ».
« Il est quand même incroyable que l’Etat ait décidé de retirer ce médicament en s’appuyant sur des études prouvant sa dangerosité et que, deux ans plus tard, un collège d’experts prenne des décisions souvent contraires », conclut la pneumologue brestoise.