blog du Npa 29, Finistère
La nouvelle mouture de la taxe carbone, préparée par le gouvernement après la censure du Conseil constitutionnel, conserve tous les défauts de la première.
Après le camouflet infligé par le Conseil constitutionnel au gouvernement, celui-ci prépare un nouveau texte législatif sur la contribution climat énergie, ou taxe carbone.
La principale objection du Conseil concernait l’exonération dont bénéficient des entreprises qui participent au marché des droits à polluer et qui, au moins jusqu’à 2013, recevront gratuitement des quotas d’émission de gaz à effet de serre (GES). Les diverses exonérations du premier texte concernent 93 % des émissions de GES, ce qui montre bien la complicité du gouvernement avec les lobbies industriels les plus pollueurs.
Mais d’autres points posent également problème et n’ont pas été signalés par le Conseil constitutionnel, comme l’exonération pour le secteur électrique, ouvrant les
portes à l’industrie nucléaire. Par ailleurs, il se déclare prêt à minorer fortement la taxe pour préserver la compétitivité économique de certains secteurs industriels.
Le problème de fond d’une telle taxe demeure, surtout pour les particuliers, qu’on veut obliger à modifier leurs comportements, sans leur offrir les infrastructures
publiques nécessaires, que ce soit dans les transports, l’habitat et le chauffage, la nourriture et l’agriculture.
Le Medef profite de l’occasion pour repartir à la charge pour n’être soumis à aucune contrainte, malgré la crise climatique. Le casse-tête du gouvernement se situe bien là.
Pour être en conformité avec l’avis du Conseil constitutionnel, il doit taxer des entreprises « soumises » aux quotas européens d’émissions de GES. Celles-ci ne veulent pas avoir l’impression de devoir payer deux fois (en réalité une seule fois jusqu’en 2013, et même au-delà pour certaines d’entre elles). Il faut donc trouver un nouveau moyen de diminuer leurs impôts, puisque désormais, la suppression de la taxe professionnelle ne suffit plus aux chefs d’entreprise.
D’où l’idée de Jean-Louis Borloo d’instaurer un système de bonus-malus pour les entreprises : après avoir fixé un taux d’émission moyen, celles-ci seront taxées si elles le dépassent ou, dans le cas contraire, récompensées par une aide à l’investissement.