blog du Npa 29, Finistère
9 avril 2010
Le préfet des Côtes-d'Armor a fait savoir qu'il autorisait l'exploitation d'une maternité porcine de 883 truies à Trébrivan. Même s'il sait que sa décision sera contestée par certains.
Un élevage modèle? «Moderne», corrige Jean-Louis Fargeas. Hier après-midi, le préfet des Côtes-d'Armor, entouré des directeurs
départementaux des territoires et de la mer, et de la protection des populations, a indiqué qu'il donnait son feu vert au projet d'une maternité porcine de 883 truies, à Ker-Anna, à Trébrivan. Un
projet qui date de décembre 2008, dans cette nouvelle mouture, et qui avait fait l'objet d'une enquête d'utilité publique. Évidemment, le représentant de l'État sait que sa décision sera très
contestée, du moins politiquement, par une partie des associations de protection de l'environnement et certains élus. Aussi, a-t-il pris soin de rester strictement dans le champ réglementaire
pour motiver son arrêté d'autorisation d'exploitation.
Pas une extension mais "un regroupement"
«L'un des rôles du préfet, c'est d'être un arbitre. Et, comme au rugby, je peux faire appel à l'arbitrage vidéo pour valider ou refuser un essai. Ce dossier, tel qu'il est présenté, ne
prête pas à la moindre contestation», a-t-il déclaré en introduction. De quoi s'agit-il exactement?
«D'une maternité qui va être utilisée par cinq élevages déjà autorisés. Ce n'est pas une extension d'élevage, mais un regroupement de truies élevées jusqu'alors
séparément», a poursuivi Jean-louisFargeas qui insiste, aussi, sur une chose: ce projet «améliore le bien-être animal». De plus, Trébrivan n'est pas située dans «une zone de bassin-versant à
contentieux ou concernée par les algues vertes». Et cette installation classée se trouve dans un secteur qui n'est pas touché par les excédents d'azote. «Au niveau de la réglementation, il n'y a
pas de problème», a argumenté Christian Schwartz, directeur départemental des territoires et de la mer. «Nous sommes ici sur des quantités de 109 kg d'azote par hectare et par an», autrement dit,
bien en dessous du seuil de 170 kg /ha/an.
65% de rejets d'ammoniaque en moins
«De plus, au niveau environnemental, ce projet permet de réduire de 12% l'azote produit aujourd'hui et de 65% les rejets d'ammoniaque», grâce à un traitement de l'air adapté. Par ailleurs, la
réserve émise par le commissaire enquêteur, lors de l'enquête publique, sur le plan d'épandage des lisiers, a été prise en compte par les exploitants.
Les parcelles les plus éloignées concernées par ce plan ne se situeront pas à plus de cinq kilomètres de l'exploitation. Et, enfin, cette maternité permet de créer quatreemplois dans une zone où le nombre d'exploitants agricoles est en baisse. Pour Christian Schwartz, il s'agit «typiquement d'un projet de développement durable». D'autant que ces 883 truies remplacent 19.000 poules dans la campagne de Trébrivan.
Note: Génial! On va quand même demander leur avis aux écolos!
Ouest France:
Le feu vert préfectoral, à un dossier qui a fait déjà couler beaucoup d’encre, risque de susciter de multiples réactions. Notamment de la part de l’association opposée à ce projet depuis le départ :" Sous le vent, les pieds sur terre". Son secrétaire a déjà fait savoir que si l’autorisation d’exploiter était donnée, son cabinet d’avocats « serait contacté dès aujourd’hui pour envisager toutes les solutions efficaces permettant de bloquer les premières pelleteuses ». Le bureau de l’association va se réunir ce soir pour mettre au point sa riposte.