PAR SOPHIE CHAPELLE (4 OCTOBRE 2011)
Le 30 septembre, la Cour d’appel de Nîmes a condamné
la Socatri, filiale d’Areva, pour « déversement de substances toxiques dans les eaux souterraines ayant entraîné une modification significative du régime normal d’alimentation des
eaux ». Les faits remontent à la nuit du 7 au 8 juillet 2008 : 74 kg d’uranium avaient été rejetés dans l’environnement aux abords du site nucléaire du Tricastin (entre Valence et
Avignon). Ce sont les employés de l’usine Socatri, localisée sur le site et en charge de la maintenance et du démantèlement de matériaux radioactifs, qui s’étaient aperçus, le 8 juillet au matin,
de l’existence d’une fuite au niveau du système de rétention de la cuve. « Selon une évaluation effectuée à l’époque, la pollution correspondait à 27 fois la limite annuelle des rejets
autorisés », rappelle le Réseau
Sortir du Nucléaire.
La Socatri devra payer une amende de 300 000 euros et des dommages
et intérêts de 20 000 euros à chacune des associations parties civiles. Selon Martine Laplante, présidente des Amis de la Terre, « Tout cela est révélateur du manque d’attention portée par Areva à ses filiales en charge des déchets et effluents radioactifs et oblige à
s’interroger sur le coût réel de la filière nucléaire dans son ensemble ». Les magistrats ont également condamné la Socatri à verser 10 000 euros pour préjudice moral à une dizaine de
riverains du site qui s’étaient aussi portés partie civile. La fin de l’impunité pour les pollutions nucléaires ?
http://www.bastamag.net/article1791.html