blog du Npa 29, Finistère
16 juin 2010 - Le Télégramme
Les salariés de l'ADMR 29 attendaient beaucoup du CE extraordinaire, organisé hier à Guipavas: la présentation du plan social et de la réorganisation du réseau devait en dire plus sur leur avenir. Un espoir vite déçu.
Hier, 180 salariés et bénévoles du réseau ADMR 29 - fédération et associations locales- ont manifesté leur désarroi sous les fenêtres
du comité d'entreprise extraordinaire organisé à Guipavas. Les dirigeants du réseau devaient présenter aux élus du CE le plan de licenciement et le plan de réorganisation du réseau d'aide à
domicile, en proie à de lourdes difficultés financières. Un courrier, envoyé par la fédération aux présidents d'associations locales, évoquait récemment le chiffre de 51 licenciements à venir,
sur 135salariés fédéraux. «On veut savoir enfin ce qui nous attend», réclame une manifestante. Mais la réunion tourne court. «Les dirigeants n'ont pas pu nous fournir les comptes certifiés de la
fédération. Il nous est impossible de prendre position sur les plans. Nous avons demandé un ajournement du CE», expliquent les élus, en ressortant de la salle.
«Notre tour ensuite?»
Parmi les manifestants, une auxiliaire de vie de Plougasnou tient une banderole: «Marre d'être pris pour des cons».
Solidaire avec les salariés de la fédération, elle s'inquiète aussi pour son ADMR: «Les licenciements concernent les encadrants qui interviennent chez nous: avec quelles répercussions sur notre
travail? Les bénévoles ne pourront pas reprendre la charge. Et si ces licenciements ne suffisent pas, ce sera ensuite notre tour?». «On a un sentiment de dégoût, grimace une secrétaire de la
fédération. Beaucoup de salariés apprennent les informations par les journaux. On est les laissés pour compte». Parmi les manifestants, certains veulent garder l'anonymat. «Je suis à la recherche
d'un emploi, raconte l'un d'eux. Même si la situation se redresse, l'ambiance au sein du réseau, le manque de communication... Ça ne me donne pas envie de rester».
Besoin des professionnels
Bénévole, Gisèle, 56 ans, témoigne: «On a besoin de professionnels compétents: pour monter les dossiers d'aide à la personne, gérer les salariés. Nous, on n'arrive plus à suivre». Pour elle, le
bénévole doit se cantonner au lien avec les personnes aidées. «Depuis la professionnalisation, on travaille beaucoup mieux. Avoir des professionnels, c'est une chance, souligne une salariée de
Plouzané, même si aujourd'hui, on aboutit à une crise». «Une en 60 ans d'existence, ça va encore», sourit sa voisine.
Les usagers, eux aussi, s'inquiètent de la pérennité du réseau, ajoute Gisèle: «Certaines personnes âgées suivent le dossier ADMR de très près. Elles savent que sans aide-ménagère, ce sera la
maison de retraite».