blog du Npa 29, Finistère
En grève
FO et la CGT de Jabil ont appelé à la grève hier. Selon Serge Roudaut (FO), on comptait « 70 % de grévistes » à la fabrication et moins dans le secteur administratif. L'une des grévistes rappelle que depuis les divers plans de licenciements, « les gens qui ont choisi de rester sont dans des conditions difficiles ». Un autre ajoute : « On ne croit plus au père Noël. » Ils demandent des garanties sur les indemnités en cas de nouveaux licenciements.
Le solaire à la rescousse
Hier était présenté le projet de rachat de Jabil par la société d'investissement américaine Mercatech. Celle-ci reprendrait l'activité actuelle, c'est-à-dire l'assemblage de centraux téléphoniques pour Alcatel. La nouveauté vient d'un projet d'assemblage de panneaux solaires photovoltaïques. Le plan prévoit que d'ici 2013, cela représente un tiers du plan de charge.
Serge Roudaut ne cache pas ses doutes : « Jabil fait déjà du photovoltaïque en Pologne et en Hongrie. On nous a toujours répondu que ce n'était pas la stratégie d'en faire en Europe de l'ouest. »
Surtout, tout va trop vite selon Isabelle Lorrain-Guillou, secrétaire CGT du comité d'entreprise. « Il faudrait parler d'avenir en trois semaines ». Ceci, alors que le montage financier s'annonce « très complexe ».
Jabil à la dérive
En 2007, la fabrication des cartes électroniques de centraux téléphoniques pour Alcatel est partie en Chine. C'était 75 % de l'activité de l'usine de Brest. Jabil ne compte plus que 185 salariés sur 693 en 2002. La diversification a échoué. Le contrat Etrali France Télécom (appareil pour les salles de marchés) arrive à terme. Les équipements pour sièges d'avions ont cessé. Alcatel se désengage mais reste le gros client.
« On perd 20 000 € par jour », assure Serge Roudaut. Jabil ressemble de plus en plus à une coquille vide. Les lignes neuves de fabrication de circuits ne tournent que « 5 jours par mois ». « On fait surtout de l'emballage », précise une salariée. Les cartes viennent de Chine, les câbles de Pologne, les coffrets métalliques de Hongrie. « Nous, on met des étiquettes Made in France ».
Que va faire Alcatel ?
Pourquoi un fonds américain lance-t-il cette activité solaire en France alors que « la Chine mène une offensive énorme et produit à perte » ? Mystère. La question se pose de savoir si l'équilibre du projet repose sur des aides publiques.
L'autre inconnue, c'est Alcatel. Dans le projet présenté, les centraux téléphoniques restent le coeur de l'activité à Brest. Mais rien ne semble plus lier la multinationale à son ancienne usine. Et encore moins avec un nouveau repreneur.