Ce lundi après-midi, devant le conseil des prud’hommes d’Angers, l’ex-réceptionniste du magasin Carrefour « Grand Maine » a contesté son licenciement pour faute grave. Le
23 juillet 2009, il avait été mis à la porte pour avoir accepté deux cageots de 12 salades de la part d’un fournisseur. Aucun préjudice pour le magasin mais le salarié était licencié sur
le champ sous prétexte qu’aucun employé ne doit accepter un cadeau d’un fournisseur.
Menotté pour 12 laitues
« C’est une vengeance personnelle ! » L’avocat du licencié, Me Bertrand Salquain n’en démord pas : « Tout démarre en raison d’une
embrouille sur un pare-douche endommagé que mon client avait récupéré au magasin pour la somme symbolique de 4 €. Un vigile de Carrefour le voulait aussi. » Et l’avocat
de dire ouvertement : « Certains vigiles font la loi ! »
Ce matin-là, le 9 juin 2009, alors que le livreur de salades dépose ses cageots au magasin Carrefour d’Angers, il en met deux de plus aux pieds du réceptionniste qui s’empresse de les
ranger dans son coffre de voiture, stationnée un peu plus loin.
« Le vigile l’a suivi avec la caméra de surveillance et l’a dénoncé, explique Me Salquain. Deux heures plus tard, mon client, syndiqué à la CFDT, sortait
du magasin menotté pour 12 laitues qui allaient être destinées à la destruction. » Et de demander 20 000 € de dommages et intérêts : « Il a
perdu son emploi. Une sanction disproportionnée pour quelqu’un qui travaillait depuis 7 ans dans le magasin. »
Le règlement intérieur de Carrefour interdit les cadeaux
En réponse, l’avocate du magasin Carrefour, Eloïse Philippot, du barreau de Paris a soutenu que l’ex-réceptionniste avait abandonné son poste quelques minutes « sans
dépointer » Et de marteler, en présence du directeur du magasin, présent à l’audience : « Le règlement intérieur stipule bien
qu’un salarié de Carrefour ne peut accepter aucun cadeau d’un fournisseur, même des salades ! »
Réponse du conseil des prud’hommes le 7 novembre.
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Angers.-Licencie-pour-douze-salades-au-magasin-Carrefour_40774-1980336_actu.Htm
Commentaire:
Il y a bien évidemment derrière toutes ces affaires un combat idéologique! Ce ne sont en aucune manière les laitues qui sont en cause. Il s'agit, dans une période de crise où reviennent
des situations décrites par Victor Hugo et Emile Zola, d'éviter par l'intimidation, le pillage de denrées alimentaires par des "salauds de pauvres" qui ne pourraient faire autrement. Il faut
réaffirmer haut et fort la suprématie absolue de la "propriété privée" sur les besoins vitaux des "salauds en casquette". Mais les misérables finissent par descendre dans la
rue!
Garre à " Gavroche2, le retour"!
Produits périmés, bons de réduc, le « vol » obsède les
patrons (Rue 89)