blog du Npa 29, Finistère
16 juin 2012
À l'école maternelle Bugeaud, à Brest, Makhdi, Mata, Souyana et Dulguun étaient des «bons élèves». Déplacés mardi vers Bénodet, les enfants et leurs familles -demandeurs d'asile- bénéficient d'un vaste élan de solidarité.
Laurence Perron, professeur des écoles en grande section, ne voudrait surtout pas tirer les draps à elle seule mais elle veut bien
expliquer la belle chaîne de solidarité qui s'est mise en place à la suite du départ brusque et imprévu d'enfants «que je veux revoir».
Crayons, nourriture...
Comme souvent dans pareil cas, les nouveaux moyens de communication ont chauffé sec pour échanger infos et actualités. Pour faire le point, également, sur les
manques patents de ceux qui vivent sous tente. «Une aide de la vie scolaire a fait le trajet jusqu'à Bénodet, pour voir comment ils allaient», explique Laurence Perron. «J'ai profité de son
voyage pour demander aux parents d'apporter des produits de première nécessité et un peu d'argent».
Succès complet. La chaîne a fonctionné à plein et l'aide à la vie scolaire a emporté avec elle des crayons, des coloriages, de la nourriture, des livres offerts par la «Petite Librairie» et un petit pécule. Laurence Perron se chargera du reste en allant, demain, au pique-nique organisé là-bas par l'association des parents d'élèves. Hier, «ça a été impressionnant», dit-elle en contemplant les sacs qui s'entassent au fond de sa classe. Encore de l'argent. Des produits d'hygiène. Des DVD.
Tout le monde a mis la main à la pâte. «Maintenant, je crois que les services sociaux doivent prendre le relais», estime l'institutrice qui a chargé sa voiture
jusqu'au balai d'essuie-glace arrière, «mais quand nous avons su que rien n'avait été distribué à manger mardi soir et mercredi, nous ne pouvions pas laisser les choses perdurer».
Tendres pensées
Reste que la chaîne de la solidarité ne s'arrêtera pas brusquement. Si une solution a pu être trouvée dans le Sud-Finistère pour la scolarisation des enfants (*),
Laurence Perron tonne que «leurs places sont ici!
Dans la classe, on parle de Makhdi tous les jours avec les élèves. Je donne des nouvelles aux enfants, à ses amis. On ne peut pas l'oublier. On voit sa place avec
son étiquette». Elle ponctue: «Il nous manque, quoi». Hier, les enfants de la grande section ont pris un peu de temps pour lui faire quelques dessins. Ils continueront. La solidarité ne s'arrête
pas aux dons, même si Laurence Perron enrage de savoir «que l'on fait dormir une famille de cinq dans quatre lits» et «que personne là-bas n'est même capable de garantir un peu de
chauffage».
*Dès lundi, en accord avec l'inspection d'académie, huit enfants en âge scolaire des cinq familles de réfugiés accueillies au centre de vacance d'EDF seront
scolarisés dans les classes du groupe scolaire de Kernevez de Bénodet. Ils déjeuneront à la cantine et bénéficieront du transport scolaire.