blog du Npa 29, Finistère
4 janvier 2013
Mobilisé autour de la situation de deux familles de migrants, «Urgence: un toit pour tous» maintient la pression sur les services de la sous-préfecture. Hier, après une journée d'attente, les familles ont atterri sous la croix de Saint-Louis.
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Depuis deux jours, la situation de deux familles nouvellement arrivées à Lorient est au centre des
préoccupations du collectif «Urgence: un toit pour tous» (voir Le Télégramme d'hier). Une dizaine de membres ont investi la
sous-préfecture, mercredi, pour accompagner ces deux familles du Kosovo et d'Arménie. Le coup de force a, une nouvelle fois, opposé les militants et les
services de l'État, qui ne semblent pas vraiment s'accorder sur certains points de législation. Quand un porte-parole de la sous-préfecture affirmait que les demandeurs d'asile devaient se
faire enregistrer à la préfecture de Rennes pour être pris en charge ensuite à Lorient, les membres du collectif assurent qu'il n'en est rien et que la
législation a changé depuis un an. Au passage, ils rappellent que «c'est bien l'État qui doit permettre aux demandeurs d'asile de résider en France pendant le temps d'instruction de leur
dossier». Un premier rendez-vous a été donné à l'une des familles le 14 janvier. Et les deux familles ont finalement été hébergées à l'hôtel mercredi soir.
La course pour trouver un toit
Une solution temporaire qui n'a, bien entendu, rien résolu. Le lendemain, (hier) les membres du collectif sont revenus aux nouvelles. «Les familles ne sont pas
parties vers Rennes comme cela avait été convenu avec la sous-préfecture. On ne sait pas ce qui s'est passé», commente une militante devant les grilles désormais gardées par les forces de
police. L'attente s'installe. Un dialogue entre les services de la sous-préfecture, relayés par les agents des Informations générales, se met en place. L'objectif: trouver un toit aux deux
familles. «On ne peut pas les laisser dormir dans la rue, il y a des enfants de 4 à 10 ans», s'insurge une militante. Devant les grilles et sous les lumières de la fête foraine, les gamins
tentent de conjurer le froid en courant sur les pavés. Leurs parents sont ballottés entre espoirs et fausses bonnes nouvelles. Vers 17h30, les deux familles se rendent à la mairie. Elles sont
doucement invitées à quitter les lieux et à repasser.
Sur les bancs de l'église
Retour à la case sous-préfecture. Et, toujours, l'attente d'une réponse pour la semaine, pour un soir... L'agacement des militants se fait sentir. «On sent qu'on
nous mène en bateau. La sous-préfecture joue la montre pour nous décourager». La nuit est à présent tombée, accompagnée de son manteau glacial. L'urgence se fait plus présente. Entre les
militants, un mot d'ordre est lancé: «On ne peut plus attendre». Un petit groupe se rend à l'église Saint-Louis, demande à discuter avec le prêtre. Repli vers Saint-Louis. La nouvelle tombe
bientôt sur l'un des portables: «La sous-préfecture vient de nous avertir qu'ils n'avaient pas de solutions d'hébergement pour ce soir». Colère et cris d'exaspération. Les familles sont
épuisées. Squattant les bancs et observant la crèche de l'église, elles semblent se demander ce qu'elles font là.
L'urgence revient demain
Tout aussi dérouté, le Père Gwenaël Maurey fait son apparition. «Je suis bien embêté...», commence-t-il devant cet attroupement, avant de trouver des solutions:
les familles sont conduites vers une petite salle paroissiale, à l'arrière de l'église. On repousse les chaises de la salle de réunion, des vivres sont amenés. Bientôt, un petit campement de
fortune, avec des matelas, sera installé. «Contrairement à ce que peut dire la ministre, l'église accueille et sait ouvrir ses portes», commente, dans un sourire un peu las, le Père Maurey. La
course contre la montre est gagnée pour cette nuit. Demain? C'est une autre histoire.
Le collectif appelle à un rassemblement devant la sous-préfecture ce matin.
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