blog du Npa 29, Finistère
26 janvier 2010 à 07h43 Le Télégramme
Le premier tir de missile M51 à partir d’un sous-marin en plongée est programmé pour les toutes prochaines heures. Une infomation non confirmée par la Marine nationale.
Selon Jean-Dominique Merchet, qui publie l’information sur son blog "Secret Défense", le sous-marin nucléaire Le Terrible est sur le
point de s’employer à la tache. Spécialement transformé pour accueillir cette nouvelle arme, Le Terrible était encore à l’Ile-Longue la semaine dernière mais tout indiquait qu’une opération de
grande ampleur était en cours.
50 tonnes à faire décoller
Ce tir serait le quatrième essai du genre, les trois premiers ayant été effectués du centre d’essais de Biscarosse, dans les Landes. Après un tir inaugural à terre et au moins un autre à l’aide
d’un caisson, il s’agirait du premier lancement à partir d’un sous-marin en plongée.
Pour ce faire, le sous-marin Le Terrible a subi d’importantes modifications de ses tubes et systèmes de mise à feu, ce nouveau missile étant plus large, plus long
(12 m), plus lourd (plus de 50 tonnes) et largement plus puissant que son prédécesseur le M45. Cette nouvelle arme de dissuasion, assemblée et mise au point sur le site ultra-secret de Guenvenez,
dans la presqu’île de Crozon, serait capable de frapper beaucoup plus loin que son prédécesseur, soit à plus de 8.000 km de distance. Chaque missile étant équipé de cinq à six têtes pouvant être
dirigées indépendamment sur autant de cibles spécifiques.
Au large du Brésil ou du Canada
Habituellement tirés au large du Sud-Finistère, ces missiles nucléaires s’apparentent à des petites fusées Ariane. Cette maquette de tir, selon l’expression consacrée de la Marine, est évidemment
lancée sans tête nucléaire et est programmée pour s’écraser dans un carreau d’une centaine de mètres situé au large du Brésil ou du Canada.
Ce qui n’est pas sans engendrer certaines crispations au niveau de ces états. Chaque tir, qui fait l’objet du plus grand secret, demande de complexes autorisations
d’utilisation de couloirs et d’espaces aériens. Opération délicate À bord du sous-marin, l’opération est loin d’être anodine puisqu’il s’agit de faire décoller d’un bâtiment immergé une petite
fusée de plusieurs dizaines de tonnes, chargée de propergol solide.
La puissance de l’engin qui évolue à Mach 15 (près de 20.000 km/h) lui permet de traverser l’Atlantique en moins de 15 minutes. L’opération n’est pas dénuée de risques, surtout dans le cadre d’un équipement testé pour la première fois en configuration réelle. À noter que le Monge, le grand navire blanc, bardé d’antennes et basé à Brest, est intimement lié à l’opération. Sa position étant également tenue au secret.