blog du Npa 29, Finistère
Pourquoi la fédération est sous procédure de sauvegarde ?
L'Association d'aide à domicile en milieu rural (ADMR) du Finistère regroupe 92 associations (3 700 emplois, 28 000 personnes aidées) et une fédération (149 salariés, 900 000 € de déficit en 2008, selon la CFDT). Le déficit global était de 5,5 millions d'euros en 2008, de 3,5 millions en 2009. Le 7 décembre 2009, le tribunal de grande instance de Brest a ouvert une procédure de sauvegarde à la demande de l'association. Elle ne concerne que la fédération. Ses dettes ont été gelées pour six mois, période renouvelable jusqu'à deux fois et un administrateur judiciaire nommé pour assister les gestionnaires.
C'est quoi une procédure de sauvegarde ?
Elle vise à offrir au débiteur en difficulté, mais non encore en état de cessation de paiements, la protection de la justice qui le met à l'abri de ces créanciers le temps d'élaborer avec eux un plan de sauvegarde. Et ce, pour assurer la pérennité de l'entreprise.
Où en est-on ?
Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant la fédération est contesté par les élus du comité d'entreprise (CE), pour vices de forme notamment. Ce PSE concernerait 52 licenciements secs. Le CE et la CFDT ont lancé une procédure en justice contre la gouvernance. Cette action est inscrite à l'audience de référés du tribunal du lundi 8 novembre. Elle pourrait conduire à la nullité du PSE. Ce même jour, le tribunal entendra aussi la fédération ADMR dans le cadre de la procédure de sauvegarde qui a été renouvelée le 14 juin, et qui prend fin le 7 décembre 2010.
Pourquoi un dialogue de sourds entre gouvernance et CE ?
Au terme des trois réunions légales du PSE, les élus du CE estiment que la gouvernance n'a pas répondu à leurs questions : « Les critères de départ au cas par cas ne sont pas cohérents ; l'organisation d'après PSE nous semble floue. Nous ne voulons pas signer un chèque en blanc alors que la fédération ne nous dit pas tout. » Une dernière réunion, mardi, à Saint-Ségal, au cours de laquelle les détails du plan devaient être communiqués aux élus, s'est une fois de plus terminée sans réelles avancées.
La suite ?
L'affaire est en effet à nouveau audiencée lundi prochain pour statuer sur la suite à donner à la procédure de sauvegarde. Soit la période d'observation est prolongée (si il y a demande du ministère public). Dans ce cas, la gouvernance doit présenter un plan de remboursement de la dette (5,8 M€) sur dix ans. Et si un plan de sauvegarde ne peut être homologué, le tribunal peut prononcer l'ouverture d'un redressement judiciaire voire une liquidation : « La fédération est-elle en cessation de paiements ? » se demande un élu, précisant qu' « aucun compte certifié ne leur a été présenté ». À cela se greffe la demande de la CFDT de la reconnaissance du réseau ADMR en une seule et même entité appelée Unité économique et sociale (UES). Là, le tribunal rendra sa décision le 2 décembre.
Ludovic LE SIGNORet Sophie MARÉCHAL