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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:02

laposte

Social mercredi 06 mars 2013
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Jean-Claude Lessard et Ludovic Jolivet, conseillers régionaux, ainsi qu’Yvonne Guillou et Michel Loussouarn, conseillers généraux, membres de la Commission départementale de la présence postale territoriale (CDPPT), soutiennent les neuf facteurs du bureau de poste de Plogonnec qui contestent leur mutation au futur centre de tri postal douarneniste.

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« Depuis novembre, ces facteurs demandent une véritable concertation dont ils ont été privés par leur direction. La municipalité de Plogonnec déplore aussi cette décision brutale et l’absence de concertation avec les élus locaux […]

 

« Lors de la réunion de la CDPPT lundi, nous avons interpellé la Poste à ce propos et nous nous sommes entendus dire qu’il ne relève pas des attributions de la CDPPT d’évoquer ce dossier alors que la commission a vocation à rendre des avis sur la présence postale dans le département.

 

« Dans l’affaire de Plogonnec, nous regrettons que le volet humain ait été abordé en dernier lieu alors qu’il aurait dû l’être en priorité. Le semblant de concertation amorcée tardivement avec les facteurs se borne à faire entériner une décision qu’ils rejettent.

 

« Egalement privés d’informations en amont de ce projet, nous déplorons la désinvolture dont a fait preuve La Poste et demandons instamment que la décision de transfert vers Douarnenez soit ajournée afin que les conditions d’un véritable dialogue soient enfin instaurées. La crédibilité de la Poste est à ce prix ».

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http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Futur-centre-de-tri-postal-de-Douarnenez-des-elus-soutiennent-les-facteurs-de-Plogonnec_40771-2170127-pere-bre_filDMA.Htm

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:20
medef-copie-1
Social lundi 04 mars 2013
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Parce qu’elle estime que l’accord signé le 11 janvier à l’issue des négociations nationales « dites de sécurisation de l’emploi » « remet en cause les droits des salariés », l’union locale CGT appelle « à participer à l’action nationale, mardi à 11 h, place de la Résistance à Quimper, à Quimperlé, Brest et Morlaix ».

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« Régression sociale »

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« CGT et FO ont refusé de signer cet accord, explique Gaëlle Moallic, au motif qu’il organise, entre autres, la mobilité interne forcée (sous menace de licenciement), un accès plus difficile aux prudhommes, la remise en cause du temps de travail et des salaires, la réduction du champ d’actions des inspecteurs du travail, etc. »


Gwénaël Marzin ne dit pas autre chose : « C’est la fin du CDI et la flexibilité pour tous. Avec cet accord de régression sociale, le patron aurait toujours le dernier mot. » Mercredi, au lendemain de la manifestation, le projet de loi doit être présenté au conseil des ministres, avant un vote au Parlement en mai. « Il n’est donc pas trop tard », espèrent les militants syndicaux.

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http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Douarnenez.-La-CGT-appelle-a-manifester-mardi_40771-2169393-pere-redac--29019-abd_filDMA.Htm

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 11:59
Social vendredi 25 janvier 2013
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Sobrement inititulé « Solidouanités, fin d’un chapitre », un communiqué de Monique Prévost a annoncé, hier, l’arrêt des Solidouarnités.

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« Après Asteel, Quenet Marée, l’ADMR, Pôle Emploi, Lagassé, la Coop maritime, l’Antigone Z… Après les actions d’éducation populaire sur l’emploi et la jeunesse, après la création d’une Cigales pour favoriser l’économie solidaire, le collectif les Solidouarnités souhaite laisser ses membres plus disponibles pour d’autres investissements, mais reste vigilant et saura encore mobiliser si l’actualité sociale l’exige… »


Pour clore ce chapitre, une soirée conviviale est organisée, à laquelle « tous les acteurs qui ont participé d’une manière ou d’une autre à la réussite de ces événements, sont invités ». La soirée débutera par la projection du documentaire de Gilles Balbastre, Fortunes et infortunes des familles du Nord, et se poursuivra par le verre de l’amitié

  des Solidouarnités, avec du saumon fumé. « On peut, au choix, participer aux deux séquences, ou à une seule ! » 

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Mercredi 30 janvier, à 18 h 30, MJC de Douarnenez. À 20 h, verre de l’amitié et saumon fumé.

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http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Douarnenez.-Arret-des-Solidouarnites-le-collectif-reste-vigilant_40792-2157354_actu.Htm

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 11:07

douarn

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29 janvier 2013 

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L'Antigone Z, un cargo frigo panaméen, est immobilisé au quai du port de pêche de Douarnenez (29) depuis dix mois.

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Les démarches administratives sont longues et complexes pour que la puissance publique déplace un cargo qui a encore un propriétaire, même si celui-ci est défaillant, étranger qui plus est. En décembre, la justice a donné son feu vert.

Interdit de quitter le port avec ses eaux usées

Ces derniers jours, le navire a bien été conditionné en vue de son remorquage. Mais les eaux usées du bateau n'ont pas été évacuées, alors que dix hommes d'équipage ont vécu à bord pendant un mois, en grève à Douarnenez. Idem pour les eaux de cales de ce bateau de 78m, chargées d'hydrocarbures.

 

Réparations, assurance, remorquage, déballastage...

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Cette succession d'opérations réalisées sur fonds publics, dont le montant total s'élèvera à plusieurs dizaines de milliers d'euros, en plus de la gêne que constitue la présence de ce navire «ventouse» pour l'activité portuaire, vient conforter le combat que mène l'association brestoise Mor Glaz.

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Jean-Paul Hellequin, son président, doit être reçu demain au Sénat, pour plaider pour une refonte de la loi sur le constat d'abandon des navires. «Il faut donner aux autorités les moyens juridiques d'aller plus vite et d'être plus sévères envers ces mauvais acteurs du transport maritime international».

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http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/armateur-defaillant-la-facture-s-alourdit-pour-l-antigone-z-29-01-2013-1986961.php

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 13:05
Social mercredi 23 janvier 2013

Dans un communiqué, le syndicat CGT des marins du Grand-Ouest annonce qu’il mènera, ce jeudi, une opération symbolique « à bord de l’Antigone Z, cargo abandonné par son « pseudo-armateur » depuis le mois d’avril », et ce, aux côtés de l’union départementale CGT, du syndicat de la métallurgie de Brest, de l’union locale CGT de Douarnenez, du syndicat CGT des marins de Concarneau, de l’association Mor Glaz, d’Attac, etc.

 

« Une action non violente, mais déterminée, organisée pour attirer l’attention sur les abandons de marins et des navires dans les ports français, européens et partout dans le monde, navires de commerce et de pêche. »


Jeudi 24 janvier, de 14 h à 15 h, au Rosmeur.

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http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Douarnenez.-Antigone-Z-une-manifestation-jeudi_40771-2156473-pere-redac--29019-abd_filDMA.Htm

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 10:24
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KHAOS


"Khaos, les Visages Humains de la crise grecque"

 

au Club le Jeudi 29 Novembre

 

à 20  h 30

 

dans le cadre d'un partenariat entre:

 

Toiles d'Essai et le Collectif Cornouaille pour l'Audit Citoyen de la Dette.

 

Réalisé par Ana Dumitrescu, le film aborde, à partir de nombreux témoignages et portraits, la vie quotidienne du peuple grec. Il nous plonge dans les profondeurs de la "crise grecque" et de ses conséquences concrètes pour les gens ordinaires. Ana Dumitrescu nous donne ainsi à voir une vision très humaine de ce que les politiques d'austérité conduites par la "Troïka" (FMI, Commission européenne, Banque Centrale Européenne) impose aux Peuples; le Peuple grec aujourd'hui, les Peuples européens demain.

Le film sera suivi d'un débat avec les membres su Collectif Cornouaille pour l'Audit Citoyen de la Dette

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 13:26
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Politique samedi 24 novembre 2012  
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Une cinquantaine de personnes se sont réunies ce samedi matin à Douarnenez, pour signer la pétition de l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes).

En Loire-Atlantique, cette association lutte contre la création d’un second aéroport à Nantes dans les communes de Notre-Dame-des-Landes, Grandchamp-des-Fontaines, Vigneux-de-Bretagne et Treillières.


Objectif des manifestants douarnenistes : renseigner sur la création imminente d’un comité de soutien aux opposants à l’aéroport du Grand-Ouest et sur l'organisation d'une réunion d’information à Douarnenez.


Ce rassemblement, pendant une heure sous la pluie, « traduit une amplification de la mobilisation à la suite des déclarations, vendredi à Lorient, du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, et surtout du durcissement, ce samedi matin, de l’intervention en Loire-Atlantique », explique Elsa Corre.


Le week-end dernier, une vingtaine de Douarnenistes s’étaient déplacés en autocar pour le rassemblement à Notre-Dame-des-Landes.


Ce samedi matin, à Audierne, une autre manifestions pacifique a également eu lieu devant la mairie.


Renseignements par courriel (comitedesoutienNDDLDz@gmail.com).

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Douarnenez.-Une-cinquantaine-de-manifestants-contre-l-aeroport-de-Notre-Dame-des-Landes_40792-2136722------29046-aud_actu.Htm

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 13:13

3106

http://asmsfqi.org/

 

Sardinières : une grève de la misère

Quoi qu’en disent les patrons et les journaux à leur solde, la grève des sardinières et des manœuvres d’usines est purement économique. C’est la vie chère qui a poussé les ouvriers à la grève ; ce sont les privations qu’ils endurent depuis des mois et des mois qui les ont fait sortir de l’usine. Cette grève n’a qu’une seule et unique cause : les salaires dérisoires ; et qu’un but : l’augmentation de ces salaires. Les ouvrières, qui touchent actuellement 0 fr. 80 de l’heure, demandent 1 fr. 25 et les manœuvres qui sont à 1 fr. 30 veulent 1 fr. 75. 

 

Situation des ouvrières des usines de conserves 0 fr. 80 de l’heure. Quelle dérision, surtout quand on connait le travail que ces ouvrières doivent fournir en période de pêche.


Dans les usines de conserves de la côte bretonne, la plus grande partie du travail — nettoyage du poisson, cuisson, mise en boite, huilage, vérification des boites, etc., est faite par des femmes. Lorsque en été, les touristes se promènent le long des plages, ils prennent souvent plaisir à s’arrêter devant les usines pour entendre les femmes chanter et certains d’entre eux trouvent cela bien gai. Mais ils ne savent pas que les femmes chantent pour rompre la monotonie du travail et surtout pour éloigner le sommeil ; ils ne se doutent pas que parfois à minuit, une heure, deux heures matin, les sardinières sont encore à la besogne, les paupières battantes, les jambes lasses, les reins brisés et qu’après quelques petites heures de repos, elles devront revenir à l’usine sans avoir à peine eu le temps d’embrasser leurs enfants, sans avoir vu leur mari revenu de la pêche la veille et reparti dans la soirée.


Le travail le plus dur est celui des cuiseuses. Toujours debout, toute la journée le visage au-dessus de l’eau ou de l’huile en ébullition, elles doivent, l’attention toujours en éveil, plonger continuellement de lourds grils chargés de poissons dans de grandes bassines remplies de liquide bouillant.


Et j’en connais qui, les jambes enflées par la station debout et ne pouvant plus marcher, furent reconduites chez elles en voiture. Pour ce travail éreintant, travail de bête de somme, ces pauvres ouvrières touchent à Douarnenez, la somme fabuleuse de 0 fr. 90 — dix-huit sous — de l’heure. Les sardinières les plus nombreuses, qui font les autres travaux, ont 0 fr. 80.

 

En pleine pêche, les ouvrières rentrées chez elles à minuit ou une heure doivent être de nouveau au travail à 7 ou 8 heures du matin, rester toute la journée et encore une partie de la nuit suivante à l’usine et cela pendant plusieurs jours et souvent plusieurs semaines de suite.


Le poisson pêché et porté à l’usine n’attend pas et il faut 15, 16, 17 heures de travail par jour. Les femmes n’ont alors que 7 ou 8 heures de repos sur lesquelles elles prennent le temps de se rendre à la maison, de préparer les repas et de soigner (!!!) les enfants en trois quarts d’heure ou une heure. On cite dans les ports de pêche les usines qui travaillent le plus et on dit : « Les femmes de chez Mr X ont eu 90 fr., 100 fr. à leur semaine ». Les chiens de garde de la bourgeoisie de s’écrier « Tout de même quel beau gain pour des femmes ».


Eh oui ! C’est beau ; mais songez un peu à ce que ce gain, insuffisant pour vivre, représente de travail : 100 francs à la semaine, c’est 125 heures de travail, c’est 18 heures par jour pendant 7 jours. Restent 6 heures pour dormir et manger. Ces chiffres sont rigoureusement exacts.


Naturellement, pendant toute la saison, le travail n’est pas aussi intensif ; qui résisterait à un pareil surmenage ? Cependant, dans une usine, en décembre dernier, moment où la pêche était loin d’être abondante, les femmes ont 80 heures de travail en 5 jours et cela les unes pour 64 fr. et les autres pour 72 francs.


Pour compléter ce tableau, nous devons ajouter que les heures de nuit ne sont payées que 0 fr. 80, même somme que celles de jour et que le temps passé à l’usine à attendre l’arrivée du poisson, la fin du salage, du séchage (si le poisson séché au soleil), ou le refroidissement du poisson après la cuisson, n’est pas payé. Dans les autres ports, même situation, mêmes conditions de travail. A Audierne, au Guilvinec, Penmarch, etc., les salaires sont encore plus dérisoires : 0 fr. 70 de l’heure, et à Concarneau, où les ouvrières travaillent à la tâche, au mille (sardine) ou à l’unité (thon), tout compte fait, elles ne gagnent pas beaucoup plus qu’à Douarnenez. L’exploitation est aussi éhontée. Les femmes n’ont aucun moyen pour contrôler exactement la quantité de poisson travaillé et le tripotage est si facile !

 

Les manœuvres d’usines


La situation de ces travailleurs, occupés à l’emballage, au camionnage, aux machines, etc., est encore plus triste.

Pères de famille pour la plupart, ils doivent faire vivre leur nichée avec des salaires variant de 10 à 12 francs par jour. Aussi, pour augmenter leur maigre pitance, sont-ils obligés de faire de nombreuses heures supplémentaires de nuit payées, toujours à Douarnenez, au tarif de 1 fr. 30.


II faut les voir sortir des usines, la figure pâle et amaigrie par les privations et manger à midi (le repas du soir est aussi maigre) la soupe et le bout de pain apportés par le petit garçon ou la femme, car beaucoup habitent dans les communes environnantes, pour se faire une idée de la misère qui règne chez ces travailleurs qui ne gagnent jamais de quoi vivre convenablement. A Audierne et dans les autres petits ports, la vie des manœuvres qui ne gagnent qu’un franc de l’heure est tout aussi misérable.

 

Pas d’organisation syndicale


Pour se défendre et arracher aux patrons un peu de mieux-être, les ouvriers et ouvrières d’usine des ports bretons n’ont aucune organisation syndicale. Ces travailleurs, avant la grève, n’avaient pas encore compris l’utilité du syndicat. Les quelques essais d’organisation d’avant-guerre n’ont pas tenu dans la tourmente et il y a un mois il n’existait aucun syndicat d’ouvrières, aucun syndicat de manœuvres et les syndicats de marins pêcheurs n’avaient que des effectifs squelettiques.


Nous savons bien que chez un grand nombre de travailleurs des ports, chez les marins en particulier, il existe un esprit de révolte bien marqué, et qu’en cas de conflit avec les usiniers ou mareyeurs, ils seront tous prêts à la lutte et viendront au syndicat, mais le conflit terminé, chacun reprend la mer ou l’usine et oublie la cotisation qu’il faut verser.

Peut-être que les conditions de travail des marins-pêcheurs expliquent en partie cela : difficulté de trouver un secrétaire qui soit toujours au port, difficulté de réunir et de toucher les adhérents pendant la saison de pêche, surtout si le poisson donne bien dans un autre port, chômage d’hiver, mais cependant je crois qu’un effort continu fait par les organisations centrales donnerait des résultats.


Pour les ouvrières et manœuvres, encore dans certains ports sous la coupe des curés, on peut dire qu’ils « renaissent » à la vie syndicale. Je dis « renaissent », car quoi qu’en disent certains journaux parisiens, il y a eu dans le passé des grèves importantes de sardinières. II faudra sans doute plusieurs mouvements, plusieurs batailles de classe encore, pour bien faire comprendre à la majorité de ces travailleurs la nécessité de se grouper solidement dans le syndicat et les buts du syndicalisme.

 

Le patronat, lui, est organisé


Si les ouvriers, femmes et hommes, ne connaissaient pas le chemin du syndicat, par contre, les patrons des usines de conserves étaient fortement organisés. Forts de l’indifférence ouvrière et soutenus par les curés qui malheureusement jouissent encore d’une grande influence dans les ports bretons, ils règnent en maitre dans les usines et ne donnent une demi-liberté aux ouvrières que contraints, la main-d’œuvre féminine faisant souvent défaut pendant la saison de pêche.


Ce sont, pour la plupart, des patrons de « droit divin ». Ils ne veulent ni reconnaitre les syndicats qui ne sont pas sous leur coupe, ni discuter avec un comité de grève composé de délégués non choisis par eux.


Ils sont d’autant plus forts qu’ils possèdent de nombreuses usines sur toute la côte bretonne et vendéenne. Si l’une des usines chôme — manque de poisson ou grève — les autres travaillent a plein rendement et les marchés passés sont quand même exécutés. Cette situation leur permet d’attendre sans trop de gêne — tout au moins pour les « gros » — des jours meilleurs. II n’en est pas tout à fait de même des petits patrons qui ne possèdent qu’une seule usine (4 ou 5 à Douarnenez). Ceux-ci sont handicapés. Si leur usine ne travaille pas, il leur est très difficile de livrer à la date fixée les commandes faites ; aussi, sont-ils parfois moins intransigeants.


Douarnenez a 21 usines de conserves, toutes en grève. On y travaille surtout le poisson : sardine, thon, maquereau, sprat. Une dizaine d’usines font en plus des conserves de petits pois.

 

On peut classer ces usines entrois catégories:


1 - Les plus grosses maisons : Amieux, 14 usines d’alimentation, poisson, légumes, confitures, chocolat, etc., dans différents ports de la côte de l’Atlantique ; Béziers, les frères Béziers possèdent 11 usines, dont 6 dans le Finistère, poisson, légumes, confitures. A Douarnenez, Béziers a aussi une fabrique de boites vides. Saupiquet (10 usines).

2 - D’autres ont plusieurs usines sur la côte ou dans le pays (de 6 a 2): Chemin, Dandicolle et Gaudin, Eugène Jacq, Azema et Farnan, Lejeune, Compagnie Générale, Pennanros (cadet), G. Doré, Poriel, Roussel, Chancerelle Charles, Chancerelle Pierre, Chancerelle Robert.

3 - Enfin, les cinq patrons suivants ne possèdent que leur usine de Douarnenez : Quero, Guy, Lotzachmeur, Parmentier, Pennamen. Ce sont eux qui souffrent le plus de la grève.


A ces usines, ajoutons les deux fabriques de boites vides ; Ramp (nombreuses actions possédées par la famille Chancerelle) et Carnaud des forges de Basse-Indre, affilié vraisemblablement au Comité des Forges ; et la biscuiterie de Bretagne, en grève également, où tous les fabricants de conserves et les mercantis douarnenistes ont des actions.

L’âme de la résistance patronale est M. Béziers, président de la chambre patronale. Homme dur et froid, au visage amaigri, dont le masque respire une impressionnante impassibilité ; il s’entend à merveille pour l’exploitation de son industrie.


Toujours maitre de lui, M. Béziers parle lentement, surtout quand il traite une grosse affaire ; tous ses mots sont pesés et il sait bien, dit-on, à la manière du père Grandet, arracher aux divers courtiers les plus fortes remises.

Né dans la conserve, il suit les méthodes de son père, qui s’est rapidement enrichi, et malgré des dehors frustes, il possède un capital immense sans cesse accru.


« Soyez brefs,déclare-t-il aux clients qui l’approchent, nos instants et les vôtres sont précieux ». Et ceci dépeint l’homme dont le principal souci semble être d’accumuler sans arrêt. Et nous ajoutons que la manie de thésauriser aussi bien que la crainte des temps futurs ont fait de ce patron un neurasthénique aigu. Une très grande partie de son avoir, aux dires des mieux renseignés, consiste en biens immobiliers, dont le lot formidable vient de s’accroître de la propriété du prince Murat à Callac (Côtes-du-Nord) qu’il a récemment acquise.

Et voila l’homme qui ose affirmer que les salaires de 0 fr. 80 et 1 fr. 30 de l’heure« permettent aux ouvriers d’avoir un niveau de vie normal ».

 

La Greve s’ébranle


Avant la grève, et depuis quelques semaines, il y ayait déjà une certaine effervescence dans les usines ; des grèves partielles éclatèrent fin octobre, début de novembre.

Ce sont d’abord les mécaniciens de l’usine Ramp (boites vides). après trois jours de grève, ils rentrent avec 0 fr. 10 d’augmentation de l’heure. Ensuite, les manœuvres de l’usine Roussel s’agitent et réclament 1 fr. 50 de l’heure. Un groupe d’ouvrières de l’usine Béziers suit et demande une augmentation de salaires. Quatre d’entre elles sont remerciées.


Puis c’est la grève locale. Elle éclate le vendredi 21 novembre. Le personnel de l’usine Carnaud — fabrique de boites vides — sort le premier et réclame 1 franc de l’heure pour les ouvrières et 1 fr. 50 pour les manœuvres. Le samedi, l’autre usine métallurgique entre dans le mouvement, bientôt suivie de la biscuiterie, de la filature et de toutes les usines de conserves.


Le mardi 25, la grève est générale. 2 200 grévistes sont dans la rue.


Dans quelques usines de conserves, les ouvrières sont sorties, laissant du poisson non-travaillé sur les tables. D’où fureur patronale. Remarquons tout d’abord que ce poisson ne fut pas perdu. Les rares employés restés à l’usine (commises, acheteuses, gérant, patrons même) le travaillèrent.


Si les patrons se plaignent, tant pis. Les ouvrières se sont défendues en employant le seul moyen qu’elles possédaient : la grève. Et comme il n’existait pas de syndicat, la grève n’a pu être préparée et le mouvement ne pouvait être que spontané, comme il l’a été.


Au début de la grève, le manque d’organisation syndicale se fait sentir ; il y a un peu de flottement. Tout le monde n’est pas d’accord sur les revendications. Puis le mouvement se discipline. Avec l’aide des camarades Lucie Colliard, Simonin, délégués de la C.G.T.U., et Tillon, de l’Union régionale, un Comité de grève s’organise et le cahier de revendications est établi   

 

Mensonges  patronaux


Dans la première semaine de grève, le juge de paix tâche, mais en vain, d’arranger le conflit. Les patrons ne veulent rien entendre, sous prétexte que les camarades qui dirigent le mouvement ne leur plaisent pas. Ils répondent au juge en disant que :


1° La grève n’est pas économique, c’est une grève politique, révolutionnaire et communiste ;

2° Les ouvriers n’ont pas respecté le contrat de travail signé le 8 février 1924 qui prévoyait la révision des salaires à dates fixes ;

3° Ils sont décidés à donner 0 fr. 90 de l’heure aux ouvrières et l fr. 40 aux manœuvres, à partir du 1er janvier 1925 et que cette décision est nette et irrévocable.


Les premiers pourparlers s’arrêtent là. Avant de continuer, examinons un peu cette lettre.


a) Grève révolutionnaire. Mensonge. Inutile de s’appesantir. Si réclamer
1 fr. 25 et 1 fr. 75 de l’heure, quand on ne gagne que 0 fr. 80 et 1 fr. 30, c’est vouloir faire la révolution, les patrons se trompent et pas d’un peu. Ce mauvais prétexte est d’ailleurs servi par le patronat dans toutes les grèves.

b) Le contrat du 8 février n’a été signé que par un patron M. Ramp. Il ne concerne qu’une fabrique de boites vides. Il ne lie en rien le personnel des usines de conserve qui n’ont aucun contrat. Les patrons veulent tout simplement essayer de tromper la population en faisant croire que ce contrat était applicable à leurs usines. De plus, l’article 3 qui prévoyait la révision des salaires n’a jamais été appliqué. Le patron se gardait bien de faire honneur à sa signature.

c) L’augmentation prévue. Deux sous et au 1er Janvier seulement. N’est-ce pas vraiment se moquer des travailleurs de Douarnenez ? Alors qu’à Concarneau, pour le travail des petits pois, payé à l’heure, les femmes ont eu à la saison derniere 1 fr. 15, les mêmes patrons offrent généreusement aux ouvrières douarnenistes 0 fr. 90 pour le même travail. Un coup d’œil sur les salaires payés à l’usine Dandicolle et Gaudin, de Banalec (conserves de légumes) — cette maison a aussi une usine à Douarnenez — suffira pour démontrer la mauvaise foi et l’intransigeance patronale.


A Banalec, les manœuvres hommes touchent 1 fr. 75 de l’heure. Les ouvrières femmes ont 1 fr. 20 et les jeunes filles 1 franc. Donc, si la maison Dandicolle et Gaudin peut donner à Bannalec 1 fr. 75 et 1 fr. 20, elle peut, et les autres patrons peuvent, donner ces mêmes salaires à Douarnenez.


Nous devons dire que pendant les quinze premiers jours de grève, tout se passe dans le calme. Tous les jours, les grévistes se réunissent dans un jardin communal ; les manifestations, suivies par de nombreux pêcheurs, parcourent la ville sans incident et le soir, sous les halles, toute la population travailleuse de Douarnenez se trouve réunie.

En ville, pas ou peu de gendarmes. On ne les voit pas. Ils restent a Ploaré, commune avoisinante et ne descendent pas.


Dès la première semaine, on se préoccupe également des secours. Des souscriptions sont faites en ville et les gros sous des organisation commencent à arriver. Des soupes communistes sont installées dans les locaux de la cantine scolaire mis à la disposition des grévistes par la municipalité et fonctionnent tous les jours à midi.

 

Incident grossi


Jeudi 4 décembre. Le premier incident de la grève grossi, grossièrement déformé et exagéré par la presse, a eu lieu ce jour-la. Témoin, je vais tâcher de le raconter sobrement.

 

Le matin, vers 10 heures, les grévistes arrêtent en ville un camion transportant à la gare des caisses de sardines. Le camion fait demi-tour, mais revient une heure après, encadré de gendarmes à cheval. Les grévistes, massés à l’entrée du pont qui conduit a la gare, l’arrêtent encore. Les gendarmes entrent brutalement dans la foule, mais ne réussissent pas à ouvrir un passage. Au moment où les gendarmes, furieux de se voir opposer une résistance, s’élancent à nouveau, le maire Le Flanchec et Henriet, député communiste, arrivent sur les lieux et se mettent entre la foule et les chevaux. Je dois dire que le maire fit tout son devoir. En essayant d’arrêter les gendarmes, qui sont revenus plusieurs fois a la charge, il a réussi à éviter une bagarre qui aurait pu devenir sanglante. Le sang n’a pas coulé, comme on l’a affirmé. Seule une jeune fille non gréviste, qui se trouvait sur le trottoir, a été renversée par un cheval et blessée à la jambe.


Vers 11 h 30, tout était terminé. Le camion ne passa pas et les gendarmes rebroussèrent chemin sous les huées des grévistes et de la population massée en cet endroit.

A la suite de ce petit incident, les patrouilles de gendarmes à cheval font leur apparition en ville. Elles ne circuleront que pendant 2 ou 3 jours. La garde des usines sera assurée sans provocation par des patrouilles de gendarmes à pied.

Le vendredi 5, le préfet du Finistère, après les rapports du capitaine de gendarmerie et des policiers, suspend Le Flanchec, qui, je le répète, n’a fait que son devoir de maire et de militant. Le soir, meeting encore plus important que les précédents, où les camarades déjà cités et D. Renoult, de l’Humanité, tirent les conclusions des incidents de la veille et du jour.

Après le jeudi 4, les secours affluent en plus grand nombre et le dimanche 7, il est décidé de faire fonctionner en plus grand les soupes communistes. Un autre local municipal est ouvert ; les grévistes auront désormais deux repas par jour assurés. A noter la sympathie de la plupart des petits cultivateurs de la région. Des quêtes sont faites a la campagne et les voitures reviennent remplies de légumes.

 

3e et 4e semaines de grève


Le mouvement continue. Pas une seule rentrée. On commence à parler d’arbitrage. Les maires des communes avoisinantes, Ploaré, Tréboul, Pouldavid, interviennent et, pour essayer de solutionner le conflit, offrent leur arbitrage. Les grevistes l’acceptent. Les patrons le refusent et maintiennent leurs décisions antérieures.

A la fin de cette semaine, une certaine agitation règne chez les patrons. Par affiches, ils annoncent qu’ils donneront 1 fr. 50 aux manœuvres au Ier janvier. Ils ne parlent pas des ouvrières. La manœuvre : diviser pour régner, était trop grossière.


Puis une usine se détache du groupe patronal, entre en pourparlers avec le Comité de grève et offre 1 fr. pour les ouvriers et 1 fr. 50 pour les manœuvres. Mais en ce moment, apres intervention de l’inspecteur divisionnaire du travail, les grévistes décident d’accepter l’arbitrage du ministre du Travail. Les pourparlers avec l’usine citée sont alors interrompus.


Du côte des grévistes, on a pris un engagement ferme d’accepter les décisions de l’arbitre. Du côté patronal, il n’en est pas de même. Ces messieurs les patrons iront causer à Paris et ensuite ils décideront s’ils peuvent accepter l’arbitrage. Il est à peu près certain qu’avant même de quitter Douarnenez, ils étaient décidés de ne faire aucune concession et de repousser l’arbitrage ministeriel. C’était tout simplement pour la galerie qu’ils faisaient le voyage. Ils allaient à Paris « par politesse ».

 

A Paris, le lundi 15 les pourparlers sont vite arrêtés. Les patrons maintiennent leurs decisions et refusent l’arbitrage.

Par son refus brutal, le patronat, responsable de la grève, qui n’hésite pas à faire régner la misère aux foyers des travailleurs de Douarnenez, portera l’entière responsabilité des incidents qui pourront se produire.

 

A Concarneau et à Audierne


Du 14 au 17 décembre, la délégation ouvrière est à Paris. Regardons ce que furent les mouvements de Concarneau et d’Audierne. Depuis plusieurs semaines, le mécontentenaent couvait chez Carnaud, principalement ; aux réclamations des ouvrières, la Direction se contentait de répondre : « Si les salaires ne vous plaisent pas, prenez la porte. »

Le 15 décembre, le personnel quittait l’usine. Peu apres, le mouvement gagnait en partie l’établissernent Chatelard. Tillon, secretaire de l’Union régionale, Bonnieu, et une délégation du Comité de grève de Douarnenez assistaient les grévistes.


Malheureusement, il n’existe à Concarneau aucune organisation ouvrière de quelque envergure. C’est en vain qu’à plusieurs reprises, cette année, Tillon et Cœff, des Inscrits, Lucie Colliard et Simonin (Alimentation) essayèrent de syndiquer un prolétariat pourtant durement exploité.


D’autre part, les fabricants de conserves firent preuve d’habilité. Quelques jours auparavant, craignant la contagion du mouvement douarneniste, ils avaient, dans les usines travaillant le sprat, porté de 35 a 45 fr. le prix du travail d’une caisse de poisson. Enchantés de cet avantage obtenu sans aucune peine, les travailleuses de ces usines voyaient d’un mauvais œil cesser la fabrication des boîtes métalliques, ce qui les aurait entrainées a un chômage forcé. Si la solidarité patronale s’effectue dans un syndicat œuvrant localement et nationalement, il règne dans le prolétariat un facheux égoïsme et un esprit de chauvinisme local qui entravent toute tentative d’émancipation : ces facheuses dispositions se manifestèrent par des injures adressées aux déléguées des grévistes de Douarnenez, faisant appel à la solidarité ouvrière.


D’autres circonstances défavorables pesaient sur ce conflit. A l’usine Chatelard, où les salaires sont très divers, un certain nombre d’ouvrières viennent de la campagne où l’usine les fait prendre le matin et reconduire le soir en camion automobile à 3 et 4 km. C’est là un personnel docile et qui se contente de peu.


Dans ces conditions, les tentatives de débauchage étaient voué à l’insuccès au milieu d’un déploiement important de gendarmes, l’intervention nette contre les grévistes du maire qui osa faire placarder sur les mûr une cynique proclamation favorisant les usiniers.


D’ailleurs, dès le lendemain de la grève, des défections se produisaient : chez Carnaud, deux des ouvrières chargées de présenter les revendications entraient les premières à l’usine.

II était impossible de continuer la lutte dans de si mauvaises conditions. Après 4 jours de grève, ouvriers et ouvrières reprenaient le travail sans avoir obtenu aucun avantage.


A Audierne où l’exploitation est encore plus grande qu’à Douarnenez (0 fr. 70 de l’heure pour les femmes, 1 fr. pour les manœuvres), les tentatives d’organisation syndicale du personnel des usines de conserves ne réussissent pas. Les délégués de la CGTU Henriet, du PC et les grévistes de Douarnenez essayèrent de créer un mouvement de solidarité. Dans une seule usine, l’usine Ouizille, les femmes refusèrent de travailler le poisson venu de Douarnenez. Ailleurs manœuvres et ouvrières refusèrent de sortir, les patrons leur ayant promis, assez vaguement d’ailleurs, les mêmes salaires qu’à Douarnenez.

 

Douarnenez : 4e semaine de grève. Au retour de la délégation, dans un vaste meeting sous [...] clamée : pas une défaillance.


Des mesures sont prises par le Comité de grève pour renforcer encore l’action. Les pêcheurs qui vendent leur pêche aux usines (sprat, sardine) ne sortant pas, il est décidé d’empêcher le poisson des autres ports, même celui acheté par les mareyeurs, d’entrer en ville. C’est ainsi que la sardine partie de Saint-Guénolé pour Douarnenez est expediée sur Audierne et Quiberon,


Le jeudi 18 décembre, les grévistes, devant le refus brutal des patrons d’accepter l’arbitrage ministériel, vont donner aux Béziers et Cie, une bonne petite leçon. Aux environs de la gare, un camion qui contenait des caisses de sardines et qui, pour éviter de traverser la ville, avait fait le tour par Ploaré et Pouldavid, fut arrêté et quelques caisses furent enlevées et transportées à la cantine. Le Comité de Grève les fit rendre le soir même.

Résultat : les camionneurs de la ville ne voulant pas être rendus responsables des troubles qui pourraient se produire décident de ne plus effectuer les transports des usines.


5e semaine. Deux jours avant le départ de la délégation pour Paris, l’usine Quéro entrait en pourparlers avec le Comité de grève et offrait 1 fr. et 1 fr. 50 de l’heure. Suspendus pendant quelques jours, les pourparlers reprennent dès le retour des délégués et aboutissent le lundi 22 décembre, à un accord. Le contrat est signé (il est à peu près le même que celui que les patrons signeront le 6 janvier) : 1 fr. et 1 fr. 50 de l’heure, 50 % d’augmentation pour les heures supplémentaires (après la 10e heure), 50 % d’augmentation pour les heures de nuit (après minuit), révision du contrat tous les six mois, et le travail reprend dans cette usine le mardi 23. Le bloc patronal s’effrite. A ce monment il est permis d’espérer que les autres patrons, qui ne possèdent qu’une seule usine à Douarnenez, suivant l’exemple de Mme Quéro, se détacheront du syndicat patronal et entreront en pourparlers avecc le comité de grève. Il n’en a rien été par la suite.


Un autre fait important marque cette semaine de grève. Tous les pêcheurs réunis, même ceux qui ne vendent pas aux usines, décident de rester à terre, montrant ainsi qu’ils sont solidaires des grévistes qui luttent depuis plus d’un mois contre le patronat rapace de Douarnenez. La grève est générale dès le dimanche 21.

Le Noêl approche. Le Comité de grève pense aux petits enfants. Pour eux, il organise une fête le mercredi 24. Ils auront tous un jouet et des friandises.


6e semaine. Les secours des organisations ouvrières arrivent et les gros sous des travailleurs viennent alimenter les cantines ouvertes dès le début de la grève. Tous les jours, il est servi 2 000 à 2 200 repas complets aux grevistes et à leurs enfants : soupe, ragout, cidre a midi ; soupe, pain, confiture, le soir. Malheureusement les locaux sont trop petits et on est dans l’obligalion de faire 3 ou 4 services. Pour faire face à cet inconvénient, le Comité de grève, tout en continuant les soupes pour une partie des grévistes, commence le 27 décembre à distribuer aux familles qui préfèrent prendre un repas à la maison, les vivres nécessaires : pain, viande, légumes frais, haricots, graisse, confiture, etc. Les distributions seront faites trois fois par semaine : les lundi, mercredi et vendredi.


Dimanche 27, élections municipales complémentaires. Une seule liste, celle du PC La grosse majorité des travailleurs de Douarnenez répond au préfet qui a suspendu Le Flanchec à la suite des incidents du 4, en élisant, dès le premier tour avec un chiffre de voix jamais atteint, toute la liste communiste.

 

Le reste de la semaine se passe dans le calme. La première équipe des briseurs de grève est arrivée depuis quelques jours de Paris. On distribue gratuitement l’Aurore Syndicale, journal des « syndicats réformistes » à la solde du patronat.


Tout le monde sent que le cap de janvier sera dur à doubler. La première semaine de janvier sera décisive. Quoiqu’il n’y ait pas eu de rentrées individuelles, il semble y avoir une certaine lassitude chez quelques manœuvres. La grève pèse lourdement sur les épaules de ces malheureux travailleurs qui naturellement n’ont pas un sou d’économie (salaire 1 fr. 30 de l’heure). Les femmes paraissent plus résolues à tenir longtemps encore.

Aussi le Comité de Grève, qui a déjà fait de très grands efforts pour assurer le ravitaillement, va encore faire un nouvel effort financier. Un secours de 10 fr. est donné à tous les grévistes.


De son côté, le Comité de secours du Quotidien et du Parti socialiste verse également 10 francs à chaque gréviste.

 

Le 1er janvier sanglant


Le 1er janvier : Le matin, 16 individus de l’officine réformiste de la rue Bonaparte à Paris sont arrivés à Douarnenez. La journée est calme. Le soir les provocations des briseurs de grève commencent. Ils cherchent un incident. Vers 19 heures, la triste nouvelle « Le Flanchec vient d’être tué »se repand commc une trainée de poudre dans toute la ville [Flanchec a en fait survécu]. Que s’est-il passé ? »

 

Dans un café, sans rixe, sans bagarre, des fascistes tirent des coups de révolver : Le Flanchec est blessé au cou, son neveu a la tête traversée par une balle, trois autres camarades sont blessés. Leur coup fait, ces canailles se réfugient à l’Hôtel de France.


Aussitôt, toute la population est dans la rue. Les gendarmes essaient de dégager les abords de l’hôtel où une partie de la bande vient d’être arrêtée. Ils chargent, les deux premiers rangs sabre au clair, mais la foule riposte et les pierres volent. Bientôt, le cordon de gendarmes qui se trouve devant l’hôtel ne suffit plus, il est balayé et le rez-de-chaussée de l’hôtel est envahi. C’est une véritable émeute.


Détail comique. Au moment, où la foule commençait à se masser devant l’hôtel, les quelques bourgeois, qui s’y trouvaient, — c’est l’heure de d’apéritif — sont pris d’une sainte frousse. Ils se sauvent par une petite porte de derrière, quelques-uns même, dit-on, par-dessus le mur.


Jusqu’à une heure avancée dans la nuit, la population reste dehors. Une réunion a lieu aux halles ; les délégués prêchent le calme. Une manifestation s’improvise sous la pluie.

Ce soir-là, et une fois de plus, le sang-froid des dé1égués du Comité de grève retient la foule et de nouveaux accidents sont ainsi évités.


Le vendredi 2, après une courte réunion, une manifestation monstre parcourt la ville. Devant les usines, la juste colère populaire se manifeste, car on accuse certains patrons de Douarnenez d’être les complices de la tentative d’assassinat de la veille.

 

Septième semaine. C’est la derniere semaine de grève. Les évènements se précipitent. Les patrons ont peur. L’accusation pèse sur eux.


Le dimanche 4, par affiches, ils promettent 1 fr. et 1 fr. 50, disent qu’ils vont organiser un système de primes à la production et engagent leur personnel à rentrer.


Lundi 5. Aucune rentrée, réunion le matin, à 7 heures 30, suivie d’une manifestation. Dans l’après-midi, ils consentent à causer avec les grévistes. L’accord se fait sur le salaire horaire. mais le tarif des heures supplémentaires reste en discussion. Le soir, tous les grévistes et de nombreux pêcheurs vont chercher Le Flanchec à la gare.

Mardi 6. Les patrons, par affiches, font de nouvelles propositions, mais ne veulent pas reconnaitre les syndicats. Dans la soirée, quelques-uns d’entre-eux sont appelés à Quimper, et après une entrevue avec le préfet qui avait convoqué le matin le vice-président de la chambre de commerce, ils décident d’accepter tout de suite toutes les conditions du Comité de grève et de signer le contrat. C’est la victoire.


Nous ne savons pas encore exactement ce qui s’est passé à Quimper ce jour-là. On raconte que la police aurait découvert des papiers compromettants pour les patrons. Ceux-ci auraient envoyé une assez forte somme au « syndicat réformiste ». II faudra que l’instruction en cours éclaircisse bien ce point.


Vers 18 heures, le contrat fut signé devant le juge de paix par les délégations ouvrières et patronales. Voici les principaux points :


1° - Aucun renvoi pour faits de grève et action syndicale.

2° - Salaire horaire de 1 fr. pour les femmes et 1 fr. 50 pour les hommes.

3° - 50 % d’augmentation pour les heures supplémentaires après 10 heures de travail.

4° - 100 % pour les heures supplémentaires de nuit, apres 10 heures de travail et après minuit.

5° - Les ouvrières seront payées à partir du moment où elles sont convoquées à l’usine.

6° - Augmentation générale des salaires dans les usines métallurgiques (diverses catégories).

7° - Deux heures par jour de congé payé seront accordées aux apprentis pour suivre les cours professionnels de l’EPS (Enseignement primaire supérieur)

8° - Augmentation proportionnelle des salaires du personnel payé au mois, etc.

9° - Révision possible du contrat tous les 6 mois.

Le soir toute la population est aux halles. Le Comité de grève est acclamé.

Le lendemain, jour de fête, une manifestation grandiose parcourt la ville. On lit la joie sur tous les visages.

La grève est terminée. Le travail est repris partout le jeudi 8 Janvier.

La grève de Douarnenez a été une belle grève et la grande victoire remportée sur le patronat aura une forte répercussion dans tous les ports bretons.

 

C. Allot

 

Lire aussi:

 

http://npa29quimper.over-blog.fr/article-35774249.html

 

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 11:36

ni vertes ni

22 septembre 2012 à 09h53

 

Cet été, les algues vertes ont eu la bonne idée de bien se tenir. Les touristes, et autres plagistes, ont eu la chance d'être relativement épargnés par les marées vertes. Mais les grandes marées du début de semaine ont amené avec elles leurs flots proportionnels d'algues vertes. Prise ce vendredi, depuis les dunes de Sainte-Anne-la-Palud, cette photo témoigne de l'importance de l'échouage. Heureusement que la saison est finie....

 

http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/chateaulin/sainte-anne-la-palud-algues-vertes-elles-font-aussi-leur-rentree-22-09-2012-1846947.php

 


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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 11:13

 


... par pcfdz

 

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