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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:45
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Camille Polloni | Journaliste Rue89

Tout sourire, François Hollande serre la pince au roi du Bahreïn sur le perron de l’Elysée. La photo, publiée par l’agence de presse officielle du royaume, rappelle celles de Nicolas Sarkozy en compagnie de Kadhafi, Moubarak ou Ben Ali avant la chute de leur régime respectif.

Sauf que Hamed ben Issa Al Khalifa est toujours au pouvoir au Bahreïn. Que le régime réprime depuis un an et demi la révolte de son peuple en envoyant ses soldats. La France avait d’ailleurs contribué à former les forces de l’ordre bahreïnies à la « gestion des foules ». Et que François Hollande avait affiché sa volonté de rompre avec ses prédécesseurs, promettant de « ne pas inviter les dictateurs à Paris ».

Arrêt sur images souligne que la rencontre du 23 juillet, apparemment imprévue, est passée à la trappe dans la presse française (malgré des articles du Figaro, du Point et d’Europe 1). Elle n’a pas donné lieu à un communiqué de l’Elysée et n’était pas signalée dans l’agenda officiel de l’Elysée, disponible en ligne.

La consultation de cet agenda montre qu’au moins six autres représentants de pays autoritaires ou franchement dictatoriaux ont été reçus par François Hollande depuis son élection.

Mohammed VI, roi du Maroc

24 mai

En visite privée en France au mois de mai, l’altesse marocaine a fait escale à l’Elysée, palais remarquable à ne pas manquer quand on vient pour les vacances.

A l’issue de la rencontre, François Hollande a « réaffirmé son attachement à l’amitié entre la France et le Maroc » et « salué le processus de réforme démocratique, économique et sociale en cours dans le royaume à l’initiative » du roi.

Langue de bois diplomatique oblige, rien sur la prison pour les artistes contestataires, la répression du Mouvement du 20 février en période de crise sociale intense et le durcissement du régime depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes.

Le Premier ministre du Qatar 

7 juin

François Hollande a d’abord décliné toutes les invitations du Qatar. Si la relation entre Nicolas Sarkozy et l’émirat était très amicale, le nouveau Président veut garder ses distances, comme l’écrivait Nabil Ennasri sur Rue89 en juin :

« Le caractère personnalisé de la relation France-Qatar sera mise de côté. Dès son accession au pouvoir, Nicolas Sarkozy faisait l’honneur à l’émir du Qatar d’être le premier chef d’Etat arabe accueilli à l’Elysée. [...]

On imagine que le Président “normal” souhaitera une relation plus mesurée, moins fringante et moins personnelle. »

L’article concluait tout de même à une continuité prévisible dans les relations franco-qataries. Le 7 juin, François Hollande reçoit le Premier ministre du Qatar à l’Elysée pendant plus d’une heure.

Le fils du roi Abdallah d’Arabie Saoudite

11 juin

La monarchie absolue saoudienne a envoyé en France l’un des fils du roi, Mitaeb (Mutaib en anglais), également chef de la Garde nationale (« chargée de la protection des centres névralgiques du pouvoir saoudien ». En mars 2012, confronté à des manifestations d’étudiants, le prince déclarait :

« La situation dans la plupart des pays arabes nous obige à être prudents, à protéger la sécurité nationale et à combattre les appels à l’embrasement qui visent à déstabiliser le pays. »

Le communiqué satisfait de l’Elysée évoque la situation syrienne, le G20 et la coopération avec le royaume. Quoi d’autre après tout, au pays où les femmes n’ont pas le droit de conduire.

Abdallah II de Jordanie

3 juillet

Royaume corrompu secoué de manifestations régulières, la Jordanie est dirigée par le roi Abdallah II depuis 1999. Maâti Kabbal, journaliste et écrivain, publiait une tribune sur Rue89 en novembre 2007 :

« Dans la vie politique jordanienne, le tribalisme reste l’un des paramètres majeurs. Nulle décision ne doit se faire sans l’aval de la tribu. Par ailleurs, le trône hachémite a toujours eu recours aux tribus comme un bras justicier.

La société jordanienne est le produit d’un syncrétisme ayant permis au trône de préserver l’équilibre de la société jordanienne tantôt par la persuasion, tantôt par la coercition. »

François Hollande accueille le roi le 3 juillet pour « approfondir le partenariat » entre les deux pays :

« Alors que la Jordanie est engagée dans un processus profond de réformes politique, économique et sociale visant à répondre aux aspirations du peuple jordanien, le chef de l’Etat a souligné la volonté de la France de la soutenir activement. »

Dans la foulée du printemps arabe, la Jordanie a connu des mouvements de protestation cette année, réprimés avec une violence moindre que dans les pays voisins. Le chercheur Denis Bauchard répondait à Arte en mai, sans optimisme démesuré toutefois :

« Je pense que la situation reste, pour l’instant, maîtrisée et sans trop de brutalité. Le nombre très limité des morts – moins de cinq – contraste avec ce qui se passe en Syrie et même avec ce qu’il s’est passé en Egypte.

Dans l’immédiat, la situation paraît sous contrôle : l’aide reçue non seulement des Etats-Unis mais aussi de l’Arabie saoudite tout récemment peut permettre au roi d’acheter la paix sociale et la paix politique. »

Ali Bongo, président du Gabon

5 juillet

Héritier d’Omar Bongo, Ali Bongo a succédé à son père en 2009. Il a rencontré François Hollande le 5 juillet. Slate Afrique parle d’un accueil « tiède » :

« Durant son séjour, les officiels français qui ont rendu visite à Ali Bongo ont fait le service minimum, bien loin du ballet de politiques français de gauche comme de droite qui défilaient devant son père et prédécesseur.

Cette distance affichée par le nouveau pouvoir français est due à l’insatisfaction en matière de démocratie dans son ancienne colonie. »

Sur les photos choisies par l’Elysée pour illustrer l’entretien, François Hollande sourit le moins possible.

Le prince héritier d’Abou Dhabi

11 juillet

Le 11 juillet, Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nayan entre à l’Elysée. Il dispose d’une sacrée carte de visite : fils du fondateur des Emirats arabes unis, prince héritier et ministre de la Défense. Reçu à l’Elysée, il fait ensuite un tour à Matignon pour rencontrer Jean-Marc Ayrault.

En mars, le Guardian écrivait à son sujet :

« Pour prévenir la contestation, Mohammed bin Zayed Al Nayan a parcouru Abou Dhabi le mois dernier pour évaluer le climat. A l’issue de ce voyage, il a ordonné 1,5 milliard de dollards d’investissements dans l’électricité et l’eau dans le nord des Emirats. »

En France on avait le Redressement productif ; le cheikh invente le redressement préventif.

MERCI RIVERAINS ! Jacques Pezet, Pierrestrato
Aller plus loin

http://www.rue89.com/rue89-politique/2012/08/07/le-dictateur-tour-de-francois-hollande-234459

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 13:04
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«Dans le projet de loi de finances que nous préparons en ce moment, il n’est pas prévu qu’il y ait une augmentation de la CSG».

 

Ces propos du ministre des finances, P. Moscovici, sont venus s’ajouter au feu roulant des déclarations ministérielles de J.Cahuzac (budget) , M. Touraine (affaires sociales) A.Vidalies (relations avec le Parlement), tout au long de la semaine.


Ils s’efforçaient ainsi de contrer, au lendemain de l’abrogation de la TVA antisociale par le parlement, les propos de représentants de la droite. Ceux-ci annonçaient une hausse des impôts (et en particulier de la CSG), et dénonçaient le «matraquage fiscal» à venir.


La montée en puissance de la CSG (Contribution Sociale Généralisée), est pourtant l’une des pistes de financement de la Sécurité Sociale, avancée par F. Hollande dans sa campagne, et confirmée lors du «sommet social» de début juillet. Cet impôt, créé par le PS, (gouvernement Rocard en 1990), s’élève aujourd’hui à 20,5% du financement de la sécu, les autres impôts et taxes (alcool, tabac..) 12,3% tandis que les cotisations sociales ne sont plus que de 59,1%.

Alors y aura-t-il ou non une hausse de la CSG?

Une lecture attentive des déclarations ministérielles montre que, si la hausse de la CSG n’est pas pour aujourd’hui elle sera pour demain. En prenant le temps du «dialogue social» le gouvernement voudrait la faire cautionner par les «partenaires sociaux» et obtenir ainsi un certain consensus autour d’un projet aujourd’hui impopulaire.


Dans leurs déclarations, les ministres affirment en effet deux choses: Il n’y aura pas de hausse de la CSG dans le projet de budget 2013 (voté à l’automne). Mais rien n’empêche de la faire voter plus tard, dans un «collectif budgétaire» en cours d’année. La hausse de la CSG ne servira pas à combler le déficit de la Sécurité sociale. Mais elle peut servir à modifier le mode de financement de la protection sociale (en diminuant la part des cotisations sociales), et à contribuer à de nouveaux financements, comme la «dépendance», chantier laissé en suspend par Sarkozy.


C’est d’ailleurs ce que dit très explicitement Moscovici: «..le financement de la protection sociale ne peut pas être assis uniquement ou essentiellement sur le travail et donc il faut une réorientation….parce que nous voulons, je le répète une économie plus compétitive». C’est en effet là que la politique libérale du PS, rejoint celle de Sarkozy, au-delà de leurs divergences sur les outils à utiliser.

TVA «sociale» et CSG: les 2 faces d’une même politique, pour «baisser le coût du travail»

Sarkozy, avait fait voter, en février 2012, son projet de «TVA sociale» dans les derniers jours de la législature.

Il s’agissait au nom de la «baisse du coût du travail», d’exonérer les patrons d’une partie de leur cotisations sociales, et d’en transférer la charge sur les classes populaires, via la TVA, impôt sur la consommation, le plus injuste, puisque proportionnellement, plus on est pauvre, plus on paye.

 

Les 10% les plus pauvres de la population française paient 11,5% de TVA sur leurs revenus, les 10% les plus riches 5,9%!


Au nom du même objectif de «compétitivité», le gouvernement socialiste, s’apprête en substituant la CSG à la TVA à réduire la part des cotisations sociales versées par les employeurs, et en reporter la charge sur les classes populaires.


Certes il existe des nuances entre TVA et CSG. La TVA est une taxe sur la consommation. La CSG est un impôt affecté à la Sécurité Sociale, proportionnel aux revenus. En fait il repose à  88,8 % sur les salariés, retraités, privés d'emploi, malades et invalides et à seulement 10, 5 % sur les revenus du capital, (revenus du patrimoine..). La CSG a actuellement l’avantage de ne pouvoir être utilisée que pour financer la Sécurité Sociale, mais cela pourrait être remis en cause, si comme l’avait annoncé F.Hollande pendant sa campagne, elle était fusionnée avec l’impôt sur le revenu.

Ces différences ne modifient pas le fond du problème.

La dynamique de la CSG, comme celle la TVA est la même quant à la répartition des richesses entre salaires et profits. La baisse des cotisations sociales, c’est une baisse d’une partie du salaire. Pour être précis, de la part «socialisée» (c'est-à-dire mise en commun) du salaire, qui sert à payer les soins les retraites, le chômage et en conséquence, une hausse d’autant des profits, c'est-à-dire de la part de travail gratuit que s’approprie l’employeur. De ce point de vue, quelque soit la «technique» employée, CSG ou TVA, le résultat est le même!


Si le PS privilégie la CSG, c’est qu’en semblant peser sur «tous» les revenus, elle est une bonne illustration de «l’effort partagé» voulu par le gouvernement Ayrault….tout en préservant les profits. C’est surtout que ce gouvernement a espoir d’obtenir autour de la CSG un consensus social qu’il ne pourrait obtenir avec la TVA: Chéréque et la direction de la CFDT y sont favorables, et la direction Thibaut de la CGT a engagé de grandes manœuvres, pour faire de la CSG un objectif désormais négociable par la confédération.

Une double austérité pour les classes populaires.

Derrière les dénégations gouvernementales, sur la hausse de la CSG, c’est en fait une double austérité que prépare le gouvernement. D’une part, en refusant toute augmentation des financements au nom de la lutte contre les «déficits publics», il refuse par avance, une protection sociale à hauteur des besoins. C’est ce que confirme Marisol Touraine: «nous allons faire en sorte de permettre des économies, de mieux maitriser les dépenses pour mieux maitriser le fameux trou de la sécurité sociale».

 

Ce qui en clair veut dire, moins de retraites, moins de remboursement des soins, moins de financement de l’hôpital par la Sécurité Sociale.


D’autre part, avec l’augmentation de la CSG, les salariés, et les retraités devront payer plus….pour financer cette sécurité sociale à bas coût, qu’ils devront par ailleurs compléter de leur poche par des assurances santé ou des retraites complémentaires. La bataille qui s’annonce, contre toute hausse de la CSG, pour la défense d’une Sécurité Sociale assurant le droit à la santé et à la retraite, à l’éducation des enfants pour toutes et tous est l’une des facettes essentielles du combat contre l’austérité que prépare ce gouvernement.


Les anticapitalistes, seront en première ligne, en menant dès aujourd’hui campagne pour une Sécu Sociale couvrant l’ensemble des besoins et financée exclusivement par des cotisations sociales (patronales), c'est-à-dire par du salaire. Ils porteront démocratiquement ce débat dans les organisations syndicales.


J.C. Delavigne, 5 Aout 2012

 

http://www.npa2009.org/content/la-hausse-de-la-csg-aura-t-elle-lieu

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 11:01

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27 juillet 2012 -

 

L'annonce par Manuel Valls du démantèlement de campements roms, deux ans après le discours controversé de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur le sujet, préoccupe les associations.


«Ce n'est pas le discours de Grenoble, mais les déclarations de Manuel Valls sont quand même inquiétantes», a jugé Saimir Mile, président de l'association La voix des Roms, demandant que François Hollande tienne son engagement électoral de ne pas expulser sans solution de relogement et surtout de faciliter l'accès des Roms au marché du travail, «point de départ essentiel», selon lui, pour améliorer la situation.


Intervenant mercredi, au sénat, le ministre de l'Intérieur s'est dit «inquiet de la concentration dans une série de campements».


«La situation aujourd'hui à Lyon, à Aix-en-Provence, en Seine-Saint-Denis, dans une partie de l'agglomération lilloise, nous oblige à prendre des décisions de démantèlement», a-t-il déclaré.


À Stains (Seine-Saint-Denis), «il y a actuellement quatre campements, ce qui représente un millier de personnes», précise le maire PCF, Michel Beaumale. «Cela pose de nombreux problèmes, d'hygiène, de sécurité,etc», ajoute l'élu, qui a écrit à François Hollande «pour lui signaler le problème».

La «logique sécuritaire ne suffit pas»


«Qu'il y ait des problèmes, on ne le nie pas», comme à Aix-en-Provence, où «300 personnes vivent sur un bidonville. Il peut y avoir des violences, des économies parallèles, mais ne répondre qu'en terme de logique sécuritaire ne suffit pas», estime Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des Droits de l'homme, et animateur du Collectif Romeurope.

«Pas avec des gaz lacrymogènes»


Selon Jean-François Corty, directeur des missions France de Médecins du Monde, «démanteler certains camps, pourquoi pas, mais seulement si c'est préparé, et pas avec des gaz lacrymogènes comme ces dernières années», notamment après le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, qui avait stigmatisé les Roms.

 

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/campements-roms-valls-cree-l-inquietude-27-07-2012-1787822.php

 

 


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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 11:44

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La ministre du Logement, Cécile Duflot, a présenté mercredi 18 juillet ses propositions concernant l'encadrement des loyers et la construction de nouveaux logements.


Le décret d'encadrement des loyers, applicable dès le 1er août dans une cinquantaine d'agglomérations, sera valable pour un an. Il prévoit qu'en cas de relocation ou de renouvellement du bail, les nouveaux loyers ne pourront augmenter plus que l'IRL (l'indice de référence des loyers, qui correspond plus ou moins à l'inflation), sauf si le propriétaire a fait des travaux ou si le prix était sous-évalué.

 

On est donc bien loin d'un blocage des loyers à un niveau acceptable et inférieur aux loyers actuels, et qui permettrait à des familles modestes de se loger. Les propriétaires n'ont donc vraiment pas à s'inquiéter.


Autre mesure prévue, celle de relever le quota de logements sociaux de 20 à 25 % dans les villes de plus de 3 500 habitants, et de quintupler les pénalités infligées aux communes récalcitrantes. En 2010, 31 millions d'euros seulement ont été récoltés par ce biais. Même en les quintuplant, les sommes ainsi collectées ne permettront pas de faire face à la pénurie de logements.


Cécile Duflot prévoit aussi de faire construire 500 000 logements neufs par an. Mais, sur ce total, elle n'annonce que 150 000 logements sociaux. Or, selon les estimations, il en manquerait au moins 900 000 pour répondre à l'urgence et, selon la Fondation Abbé-Pierre, huit millions de personnes seraient sans abri, mal logées, ou en situation de « fragilité de logement » parce qu'elles n'ont plus les moyens de faire face aux dépenses liées à leur habitation.


À supposer que les 150 000 logements sociaux annoncés soient effectivement construits chaque année, le nombre est dérisoire par rapport aux besoins et à la pénurie de logements qui frappe les moins aisés.


Marianne LAMIRAL

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2295&id=7

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 13:39
dangereux
Verhaeghe | Auteur

Peut-être vous souvenez-vous que Thomas Piketty [économiste proche du PS, ndlr] et consorts, en janvier 2011, avaient proposé une très belle réforme fiscale qui devait inspirer le Parti socialiste. Leur intention répondait à une forte exigence de justice, comme dirait Jean-Marc Ayrault.

 

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 12:05

 bisounours

Le 14 juillet, François Hollande a annoncé la création d'une commission pour moraliser la vie politique.

 

Pour la présider, il a ressorti Lionel Jospin de son placard et lui a adjoint, au nom de la diversité, Roselyne Bachelot, ex-ministre UMP. Cette commission sera aussi composée d'une douzaine de hauts commis de l'État, un cénacle prétendument indépendant... de l'opinion publique.


D'ici novembre, elle doit faire des propositions au gouvernement sur le cumul des mandats, l'introduction d'une part de proportionnelle aux élections, et établir, comme l'avait promis le candidat Hollande,« des règles de déontologie permettant d'assurer une meilleure transparence de la vie publique ».


La même semaine, le 11 juillet, en commission des finances de l'Assemblée nationale, lors de l'examen de la loi de finances rectificative, les députés présents ont presque tous rejeté un amendement d'un député centriste qui proposait, au nom de la transparence, que les frais des parlementaires non utilisés à des fins professionnelles liées à leur mandat soient imposables.


Chaque député reçoit, mensuellement, une indemnité de 6 412 euros, censée « faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice du mandat de député qui ne sont pas directement prises en charge ou remboursées par l'Assemblée ». Cette indemnité vient en complément de l'indemnité parlementaire de 7 100 euros et des 9 138 euros pour l'emploi de collaborateurs.


L'amendement du député proposait que chaque élu justifie ses frais et que soit imposable la partie des dépenses personnelles : l'achat de fleurs, de cadeaux, de voyages touristiques ou bien de location de locaux sous couvert d'activités politiques, dérives qui ont déjà été maintes fois révélées.


Le rapporteur général de cette commission des finances, le socialiste Christian Eckert, a émis un avis défavorable et le nouveau député UMP Henri Guaino s'est aussi indigné : « Si les députés sont obligés de justifier chaque dépense, alors ils ne vont plus être des députés libres ! »


Le député centriste Charles de Courson, auteur de l'amendement, s'est engagé à le présenter de nouveau en séance publique, à moins que d'ici là, ses amis lui expliquent que la transparence de la vie politique, ce n'est pas encore pour maintenant.


Louis BASTILLE

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2294&id=9

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 10:42
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Pascal Riché | Redchef Rue89

François Hollande avait promis de ne pas recevoir de journalistes déférents à l’Elysée, façon monarque : il trouvait cela ridicule et il avait bien raison. Il a donc choisi, ce samedi 14 juillet, de recevoir deux journalistes polis à l’hôtel de la Marine.


Le téléspectateur n’a pas été trop bousculé : même decorum qu’au « château » (des ors, des lustres, des parquets bien cirés) ; même ambiance de solennité ; même urbanité des interviewers (Chazal et Delahousse)... Autant dire que la rupture d’image n’a pas eu lieu.

 

Sur le fond, sur la politique économique, a-t-elle eu lieu davantage ? Cela reste à prouver. On est passé de la glorification du « travail » à la célébration de « l’effort ». L’inflexion, s’il y en a une, est encore très marginale, quoi qu’en dise le Président.

 

Prenez la fiscalité : l’instauration d’une TVA sociale par Nicolas Sarkozy représentait une hausse de l’impôt de 11 milliards d’euros. François Hollande revient sur cette décision qu’il condamne sans appel, car elle frappe le pouvoir d’achat des Français, ce qui n’est pas, selon lui, acceptable.

 

Mais, dans le même temps, il admet que l’augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) est à l’étude « parmi d’autres pistes » à l’occasion de la Grande conférence sociale. Certes, comme les ministres du gouvernement le répètent, la CGS ne frappe pas seulement les salaires : elle porte également sur les revenus de l’épargne. Mais la présenter comme un impôt « juste » est fort de café.

Pas de leçons à donner

La CSG est en réalité la première tranche de l’impôt sur le revenu : elle porte sur tous les salaires et toutes les retraites, même modestes. C’est l’inverse d’un impôt progressif (qui porte plus sur les riches que sur les pauvres). Quand aux revenus du patrimoine, ils représentent une toute petite part de son assiette, environ 11% des 89 milliards récoltés ! En matière de justice sociale, on fait mieux : la CSG n’a pas beaucoup de leçons à donner à la TVA.

 

« Je ne viens pas annoncer aujourd’hui de prélèvement supplémentaire pour une grande majorité de Français », a déclaré Hollande. Pourtant, si comme on le suppose, c’est une hausse de deux à quatre points de CSG qui se profile, la grande majorité des Français seront touchés, pas seulement la petite minorité des plus riches.

La vérité, c’est que le gouvernement s’apprête à troquer une hausse de 11 milliards de la TVA pour une hausse de la CSG de plus du double.

 

Pendant la campagne présidentielle de François Hollande, il n’était pas plus question de suivre une telle politique que de se faire interviewer poliment le 14 juillet sous les moulures d’un palais. Le Président s’adapte à une situation financière plus difficile que prévu, mais sans l’assumer : faire aujourd’hui croire aux Français qu’une hausse de la CSG sera indolore, c’est les infantiliser inutilement.

 

http://www.rue89.com/rue89-politique/2012/07/14/non-la-csg-nest-pas-juste-quoi-quen-dise-francois-hollande-233855

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:13

 dangereux

Hollande n'effraie pas les patrons, on le sait.

 

Mais un article du Monde du 29 juin est venu le rappeler. Sous le titre « Ces patrons qui murmurent à l'oreille de François Hollande », évocateur de cette complicité entre le gouvernement et les possédants, le journal relate un déjeuner à l'Élysée, le 11 juin, entre les dirigeants des grands trusts : Saint-Gobain, GDF Suez, Schneider, Atos et Axa, tous issus comme Hollande de la même promotion de l'École nationale d'administration.

 

S'était joint à eux Gerhard Cromme, président des conseils de surveillance de Siemens et de ThyssenKrupp, deux géants de l'industrie allemande. Le tout était organisé par le nouveau secrétaire adjoint de l'Élysée, un ex-associé gérant de la banque Rothschild, inconnu du public mais témoin, comme bien d'autres, de cette porosité entre le monde des affaires et celui de la haute administration.


Ces messieurs ont discuté des réformes à faire pour relever l'économie européenne et française, en évoquant Gerhard Schröder, ex-chancelier socialiste allemand, célèbre pour avoir mis en œuvre, avec son compère Hartz, les mini-jobs à moins de 400 euros, les allocations de chômage de longue durée à 345 euros, le report de l'âge de départ en retraite à 65 ans puis 67 ans en 2017, l'augmentation des cotisations maladie et la baisse des impôts pour les plus riches. Tout ce qui s'est avéré une catastrophe pour les travailleurs et la population pauvre d'Allemagne.


C'était la deuxième rencontre de ce genre, la première ayant eu lieu de façon encore plus discrète avant la présidentielle. De l'avis d'un participant, on se serait cru à un conseil d'administration de Saint-Gobain. L'atmosphère était conviviale. Ces messieurs ont trouvé la discussion « constructive » et perçu une attention louable de la part d'un président « qui écoute et qui prend des notes ». Bref, un bon élève, de l'avis de tous, meilleur que Sarkozy qui parlait sans écouter !


Sylvie MarÉchal

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2292&id=11

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:05

 dir fin

Quelques jours à peine après le décès subit d'Olivier Ferrand, fondateur de Terra Nova, un organisme chargé de fournir des idées au PS, ce même organisme publiait un rapport intitulé « Investir dans l'avenir. Une politique globale de compétitivité pour la France ».


Ce document est cosigné par le président d'honneur de Renault, Louis Schweitzer, et par Ferrand. Celui-ci venait à 42 ans d'être élu député PS et avait même figuré sur la liste des ministrables, avec derrière lui une carrière déjà notable de « serviteur de l'État.


Haut fonctionnaire du Trésor, il avait occupé, entre autres postes, celui de conseiller de Lionel Jospin ou encore de Romano Prodi, ancien chef du gouvernement italien et ex-président de la Commission européenne. À la tête de Terra Nova (Terre Nouvelle, en latin), pour laquelle travaillent un millier d'« experts », il avait la charge d'aider la direction du PS à habiller de neuf la vieille politique social-démocrate, celle de la gestion loyale du capitalisme.


Ce rapport est « une proposition de pacte économique entre la gauche et le patronat »,

 

écrit le quotidien des milieux d'affaires, Les Échos. Il commence d'ailleurs par dresser la liste de plusieurs dizaines de grands patrons consultés. Il rappelle aussi que les travaux de Terra Nova se sont déroulés, avant la présidentielle, en présence de dirigeants PS propres à inspirer toute confiance au patronat. En l'occurrence, Laurent Fabius, actuel ministre des Affaires étrangères dont le nom est associé au « tournant de la rigueur » sous Mitterrand, et Michel Sapin, plusieurs fois ministre sous Mitterrand et Jospin, notamment à l'Économie ou au Budget, et devenu ministre du Travail de Hollande.


Les principaux points que préconisent ceux qui ont inspiré ce rapport sont, selon le quotidien cité, de procéder à « la baisse du coût du travail » et de « remettre d'urgence sur la table » le sujet de « la baisse des charges patronales ».

 

En clair, il s'agit de prendre dans les poches des travailleurs pour remplir celles des employeurs. Les auteurs du rapport plaident aussi « pour des délais raccourcis en matière de plan social » et « pour l'instauration des accords compétitivité-emploi (qui moduleraient de manière plus souple temps de travail, salaires et emploi dans une même entreprise) ». Au programme, donc, une plus grande facilité de suppressions d'emplois pour le patronat et une « flexibilité » accrue au détriment des salariés dans tous les domaines.


Des projets, précisent Les Échos, « mis sur la table par le patronat de la métallurgie et défendus par le précédent gouvernement » de droite, que reprend ce rapport en suggérant à l'actuel gouvernement PS de les adopter.

Ce rapport contribue à souligner combien « le changement maintenant » s'apparente à une continuité dans la connivence des politiciens au pouvoir et du patronat contre les travailleurs.


Pierre LAFFITTE

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2292&id=9

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 12:05

 signe

Les patrons petits et grands ont protesté par avance devant la hausse pourtant misérable du smic, prétendant qu'ils ne pouvaient pas payer plus.

 

Ce premier gros mensonge en cache un deuxième sur ce que l'augmentation leur coûte réellement.


En effet les cotisations sociales patronales sont quasiment nulles au niveau du smic et leur taux augmente progressivement pour atteindre le taux normal à partir des salaires supérieurs à 1,6 fois le smic.

 

C'est l'État qui compense le manque à gagner auprès des organismes sociaux.


Chaque fois que le smic augmente, si peu que ce soit, les travailleurs qui sont payés un peu au-dessus, et dont le salaire est bloqué, se rapprochent du salaire minimum.

 

Leur patron bénéficie donc d'un meilleur coefficient d'exonération des cotisations. La dernière augmentation du smic va ainsi diminuer d'environ 10 euros la cotisation patronale due pour un salaire de 1 200 euros net.


Au total, une hausse du smic de 1 % coûterait un milliard d'euros à l'État en compensations dues aux organismes sociaux. Cela signifie donc la même somme en cadeaux au patronat compensant partiellement l'augmentation du smic.


Paul Galois

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2291&id=4

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