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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 10:40


Ce mercredi matin, une centaine de personnes, parents et enfants confondus, ont manifesté devant l'hôtel de ville quimpérois. Ils entendaient protester contre la fermeture annoncée de l'école maternelle du Petit Parc, établissement qui compte deux classes. Une délégation a été reçue par Bernard Poignant, maire, et son adjointe aux affaires scolaires, Denise Cariou, qui ne sont pas revenus sur leur décision. Mais cela ne devrait pas en rester là, car les parents d'élèves sont déterminés à défendre "leur école".

Fermetures d'écoles à Quimper (29). Poignant ne passe pas

17 décembre 2009 -Le Télégramme


Réunion tendue, hier soir, à la mairie, où Bernard Poignant recevait les parents d'élèves des écoles des Pommiers et Jules-Ferry pour tenter de désamorcer leur colère. Sans succès.


Le tableau blanc avait été déroulé. Il n'a pas servi. Les parents ont coupé court au bel ordonnancement préparé par la municipalité. Dès l'entame de la soirée, alors que le maire proposait un débat jusque 21h30, il a été renvoyé dans ses buts par un père de famille: «21h! On a des enfants à coucher!».


Bernard Poignant n'a pas cillé: «Vous avez été heurtés par l'annonce. Je n'en disconviens pas. Il n'y a pas de bonne méthode. Sur cela, je veux bien faire amende honorable». Mais sur le fond, il reste inflexible: «Notre objectif concerne la ville tout entière.


Nous avons l'obligation de penser, maintenant et pour l'avenir, des groupes scolaires consolidés, pour que l'enseignement public ne soit pas petit à petit écorné». Il évoque pêle-mêle les enseignants, le devenir des locaux, l'accompagnement scolaire «qui sera le même». Il parle aussi des deux «accompagnateurs» désignés pour aider les parents dans la réinscription future de leurs enfants. La salle souffle ostensiblement. «Ouais, c'est déjà fait, quoi!», gronde une dame.

«Ne me parlez pas de 500m à vol d'oiseau»


C'est ensuite M.Sillard, de l'inspection académique, qui récite d'une voix atone des cas semblables à Brest, Morlaix, Concarneau, Plouzané... Il n'ira guère plus loin: «Le problème est politique!, tempête un père de famille. La question est si oui ou non cette ville a besoin d'écoles dans son hyper-centre. Dans beaucoup de bourgs, des combats ont été menés par des maires et des parents pour maintenir des écoles. Ici, ce n'est pas un bourg, mais un centre, un centre sans enfants!».


S'adressant à Bernard Poignant: «Vous avez été élu pour réveiller la belle endormie! Le risque est qu'on se souvienne de vous comme de celui qui a fermé les écoles du centre-ville, qui a signé des deux mains pour qu'il n'y en ait plus!». Dans le fond de la salle, des enfants babillent. M.Sillard veut reprendre. «Pédagogiquement plus solide? Ça veut dire quoi?», l'interrompt une mère. Un papa enchaîne: «C'est quoi l'ambition? Quimper une ville musée?». Une autre lance: «Vous faites un cadeau à l'école privée!». Son voisin: «Et ne me parlez pas de 500m à vol d'oiseau entre les établissements. J'ai fait le choix de ne pas avoir de permis de conduire. Vous allez me faire perdre une heure aux côtés de mes enfants tous les jours!».

«80 enfants, c'est 160 bulletins de vote!»

L'assistance manque de partir puis se ravise. Deuxième salve de reproches: «Le 20novembre, il y a eu une réunion avec Denise Cariou. On nous dit que rien ne se tramait. On fait confiance. Et 15 jours après, on apprend que notre école ferme et que les locaux sont déjà fléchés! Soit elle n'était au courant de rien, soit elle a menti. On méprise les électeurs. La mairie, ce n'est pas une entreprise, pourtant!».


Denise Cariou fait valoir qu'elle avait fait part de sa profonde inquiétude. Rien à faire: «Il y avait peut-être moyen de demander l'avis de l'association de parents d'élèves, pour explorer des pistes avant de signer l'arrêt de mort!». Réponse maladroite de Denise Cariou: «Est-ce que 80 élèves en centre-ville le font vivre?». Nouvelle bronca: «80 enfants, c'est 160 bulletins de vote, c'est pas grand-chose!».


Bernard Poignant explique qu'il englobe dans le coeur de ville Ferdinand-Buisson et Stang Ar Choat. «Avec des enfants à la main, ce n'est pas la même vision en effet!», le tance une maman. Un dernier round et les deux parties prennent acte du dialogue de sourds. 20h50. La réunion s'achève. Fort à parier qu'elle sera aussi agitée, ce soir, avec l'école du Petit-Parc.

 

Hier soir, des parents résolus face au maire
jeudi 17 décembre 2009 Ouest France

Avant le Petit-parc, ce soir, les parents des Pommiers et Jules-Ferry se sont expliqués avec le maire.

« Monsieur Poignant, vous resterez celui qui a signé des deux mains la fermeture des écoles de centre-ville ! » Mercredi soir, salle de réception de l'hôtel de ville. Face à Bernard Poignant, maire, entouré de deux adjointes et accompagnés de membres de services municipaux, une soixantaine de personnes.

Très majoritairement des parents d'enfants scolarisés aux écoles des Pommiers et Jules-Ferry. L'ambiance n'a pas mis longtemps à chauffer : rien à voir avec les indignations convenues d'un conseil municipal. Les parents sont venus nombreux, certains avec leurs enfants malgré l'heure tardive (20 h) et le froid à l'extérieur. Ils sont conscients que leur combat se joue maintenant.

« Une ville-musée ? »


Après avoir reconnu que la communication municipale n'avait pas été à la hauteur de l'enjeu (« Je veux bien faire amende honorable »), le maire a rapidement rappelé le projet et son contexte : pas de carte scolaire à Quimper, des effectifs en forte baisse et des postes d'enseignants qui deviennent rares. Il se montre rassurant sur le devenir du personnel, sur le maintien des bâtiments dans le domaine scolaire. « L'accompagnement scolaire et l'enseignement seront les mêmes ailleurs. Seul le lieu change. Le socle de la vie scolaire de vos enfants n'est pas bouleversé. »


« Le problème est politique ! Oui ou non voulez-vous conserver des écoles dans l'hypercentre ? » lance un papa. Ailleurs des maires ont été aux côtés des parents pour sauver les écoles. Vous avez été élu pour revitaliser le centre-ville et réveiller la Belle endormie. Ce projet ne va pas dans ce sens ! »

 

Les parents ont pris la parole. Ils ne vont pas la lâcher facilement. Interrompant par leurs questions l'exposé du représentant de l'Inspection académique. Repoussant la projection de documents détaillant le projet. Ils veulent se faire entendre. « Voulez-vous une ville-musée ? Avec l'organisation que vous proposez, et mon choix d'utiliser les transports en commun, vous me prenez une heure de vie avec mes enfants ! » Enfin, Denise Cariou, adjointe chargée des affaires scolaires, est rudement mise sur la sellette.


Le débat se poursuit jusqu'à 20 h 45. Faute de pouvoir se faire entendre, les parents en colère ont rapidement quitté la salle. Ce soir, les élus plancheront devant les parents du Petit-parc. Tout aussi déterminés. Si ce n'est davantage...

 

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:28



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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:24
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Bien que les délégués aient approuvé à une majorité, l’action de la Confédération, la contestation était bien présente au cours de ce congrès.


E
tonnante semaine de congrès ! Pendant quatre jours, de nombreuses interventions dénonçant les dérives, échecs et renoncements de la direction confédérale : critiques de la tactique des grèves saute-moutons du début 2009, de l’insistance à privilégier les négociations plutôt que les luttes, exigence de repères revendicatifs précis sur les salaires, les retraites, le temps de travail.


Pour tenter de convaincre de la justesse de son orientation la direction en était réduite à appeler à la rescousse la (un peu lointaine) victoire contre le CPE (à mettre à l’actif, pour l’essentiel, de la mobilisation des jeunes), les résultats des élections prud’homales et la lutte des sans-papiers. Un peu maigre au regard de l’ampleur des attaques portées par le patronat et le gouvernement, surfant sur la crise pour justifier tous les reculs.


Les interventions de Jean-Pierre Delannoy de la métallurgie du Nord-Pas-de-Calais appelant à revoir la « stratégie confédérale d’accompagnement du capitalisme » et à revenir à la lutte de classe, celle d’Alexis Antoine de Molex mêlant dénonciation des attaques du patronat et de l’État et appel à la lutte et à la solidarité de toute la CGT avec ceux qui se battent et notamment les Conti, ont recueilli un large soutien des congressistes.


De fait, les luttes étaient grandement absentes du congrès. La direction, sous la pression des interventions critiques, fut obligée d’accepter de nombreux amendements, tant sur le débat général que sur les revendications. Mais, sans revenir aux 37,5 annuités de cotisations sur les retraites ou à un chiffrage des augmentations de salaires comme point de départ des luttes futures.


La direction s’est arc-boutée sur ce qui était, pour elle, les enjeux essentiels de ce congrès : validation de la sécurité sociale professionnelle et du nouveau statut du travail salarié comme réponses immédiates et horizon indépassable des luttes contre les licenciements ; refus de toute revendication chiffrée sur les salaires ou les retraites ; poursuite de la modification de l’organisation de la Confédération avec regroupement des fédérations, suppression des unions locales voire des unions départementales, structures géographiques appelées à être remplacées par des unions régionales plus dociles, concentration de la direction dans un comité exécutif et un bureau confédéral réduits et entièrement à la main du secrétaire général et d’une équipe de conseillers proches de la social-démocratie libéralisée.


Les votes semblent traduire un soutien massif à la direction. Le nombre significatif de « contre » le rapport d’activité (7,7 % d’abstention, 77,2 % pour, 22,7 % contre soit +6 % par rapport au 48e congrès) ne saurait masquer les 76 % (sur les structures) à 86 % (sur les jeunes) sur les différentes parties du document d’orientation. Sans parler du score quasi historique (90 %) pour la direction confédérale.


Tout se joue d’abord en amont (désignations téléguidées des délégués, votes « contre » devant seuls être recensés, toutes les autres voix étant considérées comme « pour » et les abstentions sorties des pourcentages), puis, pendant le congrès, pressions permanentes exercées sur les délégués exprimant des désaccords et dénonciations des « dissidents » avec une grossièreté et une violence toutes staliniennes.


Au total, malgré les résultats des votes, c’est plutôt un sentiment d’interrogation voire d’inquiétude qu’expriment les délégués : le mouvement syndical en général et la CGT en particulier seront-ils capables d’impulser les mobilisations nécessaires dans les mois qui viennent sur les retraites, les licenciements, les conditions de travail ou les salaires.


Ce n’est pas avec, comme seule échéance, la journée internationale de mobilisation du 24 mars ou l’alliance avec la CFDT d’un Chérèque que la direction confédérale n’a même pas osé faire entrer dans la salle du congrès, que les militants se sentent armés pour les batailles à venir.
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:17
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À l'issue du congrès de la CGT, son secrétaire général Bernard Thibault s'est auto-félicité de l'adoption du rapport d'activité de la direction par 77,3 % des voix, jugeant qu'il s'agissait là d'un « très bon résultat ».

 
« Je considère que la direction confédérale a un bilan d'activité tout à fait honorable, dans un contexte où on a laissé entendre, en long, en large et en travers, qu'il y avait un gros problème de relations entre le sommet et la base », a-t-il déclaré lors d'un point de presse. Lors du congrès précédent, en 2006, le rapport d'activité avait cependant été approuvé par une plus forte majorité des délégués : 82 % des voix.

Mais discuter du résultat des votes comme s'ils représentaient véritablement les opinions de la base est un non-sens, car la désignation des délégués se fait - et ce n'est pas une nouveauté de ce congrès - avec des méthodes qui ont peu de chose à voir avec ce que devrait être le fonctionnement démocratique d'un syndicat.

 Comment interpréter le fait que 76 % des délégués participaient pour la première fois à un congrès de leur confédération, c'est-à-dire que seulement 24 % des délégués du congrès de 2006 étaient encore présents en 2009 ? Le congrès de 2006 lui-même avait été renouvelé à 72 %.

 Ce qui signifie que moins de 7 % des délégués de 2009 étaient présents en 2003. Il est bien sûr impossible de dire ce que sont devenus les 93 % de délégués de 2003 absents en 2009, combien sont décédés, combien ont abandonné l'activité, combien ont été écartés. Mais visiblement la composition de la direction confédérale est nettement plus stable que celle du congrès, puisque la moitié des membres du Comité confédéral national y avaient déjà été élus il y a trois ans.

Pourtant, ce qui était visible dans ce congrès c'est que, malgré tous les efforts du Bureau confédéral pour éliminer d'éventuels contestataires connus comme tels, parmi les jeunes délégués présents pour la première fois bon nombre n'étaient pas satisfaits de la politique de la direction confédérale, lui reprochant d'avoir été « molle » et de n'avoir pas su mettre à profit le rapport de forces né des manifestations réussies du début de l'année.

 Un ouvrier de Molex a reproché aux confédérations syndicales leur silence après le jugement qui a condamné des ouvriers de Continental pour avoir envahi la sous-préfecture de Compiègne.

Mais c'est sur l'attitude à avoir face à ce que le gouvernement appelle la réforme des retraites qu'est apparue la divergence la plus nette entre la direction confédérale et une partie des délégués.

Plusieurs interventions demandaient pourquoi le document d'orientation préparé par la direction confédérale ne revendiquait pas un retour à une durée de cotisation de 37 ans et demi pour pouvoir bénéficier d'une retraite à taux plein.

 Le document confédéral évoque simplement la volonté « d'arrêter la spirale de l'allongement de la durée de cotisation ». La direction prétend que ce qui est le plus important, c'est de défendre à tout prix la retraite à 60 ans. Mais la possibilité de prendre sa retraite à 60 ans devient de plus en plus hypothétique avec l'augmentation du nombre des annuités nécessaires. Et le refus de revendiquer le retour aux 37,5 annuités revient à accepter ce qu'ont fait les différents gouvernements qui se sont attaqués aux retraites.

Mais en la matière la direction confédérale se contente de peu. Le Duigou, le spécialiste des retraites à la direction confédérale, a ainsi déclaré : « Dire que l'on n'a connu que des échecs en matière de retraites, c'est se tirer une balle dans le pied. Bien sûr qu'on a connu des reculs, mais aujourd'hui la capitalisation ne représente toujours que 5 % des retraites perçues en France, alors que certains pays en sont à 15 ou 20 %. »

Il n'est pas sûr qu'avec ce genre d'argument il ait réussi à convaincre tous les militants que déçoit l'attitude de la confédération.
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:13
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Un documentaire télévisé vient de montrer ce qu'a été et ce qu'est l'exploitation minière de l'uranium, par Areva, au Gabon et au Niger. Le constat est accablant.

Au Gabon, des mines ont été exploitées durant quarante ans, de 1958 à 1999, par la Comuf, une filiale d'Areva. Lorsque les enquêteurs y reviennent aujourd'hui avec des compteurs pour mesurer la radioactivité, ils sont épouvantés par les doses plusieurs fois supérieures à la normale, qui restent dans les environs.

Pas seulement dans les anciennes mines, aujourd'hui condamnées et transformées en lacs, mais dans tout le voisinage. Les femmes vont laver le manioc dans des mares radioactives. Pire que tout peut-être, les maisons de ce qui a fini par devenir une petite ville de 7 000 habitants ont été construites avec des minéraux récupérés sur les terrains miniers, et les maisons sont radioactives. Certains bâtiments publics également, ainsi qu'une digue sur une rivière...

Bref, il s'agit d'une véritable entreprise d'assassinat, les anciens mineurs malades et qui meurent, souvent de cancer, sont légion. D'ex-cadres européens expatriés en Afrique ont, eux aussi, été victimes de cette mine.

Ce qui reste aujourd'hui, on peut le constater, mais les anciens salariés de la Comuf expliquent qu'ils travaillaient sans aucune protection et sans aucune mise en garde sur les dangers de la radioactivité. Ils étaient juste bons pour crever quelques années après leur travail... Et jamais les mineurs ni leurs familles n'ont reçu la moindre aide de la Comuf, aujourd'hui disparue, ni d'Areva qui, elle, existe toujours.

Le documentaire montrait aussi les mines d'uranium d'Areva au Niger. Une mine nouvelle va être ouverte à Imouraren dont les dirigeants nous expliquent que, cette fois, pour celle-ci, toutes les précautions seront prises. C'est évidemment à voir : le documentaire mentionnait un cadre français qui venait déjà de mourir d'un cancer et surtout les mines exploitées depuis 1968 à Arlit, une autre ville du Niger, donnent lieu à la même pollution radioactive que l'on constate aujourd'hui au Gabon.

Ce que l'émission ne disait pas, c'est d'ailleurs qu'Areva projette de reprendre l'exploitation de l'uranium au Gabon. Une délégation d'Areva, conduite par la patronne, Anne Lauvergeon, vient de rencontrer le nouveau chef d'État gabonais, Bongo Odimba (fils d'Omar Bongo) qui s'est montré enthousiasmé par ces projets.

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Pour faire bonne mesure, Areva annonce la mise en place d'un « observatoire de santé » pour « regarder effectivement s'il y a des problèmes ou non ».

Des problèmes, il y en a, cela crève les yeux. Cinquante ans après l'ouverture de la mine, dix ans après sa fermeture, il y aura peut-être des plaintes en justice qui risquent de traîner des années, d'autant que l'État gabonais ne voudra faire nulle peine aux intérêts français. Peut-être certaines victimes recevront quelques indemnités. Mais qui reconstruira les maisons et même l'ensemble de la ville ? Et personne ne fera revenir tous ceux qui sont morts ou qui vont mourir.


André VICTOR
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:11
manifestazione di lotta continua a palermo


Il n'a pas fallu longtemps aux partisans de Berlusconi, peu après que le 13 décembre celui-ci a été blessé au sortir d'un de ses meetings à Milan par un homme présenté comme un déséquilibré, pour accuser la gauche en général d'être responsable d'un « climat de violence politique » qui aurait armé la main de l'agresseur. Les dirigeants des partis d'opposition sont ainsi sommés de cesser leurs critiques à Berlusconi sous peine d'être pratiquement accusés de complicités terroristes !

Coïncidence des dates, la veille même, le 12 décembre, des manifestants avaient commémoré à Milan l'attentat qui, il y a quarante ans, avait marqué le début de ce que l'on allait appeler la « stratégie de la tension » émanant, non certes de la gauche, mais de l'État et de la droite italienne... et d'une certaine façon de ceux qui, avec Berlusconi, sont au pouvoir aujourd'hui.

En effet, le 12 décembre 1969 en fin d'après-midi, la Banque de l'Agriculture, Piazza Fontana en plein centre de Milan, était secouée par une violente explosion. Dans les décombres, là où quelques instants auparavant se pressait la clientèle, on relevait seize morts et 88 blessés. Cet attentat aveugle, évidemment organisé à une heure de forte affluence de façon à faire le plus possible de victimes, intervenait dans un climat politique et social tendu. Depuis des semaines l'Italie vivait à l'heure de « l'automne chaud ». Dans tout le pays, toutes les catégories de travailleurs s'étaient mobilisées pour mettre à l'ordre du jour les revendications ouvrières : salaires, conditions de travail, horaires, régime interne des entreprises ; toutes les exigences des travailleurs, bien trop longtemps contenues, étaient mises sur la table à travers des grèves et des manifestations que les directions syndicales elles-mêmes avaient bien du mal à garder sous leur contrôle.

En ce mois de décembre, cette saison de luttes se concluait, au moins provisoirement. Dans la plupart des catégories, des conventions collectives étaient signées, marquant de réels progrès pour les travailleurs. Mais patrons et gouvernants ne pouvaient qu'être inquiets pour les suites d'un mouvement qui avait été une véritable explosion sociale. Dans ces circonstances, l'explosion de Piazza Fontana, en alourdissant considérablement le climat, allait leur rendre service.

De fait, dans les heures qui suivirent, la police de Milan dirigeait ses investigations dans une seule direction : celle des groupes anarchistes. Bien qu'aucun élément précédent n'ait indiqué que ceux-ci aient envisagé une politique d'attentats à la bombe, une dizaine d'arrestations étaient effectuées parmi eux. Le gouvernement et une grande partie de la presse s'empressaient de les accuser de l'attentat et, au-delà, d'incriminer plus largement la gauche, les syndicats, les travailleurs grévistes pour le climat de tension existant dans le pays. Un militant anarchiste, le cheminot Giuseppe Pinelli, était arrêté et interrogé trois jours durant dans les bureaux de la Questure (la préfecture de police) de Milan. Au troisième jour, Pinelli mourait en tombant d'une fenêtre du cinquième étage dans la cour de la Questure, la police affirmant qu'il s'agissait d'un suicide. Parallèlement, suite au témoignage d'un chauffeur de taxi, un autre militant anarchiste, Pietro Valpreda, était accusé d'avoir déposé la bombe et inculpé.

Pourtant, dès les premiers jours suivant l'attentat, une piste se dessinait menant vers des groupes d'extrême droite ayant bénéficié de l'appui des services secrets de l'État. Mais il fallut trois ans pour que, en 1972, des magistrats milanais puissent reprendre l'enquête en incriminant notamment deux militants fascistes, Franco Freda et Giovanni Ventura. Ils tentaient aussi, au-delà de ces deux exécutants, de remonter la piste vers les services secrets, notoirement liés à l'extrême droite, et les dirigeants politiques qui les avaient couverts.

Aussi en 1974 l'instruction était-elle retirée à ces magistrats trop curieux et transférée loin de là, à Catanzaro dans le Sud « pour motifs d'ordre public ». Bien d'autres épisodes judiciaires allaient se succéder encore, au terme desquels Valpreda allait être libéré... sans que Freda et Ventura soient reconnus responsables de l'attentat. C'est finalement en 2005 que la Cour de cassation a classé définitivement l'affaire : l'attentat de Piazza Fontana n'avait donc pas de coupable.

Pendant des années cependant, dans les manifestations, les militants de gauche ont proclamé leur conviction que « le massacre était d'État » (la strage è di Stato).

 Ils l'ont fait encore cette année à l'occasion de la commémoration de l'attentat de Piazza Fontana. Celui-ci, comme celui de la gare de Bologne en 1980, l'affaire de la loge P2 et d'autres, a montré en effet que des dirigeants politiques, appuyés sur les services secrets et collaborant avec des militants d'extrême droite, se sont entendus pour mettre en place cette « stratégie de la tension ».

En organisant ou en couvrant des attentats, il s'agissait de chercher à criminaliser la gauche et le mouvement ouvrier et d'effrayer l'électorat. Sans que la lumière soit jamais vraiment faite sur ces sombres dessous de l'État italien.
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:08
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 Les États au service des capitalistes pollueurs


L'un des enjeux du sommet de Copenhague est l'extension aux États-Unis et à la Chine du « marché carbone », encore appelé marché des « quotas d'émission de CO2 », des « permis d'émission de CO2 », ou, plus justement, des « permis à polluer ».

Pour l'instant, les discussions sont au point mort car les États-Unis se refusent à rentrer dans ce marché, n'acceptant toujours pas de mesure contraignante sur le plan écologique et ils pourraient être suivis par la Chine.

Ce nouveau système boursier est essentiellement cantonné à l'Europe pour le moment, concernant environ 12 000 entreprises et 45 % des émissions de CO2. Dans ce système, chaque participant, État ou entreprise, se voit attribuer une certaine quantité de quotas d'émission de CO2 par an (en tonnes de CO2), mesurant la quantité de CO2 qu'il a le droit d'émettre chaque année. S'il dépasse cette quantité, il devra acheter sur le « marché carbone » les quotas manquants ; si au contraire, il émet moins de CO2 que ce qui a été autorisé, il pourra revendre les quotas en surplus sur ce même marché, selon un cours de la tonne de CO2 fixé par le jeu de l'offre et la demande.

Soumettre à la loi du marché, et donc à la spéculation, le droit à polluer des industriels, voilà qui est bien à l'image de ce monde capitaliste où tout s'achète et tout se vend...

L'intention affichée de ce marché des quotas se voulait vertueuse : ce devait être un moyen d'inciter les entreprises à investir dans des installations moins polluantes. Mais cela n'est efficace que si le cours du quota d'émission de CO2 est suffisamment élevé pour que les capitalistes jugent plus rentable d'investir pour moderniser leurs installations que d'acheter des permis à polluer.

Or, depuis 2005, date de la création de ce marché au niveau européen, le cours du quota d'émission n'a jamais vraiment décollé. Aujourd'hui, il ne dépasse pas les 15 euros pour une tonne de CO2. La raison de cet échec ? Les multiples avantages et dérogations accordés par les États à leurs industriels respectifs.

Le calcul des quotas d'émission de chaque entreprise polluante a au départ été largement surestimé, à tel point que les premières années, la plupart des industriels ont émis moins de CO2 que ce qui leur avait été accordé. Les plus grands pollueurs, comme ceux de l'industrie pétrochimique par exemple, ont même empoché des millions de bénéfices en revendant les permis à polluer ainsi économisés !

Les industriels ont ensuite bénéficié du mécanisme de développement propre (MDP) : en investissant dans un projet industriel « écologique » dans un pays du Sud, un capitaliste se voit attribuer de nouveaux quotas d'émission pour ses propres industries dans son pays d'origine, correspondant aux tonnes de gaz à effet de serre qui seront économisées dans ses nouvelles installations.

Le bilan de ces projets MDP est édifiant : très peu d'entre eux concernent les pays les plus pauvres, beaucoup sont très vaguement « propres » et de toute façon, moins de la moitié ont effectivement démarré !

Ainsi le « marché carbone » n'a pas décollé et ne s'est donc pas révélé particulièrement intéressant jusqu'à présent pour les spéculateurs en quête de bons placements.

Mais il n'a pas non plus permis de limiter la pollution due aux industries européennes car la priorité pour les États n'est pas la même s'il y va de l'avenir de la planète : elle est d'abord de servir au mieux les intérêts de leurs capitalistes respectifs.
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:05

article manif-amiante

À Turin, en Italie, vient de s'ouvrir le procès de deux hauts dirigeants du groupe Eternit, spécialisé dans le traitement de l'amiante : le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny. Ils sont accusés de « désastre sanitaire » ayant causé la mort de plus de 2 000 personnes, ouvriers et habitants des villes voisines des quatre usines italiennes.

Des centaines d'autres personnes, contaminées, sont toujours en sursis. Eternit a cessé ses activités en 1986, mais l'amiante n'a été interdit en Italie qu'en 1992 (et en 1997 en France).

Ce procès est l'aboutissement du combat mené sans relâche depuis plus de vingt ans par les victimes ou leurs familles pour que les vrais responsables soient jugés par un tribunal pénal - ce que réclame pour la France l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva). Près de 3 000 victimes d'Eternit se sont portées partie civile.

Présente dans 72 pays, la multinationale Eternit a contaminé des salariés et des habitants sur toute la planète, relève le bulletin de l'Andeva. Elle possédait quatre usines en Italie, deux dans le nord, une à Reggio Emilia et une près de Naples.

 La plus grande mine d'amiante d'Europe est située à 20 km de Turin, et dans la région s'étaient installées diverses industries fabriquant des produits à base d'amiante. L'usine Eternit de Casale Monferrato, à une centaine de kilomètres de Turin, a pollué toute la région, comme l'ont fait les autres usines du groupe. Son site reste pollué, des années après sa fermeture.

Les témoignages des victimes sont accablants. Les trains transportant l'amiante depuis la mine traversaient cette ville de 50 000 habitants, en y disséminant les poussières. De plus, Eternit distribuait gratuitement les déchets amiantés, qui ont servi à empierrer les ruelles de la ville ainsi que des villes avoisinantes.

Du fibrociment défectueux a aussi servi à construire des maisons pour les ouvriers ou les habitants. Quand ceux-ci, avertis du danger, ont voulu s'en débarrasser, vu le prix exorbitant demandé par les entreprises spécialisées, des décharges sauvages sont apparues le long des routes. Jusqu'à ce que municipalité, région et État décident de prendre les frais en charge, en se retournant ensuite contre Eternit.

Les ouvriers, directement en contact avec la poussière d'amiante, ont payé le plus lourd tribut pour que s'enrichissent les actionnaires d'Eternit. Bien que le risque de mésothéliome, cancer de la plèvre lié à l'inhalation de poussière d'amiante, ait été connu depuis des décennies, aucune mesure de protection des ouvriers n'avait été prise dans les quatre usines italiennes d'Eternit : aucune information sur les risques ni de visite médicale, pas de protection individuelle, pas de système d'aspiration des poussières, pas de ventilation des locaux, etc. De plus, les ouvriers rapportaient chez eux leurs bleus de travail pour les laver, exposant ainsi leurs proches à la poussière mortelle.

Encore maintenant, à Casale Monferrato, une cinquantaine de personnes meurent chaque année de mésothéliome, dont les deux tiers n'ont jamais travaillé à l'usine. Et ce n'est pas fini, puisque le « pic » de décès dus à l'amiante est prévu pour 2020.

De nombreuses délégations de travailleurs de différents pays victimes d'Eternit sont venues à l'ouverture du procès. Pour une fois, ce ne sont pas les lampistes qui sont jugés, mais les vrais responsables de ce drame humain. Mais il a fallu l'acharnement des victimes, appuyées pour une fois par la détermination d'un procureur, pour qu'il ait lieu... plus de vingt ans après le dépôt des premières plaintes.
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:02

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La Cour des comptes vient de signaler que si les petites entreprises de moins de 10 salariés payent en moyenne 30 % d’impôts sur leurs bénéfices, par contre les grandes entreprises du CAC 40, qui font énormément plus de profits, n’en payent qu’à hauteur de 8 %.


Ces multinationales utilisent les nombreuses filiales qu’elles possèdent dans les paradis fiscaux pour masquer leurs bénéfices réels aux yeux de l’État, qui regarde opportunément ailleurs. Par contre, quand le gouvernement veut distribuer des milliards aux banques et industriels, il sait très bien à qui les donner.

 


« Optimisation fiscale » : les sociétés du CAC40 payent moins d'impôts que les PME

Les quarante plus grosses entreprises françaises payent 2,3 fois moins d'impôts sur leurs bénéfices que les PME ou même les entreprises moyennes. Quand un patron de petite ou moyenne entreprise verse 100, un groupe du CAC 40 ne verse que 43, à bénéfice égal. C'est ce qu'a mis en lumière, début octobre, un rapport officiel du Conseil des prélèvements obligatoires.

Les allégements nouveaux - 11,8 milliards d'euros en 2007 et 40 milliards en 2008 - ont bien sûr surtout profité aux plus gros. Les membres du club du CAC40 ont bénéficié au total d'un taux implicite d'imposition - l'impôt effectivement payé par rapport au bénéfice net - de 8 %, tandis que les entreprises moyennes de moins de 500 salariés ont dû verser 20 % et les PME de moins de neuf salariés 30 % de leurs bénéfices nets.

C'est que, pour échapper à l'impôt, il faut savoir naviguer dans la complexité des exonérations et exemptions possibles. Il faut user des techniques de sous-capitalisation, qui permettent de faire financer des acquisitions par des filiales peu imposables. Il faut débusquer la moindre niche fiscale, et il en est de toutes sortes, comme le crédit impôt recherche qui coûtera en 2010 quatre milliards à l'État et, selon le rapport, bénéficie massivement aux grandes entreprises.


Il faut enfin savoir se réfugier dans les paradis fiscaux, hypocritement dénoncés au sommet du G20, mais où les entreprises du CAC40 posséderaient environ 1 500 filiales sises au Luxembourg ou en Suisse, à Malte, aux Bermudes ou à Hong Kong : la seule BNP compterait dans ces paradis pour capitalistes 189 antennes.

Sans même avoir besoin de recourir réellement à la fraude, les groupes du CAC40 ont à leur service des nuées d'experts, fiscalistes et juristes, voire des cabinets spécialisés dans ce que, dans le jargon financier, on nomme l'optimisation fiscale ou l'art d'échapper à l'impôt.


Ces services, par définition, fait remarquer le rapport, ne sont à la portée que des grands groupes capitalistes, « qui ont la capacité de tirer profit de cette complexité en minorant leurs charges », les plus petits ayant à se contenter de cabinets fiscaux spécialisés sur Internet, ou même de simples experts-comptables.

Et 8,5 milliards d'euros de manque à gagner soustraits aux impôts par les quarante groupes en 2008, c'est l'équivalent de 150 000 emplois supprimés dans les services publics indispensables à la population !

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 08:50


Il y a 10 ans, le monde entier découvrait avec surprise les manifestations de Seattle contre la rencontre ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Ces “journées qui ont ému le monde” ont marqué l'émergence de ce qui allait être qualifiait comme le “mouvement anti-mondialisation” et ont inauguré un nouveau cycle international de mobilisations axées sur la critique la globalisation néolibérale.

Avant Seattle

Seattle n'a pas surgi du néant. Les événement de novembre 1999 ont représenté, dans une certaine mesure, le sommet de tout une processus de gestation et de développement de luttes et de résistances contre la globalisation capitaliste initiées à partir du milieu des années '90, avec comme acte de naissance symbolique le soulèvement zapatiste du 1er novembre 1994.


Depuis la deuxième moitié des années '90, une série de campagnes internationales, de mobilisations et de rencontres - en articulation avec des luttes significatives à l'échelle de certains Etats - ont peu à peu mis en réseau un ensemble d'organisations et d'initiatives, dont la solidité et l'expérience ira en croissant. Rendue visible à Seattle pour l'ensemble de l'opinion publique, la critique de la globalisation venait donc pourtant de loin.

La “bataille de Seattle”

Les mobilisations de Seattle, où ont convergé un vaste spectre d'organisations et de réseaux de différents pays et des Etats-Unis, ont représenté un “avant et un après” dans la trajectoire du mouvement.

Le mélange entre la surprise causée par un rejet aussi affirmé qu'inespéré contre les fondements du capitalisme global au coeur même de la “bête”, le radicalisme des formes de la mobilisation (particulièrement le blocage de la session inaugurale du sommet) et l'échec final des négociations officielles, tout cela explique l'énorme impact provoqué par la “bataille de Seattle”.

L'explosion du mouvement

Seattle a été le point de départ d'une période de croissance rapide du mouvement, et cela jusqu'aux mobilisations contre le G8 à Gênes en juillet 2001 et les attentats du 11 septembre à New-York.


Ce furent des années de développement linéaire, semi-spontané et en “pilotage automatique” du mouvement. Des centaines de milliers de personnes ses sont identifiées avec ses mobilisations et une grande diversité de collectifs de toute la planète ont eu la sensation de faire partie d'un même mouvement, de partager les mêmes objectifs et de se sentir comme participants d'un combat commun.


Il semblait que de plus en plus de secteurs commençaient à voir leurs problèmes concrets à partir d'un point de vue global et à les percevoir, bien que de manière imprécise et diffuse, comme faisant partie d'un processus plus vaste. Le mouvement “anti-mondialisation” s'est rapidement configuré comme un mouvement porteur d'un rejet complet de la logique de la mondialisation néolibérale, synthétisé par ses slogans les plus connus tels que “Le monde n'est pas à vendre”, “Mondialisons la résistance” et “Un autre monde est possible”.

Après le 11 Septembre

La mobilisation à Gênes et les attentats du 11 septembre à New-York ont brutalement inauguré une nouvelle phase dans la trajectoire du mouvement altermondialiste. Au cours des premiers mois suivants le 11 Septembre, il a commencé a donner des signes d'essouflement et de perte de centralité politique et médiatique.


Cependant, cette situation de désorientation et d'incertitude initiale s'est rapidement dissipée et le mouvement à pu récupérer à nouveau une certaine capacité d'initiative à la faveur de la crise en Argentine et du scandale d'Enron. En janvier 2002, le succès du 2eme Forum social mondial de Porto Alegre démontrait que, loin d'avoir disparu, le mouvement se poursuivait avec force.


En peu de temps, face à la stratégie de “guerre globale permanente” menée par l'administration Bush, la dénonciation de la guerre et de l'impérialisme ont pris une place centrale dans les activités d'un mouvement jusqu'alors centré sur les questions sociales et économiques. La guerre en Irak a déclenché une des plus importantes mobilisations internationales contre la guerre de l'histoire avec comme point d'orgue la journée mondiale du 15 février 2003, qui a amené le journal The New York Times (17/02/05) a affirmer qu'il “existe deux superpuissances planétaires, les Etats-Unis et l'opinion publique mondiale”.

Perte de centralité

A partir de la fin 2003 et de 2004 une nouvelle étape commence avec une perte de visibilité des mobilisations internationales “anti-mondialisation”, de la capacité du mouvement à agglutiner de nouvelles forces, d'une situation de plus grande dispersion, de régionalisation et de “nationalisation” des luttes sociales.


L'image d'un mouvement international coordonné, qui agissait comme un pôle d'attraction et un référent symbolique, disparaissait. A partir de cette période ont commencé à dominer les tendances à la fragmentation et à la dispersion.


Depuis lors, bien que le contexte général a été marqué par l'augmentation des résistances, ces dernières ont été très inégales à travers le monde et ont connues des difficultés importantes en Europe et aux Etats-Unis, avec un caractère défensif accentué et très peu de victoires à la clé permettant de modifier le rapports de forces de manière solide.


En Amérique latine, par contre, le modèle d'accumulation néolibéral a connu une crise profonde, faisant de ce continent, dix ans après Seattle, le principal bastion de la résistance.

De “l'anti-mondialisation” à l'anticapitalisme

L'éclatement de la Grande crise de 2008, avec l'effondrement de Wall Street et la crise financière et bancaire, a ouvert un nouvel espace pour les résistances à la globalisation. Malgré la rhétorique grandiloquente des sommets du G20 de Washington, Londres et Pittsburg, les mesures adoptées depuis un an ont avant tout cherché à faire payer les frais de la crise aux secteurs populaires et à bétonner les fondements du système économique dominant, sans mener aucun changement fondamental - au-delà de la correction apportée à certains “excès” négatifs du point de vue du fonctionnement de ce système lui-même.


L'incapacité à arracher des changements importants dans les politiques dominantes s'explique fondamentalement par la faiblesse des réactions collectives. Le décalage entre le malaise social et le discrédit du modèle économique actuel d'une part et leur traduction sur le terrain de la mobilisation sociale saute aux yeux.


La crise met donc en avant le double défi de rénover les perspectives stratégiques et de donner une réponse à la montée du rejet du système économique dominant, mais aussi de résoudre cette difficulté à lancer la protestation sociale. “Changer le monde” s'avère ainsi une tâche bien plus difficile que ce qu'avait imaginé bon nombre des manifestants de Seattle.


Continuer à axer la critique sur le terrain de l'antinéolibéralisme ne suffit plus. Passer à l'étape d'un anticapitlaisme conséquent apparaît aujourd'hui comme un développement stratégique nécessaire pour avancer vers cet “autre monde possible” dont le mouvement “anti-mondialisation” a fait sa référence principale.


Josep Maria Antentas et Esther Vivas sont membres de Izquierda anticapitalista (Gauche anticapitaliste, Etat espagnol) et auteurs de “Resistencias Globales. De Seattle a la crisis de Wall Street” (Editorial Popular, 2009). Artícle publié dans Altermundo-Galicia Hoxe, 29/11/09, traduit de l'espagnol pour le site www.lcr-lagauche.be
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