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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 13:43

Par Ivan du Roy (26 octobre 2010)


Spécialiste du syndicalisme, Jean-Marie Pernot décrypte pour Basta ! les ressorts du mouvement social. Loin d’être une mobilisation par procuration, comme les précédentes grandes grèves qui reposaient sur la fonction publique, le mouvement est multiforme et propose à chacun d’y participer selon ses capacités. S’inscrira-t-il dans la durée ? Continuera-t-il d’être soutenu par les syndicats ? Voici quelques éléments de réponse.

 


 

 

© Daniel Maunoury


Basta ! : Êtes-vous surpris par l’intensification du mouvement social ? Quels ont été les facteurs qui l’ont fait passer de journées espacées de mobilisation à des actions quasi quotidiennes sur tout le territoire ?


Jean-Marie Pernot [1] : Il y a un dynamisme social qui tranche avec les mouvements esquissés les années antérieures, qui étaient à ce moment très encadrés par les syndicats et sans grandes perspectives. Le mouvement actuel n’a pas forcément débordé le cadre syndical, mais les ambiguïtés au sein de l’intersyndicale ont finalement permis un cadre assez souple : un mouvement multiforme qui se développe sur tout le territoire. Il y a un an, les manifestations de janvier et de mars 2009 ont montré un mécontentement social assez fort.

 

La crise est passée par là, avec un taux d’emplois qui se dégrade dans tous les secteurs, une précarité qui ne recule pas et des grèves d’usines relativement dures. C’est tout cela qui résonne aujourd’hui. Plus la perception d’un gouvernement qui gouverne pour les riches, l’affaire Bettencourt, et une arrogance du pouvoir de plus en plus mal vécue. Parallèlement, le taux d’endettement des ménages a pris dix points en cinq ans. Cela illustre la dégradation de la situation économique des gens, et aussi la difficulté pour certains d’entrer dans la grève. C’est l’envers de la question du travail.


En 1995 et en 2003, les mobilisations étaient portées par les salariés du public. Est-ce toujours le cas ? Quel est l’état des mobilisations dans le privé ?


Nous ne disposons pas d’outils pour mesurer les jours de grève dans l’ensemble du secteur privé. Dans la fonction publique, nous constatons des taux de grévistes relativement proches de ceux des grandes entreprises privées. Ce ne sont plus la RATP ou la SNCF - même si la grève des cheminots y est assez suivie - qui donnent la température mais les raffineries. Ce n’est pas plus mal. Cela devenait pénible que la température sociale du pays se résume à deux entreprises.

 

Même si le secteur pétrolier est en pointe, nous ne sommes pas dans une logique de grève par procuration. C’est sûr que faire grève lorsque l’on achemine du pétrole offre plus de possibilités que de débrayer dans une boulangerie industrielle. Mais tout le monde s’engage : on bloque des routes, une zone industrielle, une voie ferrée… Le mouvement est multiforme. Le cadre installé est très large. La base est invitée à prendre des initiatives. Chacun peut y apporter sa contribution en fonction de ses capacités, faire grève, participer à une action ou simplement manifester le samedi.


Plusieurs médias évoquent un risque de radicalisation. Quelles en seraient, selon vous, les formes ?


Le mouvement lycéen me semble un peu fragile. Le manque des débats en son sein limite, pour l’instant, ses potentialités. Le mouvement étudiant reste très en retrait. C’est d’ailleurs curieux d’assister à une mobilisation des lycéens et des salariés, sans les étudiants au milieu. Parmi les salariés, vu le caractère extraordinaire du mouvement, faire des pronostics est très dangereux. Cela dépend aussi du niveau d’arrogance de Sarkozy. Y aura-t-il des changements d’axe dans la mobilisation ?

 

La combativité est forte mais, si rien ne bouge sur les retraites, quels seront ses objectifs ? Le CPE a certes été supprimé après avoir été promulgué mais ce n’était qu’un aspect d’une loi qui a été maintenue dans l’ensemble. Le contexte de la réforme des retraites est différent. Car c’est l’ensemble du texte qui est en cause.


Au-delà de la réforme des retraites, le mouvement met-il l’accent sur d’autres revendications ?


La dynamique du conflit va, pour l’instant, croissante. Lors de la dernière journée nationale de mobilisation, nous avons recensé 270 manifestations dans toute la France, y compris dans des endroits improbables, des petites villes. C’est un moment de politisation très fort. Dans les familles, au bistro, dans les ateliers, les gens s’emparent du sujet des retraites. Et la question de la répartition des richesses est au cœur des débats. L’argument essentiel avancé par le gouvernement, la démographie, ne prend pas. Pour les gens, la question centrale n’est pas là, mais dans la part de la richesse consacrée aux retraites. Il existe une perception très forte que, dans une société comme la nôtre, il y a de l’argent : pour la rémunération des actionnaires, des traders ou des grandes fortunes… Le système est perçu comme roulant pour les riches. Quant aux autres, il faut qu’ils s’adaptent. C’est cela qui nourrit le conflit. Quelle forme politique portera, demain, tout cela ? C’est l’éternelle question du débouché politique.


Pourquoi, malgré des divergences de plus en plus grandes, l’intersyndicale s’est-elle maintenue ? La CGT et l’Union syndicale Solidaires risquent-elles de se retrouver isolées ?


La puissance du mouvement tient tout le monde, y compris la CGC dont les dirigeants sont plutôt proches de la droite. Le vécu des cadres dans la crise est tel que la CGC est poussé à y participer. Au sein de la CFDT, beaucoup soutiennent le mouvement même si les perceptions du danger de la radicalisation divergent en interne. Les syndicats ont trouvé quelques vertus à l’unité : cela leur confère une certaine utilité et visibilité tout en leur permettant de développer leur discours propre. Cela n’empêche pas, par exemple, la CFDT d’avancer ses pions, comme l’idée d’un régime de retraite à points qui devrait être discuté en 2013. Certains souhaitent la sortie du conflit, sur le thème : on a joué le jeu de la démocratie, mais avec ceux d’en face, on ne peut pas faire plus pour l’instant. Mais ils auront à gérer leurs troupes engagées dans le mouvement.

 

Et en même temps, Sarkozy ne leur a laissé aucun espace. Tout cela les conduit à rester prudent, à éviter une débandade syndicale et à envisager une sortie sans rupture trop manifeste. En réalité, tout cela va dépendre du conflit en lui-même. Le risque, pour Solidaires et la CGT, est d’avoir à gérer les fins de conflits. Solidaires a adopté une position constante et pragmatique – en faveur de la grève générale sachant qu’il faut surmonter bien des difficultés pour y arriver – et ne devrait pas en souffrir. La CGT risque d’être accusée de ne pas avoir mis toutes ses forces dans le mouvement.


Assiste-t-on à un renouveau du syndicalisme ?


C’est trop tôt pour le dire. Depuis 1995, les mouvements sociaux n’ont pas renforcé le syndicalisme, dont le taux d’adhésion plafonne à 8% des salariés. Va-t-on assister à un frémissement, à une envie de syndicalisation ? C’est à observer.

Recueilli par Ivan du Roy

Notes

[1] Chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales, spécialiste du syndicalisme (IRES).

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 12:25

 

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mardi 26 octobre 2010

La MJC de Trégunc invite l'économiste et sociologue à parler des retraites, au Sterenn, le 5 novembre.

La MJC de Trégunc a ouvert un cycle « d'éducation populaire » sur les sujets qui agitent la vie politique et sociale. « Il ne s'agit pas de convaincre, explique la directrice Catherine Le Grand, mais de donner des éléments de réflexion. À chacun ensuite de se faire son opinion. »
Ces rencontres ont lieu en partenariat avec le groupe Attac et la Ligue des Droits de l'homme.

Le prochain invité est Bernard Friot, qui donnera une conférence vendredi 5 novembre, à 21 h, au Sterenn de Trégunc. Le thème annoncé est « Ne pas battre en retraite ».


« Réflexion citoyenne »


« Mais la discussion sera plus large que le problème des retraites, » précise Catherine Le Grand. Pour Michèle Daloz, présidente de la Ligue des Droits de l'homme, « nous assistons à un changement de société, une remise en question de notre système social, créé en 1945.

 

Il faut enclencher une réflexion citoyenne, présenter des alternatives, sans fausses promesses. » Du côté d'Attac, il s'agit de mettre un terme « à une opération de démolition de notre protection sociale ».


Bernard Friot abordera toutes ces questions. Économiste et sociologue, il est professeur à l'université de Paris-Ouest. Ses travaux portent sur le financement de la protection sociale, les politiques européennes en matière d'emploi et de pensions, et le statut des salariés. Son dernier livre est L'enjeu des retraites, paru en 2010 aux éditions Le Dispute. Il prépare pour 2011 L'enjeu des salaires.


L'entrée à la conférence est gratuite.

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 12:06
manifestants-hopital-SUD

Note: C'est CGT FO et Sud pas que Sud! Mais le dessin de Fañch est trop chouette!


Ce matin, à Brest, dans les locaux de l’hôpital Cavale Blanche, sur le coup des 9 h, à l’appel d’une intersyndicale CGT-Sud-FO, une cinquantaine de soignants du CRHU (Centre régional hospitalier universitaire) de Brest-Carhaix s’est invitée à la réunion du Conseil de surveillance.

 

La réunion a été bloquée durant trois quarts d’heure environ. Objet de leur mécontentement : la mobilité du personnel entre les sites de Brest et Carhaix, séparés par 85 km, souhaitée par la direction mais qualifiée de « forcée ». Ces syndicats souhaitent qu’elle soit volontaire, et surtout, que le temps de trajet soit intégré dans le temps de travail.


La réunion de vendredi dernier n’a pas suffi à rassurer ces syndicats (qui sont minoritaires) quant aux dispositifs concrets de ces gardes de 12h, l’absence de prime. Ils ont aussi exprimé leur inquiétude de voir ce dispositif de mobilité mis en place en dehors de tout cadre juridique.

 

Une distance inédite en France, entre deux établissements hospitaliers fusionnés.


Bernard Dupont, le directeur général du CHRU, était étonné de leur présence. Il a précisé que les discussions sont ouvertes depuis deux mois avec les syndicats. Et que des accords ont été trouvés.


La CFDT, syndicat majoritaire, était absente de cette intersyndicale.

 

Note: On ne s'y retrouve pas dans les majorités! CGT , FO et Sud seraient plus nombreux que CFDT , majoritaire relative?

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 08:34

 




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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 08:22


Le Syndicat CGT appelle les salariés du CHRU Brest/Carhaix à un débrayage et un rassemblement dans le hall de l'hôpital de La Cavale-Blanche, ce mardi, à 8h45, à l'occasion de la réunion du conseil de surveillance à 9h.

 

«Nous souhaitons interpeller les membres du conseil de surveillance à propos du malaise qui s'est installé dans le CHRU autour de la mobilité entre les deux sites séparés de près de 100km, écrit la CGT.

 

La direction refuse de tenir compte du volontariat comme préalable à toute affectation ou mouvement de personnel sur Carhaix. La prise en compte du temps de trajet (deux heures trente par jour) dans le temps de travail représente un écueil supplémentaire en terme d'amplitude de travail et de sécurité.

 

Inédite en France, la fusion des deux hôpitaux sert aujourd'hui de laboratoire pour le ministère de la Santé. Aucune disposition juridique ne protège ou prévoit d'indemniser des salariés qui iraient de Brest à Carhaix.

 

Le conseil desurveillance a la compétence pour saisir le ministère et entamer la rédaction d'une charte de la mobilité», ajoute la CGT qui demande des négociations avec l'ensemble des représentations syndicales pour l'ensemble des catégories professionnelles du CHRU Brest/Carhaix.

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 15:50

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Si nous respectons la douleur de la famille, nous ne nous associons pas à la série d’hommages à Georges Frêche, contrairement à tous les dirigeants politique de gauche ou de droite.


Avec ses dérapages, provocations et plaisanteries douteuses, l’homme politique a contribué à la banalisation du racisme dans notre région.

Profitant des pouvoirs donnés pas les lois de décentralisation et cumulant les mandats, il a mis un place un système de gouvernement autoritaire et clientéliste : chantage aux subventions pour contrôler les élus mais aussi menaces et insultes, accords en sous-main ou au grand jour avec des élus de droite contre ses « amis » politiques, pressions pour avoir une presse aux ordres (Midi Libre avait été privé pendant un an de publicités issues des institutions contrôlées par Frêche suite à un article critique)… Notons aussi qu’un pouvoir sans partage sur plusieurs décennies avait provoqué chez lui une forme particulière de mégalomanie, la septimanie (1).


Les admirateurs de Georges Frêche, sincères ou aux appétits mal dissimulés, lui donnent ce jour deux qualités : visionnaire et bâtisseur.

Visionnaire ? Effectivement, sa gestion n’était pas celle des affaires courantes et l’on ne saurait lui reprocher son manque d’ambition. Ceci dit, être « visionnaire » ne définit pas une politique. Si comme élu, alors de gauche, il a anticipé, c’est dans l’adaptation au libéralisme. Il a par exemple été le premier maire à gaspiller l’argent public dans des campagnes de publicité en faveur d’une commune ( « Montpellier la Surdouée » au milieu des années 80). Il a ainsi inauguré médiatiquement la compétition des territoires largement généralisée aujourd’hui et dont les conséquences sont socialement désastreuses. Pour le reste, sa politique fut banalement social-libérale : délégations de service public au privé, cadeaux aux entreprises capitalistes…

Quant à la « surdouée », elle reste vingt-cinq ans après, celle qui détient, parmi les grandes villes universitaires, le bonnet d’âne du chômage, de la précarité et des bas salaires.

Bâtisseur ? Oui, sous les mandats de Georges Frêche, Montpellier et son agglomération ont largement grossi. Notons cependant que c’est aussi le cas des autres grandes villes du Sud et de l’Ouest, cela quelles que soient les politiques menées. De plus, Montpellier dispose d’atouts géographiques et climatiques (mer, soleil…), qui, n’en déplaise à ses admirateurs, préexistaient à George Frèche.

On peut aussi s’interroger. Pourquoi l’expansion urbaine serait-elle une bonne chose en soit ? Montpellier est-elle plus agréable à vivre maintenant qu’il y a trente ans ?

Quant à la « vision » qui fut celle du « bâtissseur », elle est largement discutable : une expansion urbaine continue, sans aucun effort pour préserver une ceinture verte et agricole, des centres commerciaux à l’américaine (Odysseum), de nouveaux quartiers uniformes et sans âme, des problèmes de circulation non résolus malgré des travaux permanents, des ouvrages de prestige coûteux et largement surdimensionnés, (nouvelle mairie, Arena)….

Avec la disparition de Georges Frêche, il est certain qu’une nouvelle page s’ouvre à Montpellier et en Languedoc-Roussillon.

Le NPA n'entrera ni dans les querelles autour du choix du successeur ni dans les conflits, combinaisons et recompositions qui vont agiter les deux PS et leurs alliés potentiels. Dans le prolongement du programme défendu avec nos partenaires lors des dernières élections régionales, nous agirons pour la construction d’une véritable alternative de gauche à la gestion « Frêche ».

David Hermet, porte-parole du NPA 34.

(1) Nom que George Frêche voulait substituer à celui de la région Languedoc-Roussillon, par analogie avec une région de l'empire romain.
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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 15:39
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Social lundi 25 octobre 2010 Ouest France

« La mobilisation contre la réforme des retraites s’est ancrée dans la durée », assure l’intersyndicale du Finistère ( CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FSU, Solidaires et Unsa). Celle-ci a décidé une action pour ce mardi matin.

Une distribution de tracts aux ronds-points et aux principales entrées de villes finistériennes doit être effectuée, de 6 h à 9 h.  

 

« L’objectif n’est pas de gêner la population mais de l’nformer, précise Hervé Goachet pour la CFDT. On pense qu’il faut garder son soutien. Dresser les salariés entre eux n’est pas la bonne méthode. »


Deux nouvelles journées d’action ont d’ores et déjà été décidées.

 

Le jeudi 28 octobre est prévue comme une journée de manifestations et de grèves.

 

Cinq sont organisées dans le Finistère à 10 h 30 à : Brest, Carhaix, Morlaix, Quimper et Quimperlé.

 

Une autre est arrêtée au samedi 6 novembre.

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 14:25
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Les deux extrêmes: enfin, ceux de gauche, wallons,  sont ultra minoritaires, ceux de droite, majoritaires.
Dirk Tuypens, Lebuïn D’Haese, Lieve Franssen

22 octobre 2010


La solidarité grandit une culture, ou en néerlandais « Soldariteit maakt een cultuur groot ». C’est le slogan de cette initiative de 200 personnalités du monde culturel, artistique et médiatique néerlandophone. Encore une preuve qu’au Nord du pays, tout le monde n’est pas pour une scission du pays et pour toujours plus de division. Oui, il existe des néerlandophones qui utilisent ouvertement le mot « solidarité », et qui s’unissent pour aller à contre-courant du discours dominant, pour défendre une autre Flandre que la Flandre de Bart De Wever et de ses amis patrons.

Le 11 juillet dernier, le président du Parlement flamand, Jan Peumans (N-VA), s’inquiétait du « manque d’identité » dont souffre la Flandre. Car c’est cette identité même qui doit « mener au devenir d’une nation ». Selon lui, l’importance de ce devenir d’une nation « n’a pas encore été suffisamment intégrée pour convaincre toute la population ». Pour lui, la mission de la Région flamande est de combler ce vide. Et à côté de cela, il n’a pas hésité à critiquer vivement ces « milieux artistiques et intellectuels qui minimisent, voire nient les sentiments identitaires flamands ».


En tant que citoyens qui, chaque jour, baignons dans la culture au sens large, nous rejetons le discours sur la culture et l’identité qu’on nous propose ici. Il vide de leur contenu les notions de culture et d’identité et les transforme en instruments de manipulation à des fins politiques. Nous avons déjà une culture et une identité. Elles sont également flamandes, mais pas « exclusivement ». Nous ne voulons pas qu’elles soient « comblées » d’un concept nationaliste flamand. Cela signifierait un appauvrissement et une attaque contre ce que nous sommes aujourd’hui.

1. Parce qu’il s’agit d’un processus d’exclusion et d’aliénation

En tant que ministre chargé entre autres des médias, Geert Bourgeois (N-VA) a fait tout un tintouin pour une chanson du groupe Clouseau : « Une chanson de propagande belgiciste, un plaidoyer en faveur d’une gouvernance malsaine. » En 2009, lorsque la VRT a retransmis le concert Belgavox, Bourgeois a réagi furieusement : « Je trouve cela absolument inadmissible. Il s’agit d’une initiative visant à renforcer l’identité belge. » Ces déclarations illustrent clairement une caractéristique condamnable de la « formation de l’identité flamande » : une identité est glorifiée, l’autre – ici, l’identité belge – est maudite. À nos yeux, c’est inacceptable.


Nous nous opposons à la création d’une image qui dresse les uns contre les autres les gens de notre pays en tant que groupes culturels inconciliables. Nous n’acceptons pas que nos compatriotes francophones soient présentés comme porteurs d’une culture caractérisée par une absence de sens des responsabilités, par la paresse et le « profitariat », par une manie du vol et une tendance à l’expansionnisme.

2. Parce que cela cache un agenda antisocial

Le nationalisme flamand qui, il y a longtemps, exprimait une résistance légitime à la discrimination s’est aujourd’hui mué en « nationalisme économique ». Il se traduit par des thèmes comme les transferts, les prétendus « chèques en blanc remis aux Wallons », le « fédéralisme de l’argent de poche », etc. Bart De Wever a donné un contenu socioéconomique à l’identité et la culture flamande. Par exemple, lors des négociations, lorsqu’il à déclaré que l’organisation patronale flamande, le Voka, était son patron et qu’il n’était satisfait que lorsque le Voka l’était aussi.

 

Lorsqu’on lit de près le programme socioéconomique de la N-VA, on voit que De Wever a fait de l’agenda du Voka celui de son propre parti. Cela ouvre la perspective peu attrayante d’une Flandre où les bénéfices économiques primeront et où les acquis sociaux seront détruits. Les soins de santé, les pensions, les indemnités de chômage, l’aide sociale, passeront à la casserole. Les personnes qui voudront s’assurer contre la maladie ou la perte de revenu, ou qui voudront s’assurer une pension décente, devront se tourner vers le marché privé.


Le discours tel que « ce que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux » ou « la culture et l’identité flamandes », fonctionne comme un lubrifiant afin de rendre acceptable cet agenda antisocial, et cela au nom de la compétitivité et d’une « Flandre, première région d’Europe ».

3. Parce que cela affaiblit la résistance du citoyen

Outre leur drapeau jaune et noir, les nationalistes flamands agitent volontiers aussi l’étendard européen. Cela semble peut-être contradictoire, mais ce ne l’est pas du tout.

Les nationalistes flamands entendent dissocier la Flandre d’une Wallonie économiquement plus faible. Le niveau national est ce qui rattache les deux régions et qui fait obstacle à l’agenda nationaliste flamand. C’est pourquoi, on utilise le niveau supranational, l’Europe, pour « estomper » le niveau national qu’est la Belgique.


L’Europe supranationale mène une politique à laquelle correspond parfaitement l’agenda socioéconomique des nationalistes flamands. L’opposition à cet agenda antisocial est principalement menée à un niveau national : en Grèce, au Portugal, en France. C’est à ce niveau de politique que les « conquêtes » sociales ont été réalisées et que, pour l’instant, elles peuvent être le mieux garanties. Si les citoyens entendent défendre efficacement leurs intérêts sociaux, la meilleure façon de s’y prendre passera par une solidarité réciproque. Le repli sur des « communautés culturelles » de plus en plus minuscules et strictement délimitées va à l’encontre des possibilités de développement vers une Europe sociale et vers une solidarité au niveau européen. C’est précisément en raison de son multilinguisme, de sa diversité de langues et de cultures et du cosmopolitisme de Bruxelles, capitale de l’Europe, que, sur ce plan, notre pays présente les possibilités de s’ériger en exemple d’unité et de solidarité, en modèle pour la société de demain.


L’idée sous-jacente à l’appel de Peumans est qu’un État flamand homogène sur le plan culturel constituera une meilleure société que la Belgique multilingue et interculturelle. Mais ce sera précisément le caractère cosmopolite et interculturel qui sera déterminant dans le monde de demain. Au lieu de le nier, nous devons nous demander ce qui se passera si nous mettons en avant le multiculturalisme. Cela ne se fera pas aux dépens des particularismes et de la créativité. Au contraire. Cela exigera un regard critique sur la relation entre culture et pouvoir.


« La culture et l’identité flamandes » dont nous devrions, selon Peumans, être imprégnés, est une aberration que n’espère aucun citoyen. Sans cesse, de nouvelles enquêtes confirment que la plupart des Flamands sont partisans du maintien de la Belgique et souhaitent une entente vivable entre les Régions et les Communautés. À Bruxelles, de plus en plus de francophones envoient leurs enfants dans une école néerlandophone : « Il est utile de connaître plusieurs langues », estiment-ils, quelle que soit leur origine. Ils voient dans le multilinguisme un moyen de progresser. Une éternelle « pollinisation », des contacts mutuels, une internationalité, voilà la richesse et la force de la culture.


La Belgique représente bien plus que la vieille « Belgique de papa ». La Belgique, c’est le prêtre Daens, ou Anseele, qui fut élu à Liège, ou Julien Lahaut. La Belgique, c’est la mise sur pied de la sécurité sociale. « La plus belle cathédrale du pays », disent les syndicalistes. Une cathédrale qui fut bâtie par des Flamands, des Wallons, des Bruxellois et des immigrés : le mouvement social belge.


Ce qui fait défaut dans le discours nationaliste flamand, c’est la solidarité. Cette valeur humaine est tout le contraire de l’égoïsme, de la cupidité et de l’intolérance. Aujourd’hui, au nom de notre culture et de notre identité, on tire à boulets rouges sur cette solidarité. Cela, nous ne pouvons l’accepter. Une culture riche et ouverte est une culture qui ne laisse pas de place à l’intérêt personnel et qui défend la solidarité comme principe fondamental.

 

Note:

Une petite "provoc" en espérant au sein du NPA, un débat sur son insertion sur tous les dossiers bretons, dont ceux du régionalisme, de la réunification, de la langue, dont on ne discute jamais et qui pourtant, magie?, donnent lieu à des positions lors des élections.

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 10:18

 

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